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Politique

Réforme des retraites

Retraites : Macron aurait toujours les régimes spéciaux dans le viseur

Les Echos indiquent dans un article du 10 juin que la réforme des retraites ne serait pas enterrée et que les régimes spéciaux pourraient être les premiers à en pâtir. Rien d'officiel avant les municipales, le gouvernement marche sur des œufs de crainte de ne réveiller pour de bons des colères qui se déconfinent déjà.

mercredi 10 juin

Crédits : Thomas SAMSON / AFP

Le silence qui entoure le sort de la réforme des retraites, le choix du gouvernement de ne pas y faire référence à la rencontre organisée avec les directions syndicales la semaine dernière fait couler beaucoup d’encre. Le décret qui dessine les nouveaux contours de la mission de Pietraszewski indique qu’il doit « préparer et mettre en œuvre la réforme des retraites, en lien avec les ministres intéressés » .

Pour autant la réforme des retraites ne serait ni morte ni enterrée. C’est ce que Les Echos indiquent en affirmant que d’après des proches : le «  seul regret [de Macron] est de ne pas l’avoir lancée et fait voter plus vite, avant la réforme de la SNCF, avant les « gilets jaunes ». » Avant le coronavirus aussi, qui est venu mettre un frein aux rassemblements et manifestations qui persistaient après la grève reconductible dans les transports.

Après avoir suspendu l’agenda politique et les votes de la réforme, au début du confinement, Macron n’a pas encore relancé la machine. Il attendrait la fin des municipales pour se prononcer sur le sujet. Mais Les Echos glissent d’ors et déjà quelques pistes inquiétantes que le gouvernement pourrait explorer pour mettre en place sa retraite à points et préparer le terrain : « En guise de premier pas vers l’universalité, selon la même source [un député LREM], il pourrait être question d’arrêter les embauches au statut dès 2022 dans les régimes spéciaux, comme l’a fait la SNCF en 2020. »

La question de la suppression des régimes spéciaux reste donc un des axes important de cette réforme chère à Macron, qu’il n’est pas apparemment pas près d’abandonner facilement. Alors qu’une crise économique historique se profile et va projeter dans la misère des milliers de personnes, la suppression des régimes spéciaux est une promesse de précarisation des conditions de travail et de nivellement par le bas. En effet Macron s’appuyait sur cette suppression pour assurer que sa réforme allait permettre l’égalité, mais ce qui transparaît derrière ce sont des retraites de misères pour tous.

Mais pour l’instant Macron avance doucement et rien n’est officiel encore. La colère qui s’est exprimée cet hiver contre la réforme des retraites et qui s’est amplifiée pendant le confinement, avec la gestion criminelle de la crise par le gouvernement, l’invite à la prudence. C’est ce que soulignent Les Echos : « Pas question de braquer les Français en reprenant le fil exactement là où il était après des semaines de contestation protéiforme.  ». Alors que le 16 juin approche et que la colère des soignants commence à résonner dans les rues, des grèves locales dans les secteurs touchés par la crise comme l’automobile ou l’aéronautique surgissent, pendant que les rassemblements contre le racisme et les violences policières se multiplient. C’est cet état d’esprit de contestation et de refus de payer encore la crise, qu’il faudra transformer en mouvement à même de faire disparaître le spectre de la réforme des retraites et de toutes les attaques contre le monde du travail.




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