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Politique

Macron "ouvert" ?

Retraites. Macron cherche la formule pour nous faire travailler plus : il n’y a rien à négocier !

Ce mercredi soir, Macron réalisait un nouvel entretien sur France 2 afin de développer ses projets pour son second quinquennat. S’agissant de la réforme des retraites, le Président a annoncé envisager de combiner un départ à 64 ans avec l’allongement de la durée de cotisations. L’objectif est clair : nous faire travailler plus longtemps et réduire nos pensions.

jeudi 27 octobre

Crédit photo : AFP

Deux semaines après un (très) long entretien sur la situation internationale et la crise énergétique, Macron était de nouveau sur France 2 face à Caroline Roux pour développer ses intentions concernant la politique nationale. Parmi elles, la réforme des retraites, principal cheval de bataille de l’exécutif depuis 2017 et que le gouvernement peine à enclencher dans un contexte social particulièrement explosif.

« Le mandat que j’ai eu de nos compatriotes, c’est de dire [que], à partir de l’été 2023 (…), on devra décaler l’âge légal de départ de quatre mois par an » a indiqué Macron, cherchant à légitimer une attaque sans précédent contre le monde du travail. Pour montrer sa bonne volonté, le Président a indiqué être toutefois prêt à reconsidérer l’allongement à 65 ans du départ à la retraite :

« Si certains [partenaires sociaux] sont prêts à s’engager et à dire ’Nous, on ne veut pas aller jusqu’à 65 ans mais, en contrepartie, si vous faites ce geste, on est prêts à travailler un peu plus de trimestres’, moi je suis ouvert » a-t-il en effet souligné. Autrement dit, Macron reste ferme sur le principe de la réforme – retarder l’âge de départ à la retraite – tout en proposant d’allonger en parallèle la durée de cotisation nécessaire pour percevoir une pension à taux plein. De quoi confirmer le principal objectif de cette attaque : oui, les travailleurs et les classes populaires devront travailler plus longtemps pour bénéficier de revenus misérables une fois retraités.

Cela n’est pas la première fois que la macronie souhaite montrer qu’elle n’est pas « dogmatique » sur l’âge de 65 ans, figurant sur ses deux programmes présidentiels de 2017 et 2022. Cet été, Elisabeth Borne avait indiqué en ce sens que cette règle n’était « pas un totem », après que l’exécutif ait essuyé un camouflet sans précédent sur le plan électoral. De fait, cette souplesse affichée n’est pas sans lien avec un contexte social explosif, qui lui laisse craindre un mouvement d’ampleur dont les retraites pourraient en être le catalyseur.

Mais alors que le gouvernement se trouve particulièrement affaibli par une vague continue de grèves pour les salaires, dont celle à Total et ExxonMobil a été le fer de lance ces dernières semaines, Macron cherche à lutter contre le spectre de l’immobilisme en apparaissant déterminé à aller au bout de la réforme des retraites. Mercredi soir, l’objectif pour le Président est donc d’interpeller les directions syndicales en mimant une fausse ouverture quant à l’âge de départ à la retraite. De fait, celles-ci lui ont en effet donné le feu vert il y a quelques semaines en signant un communiqué unitaire ouvrant la voie à des concertations de la honte sur les retraites.

En particulier la CFDT qui, s’il affirme être « résolument opposée à toute mesure de report de l’âge d’ouverture des droits à la retraite », multiplie les prises de position appelant à une "concertation" sur la réforme des retraites. Mercredi, Laurent Berger indiquait ainsi dans les colonnes du Monde être pour l’élaboration d’un « texte global, au début de 2023 » sur les retraites et le travail. Avant d’ajouter suite aux déclarations de Macron : « nous continuons de participer aux concertations sur ce dossier avec le gouvernement, dans le but de faire avancer nos revendications ».

Du côté de la CGT, si elle a quitté la table des concertations sous pression de la grève des raffineurs, rouvrir le "dialogue social" avec le gouvernement reste un objectif. En effet, la secrétaire confédérale Céline Verzeletti critiquait ce mercredi soir l’attitude d’Emmanuel Macron, qui « n’ouvre aucune porte à la concertation ».

Mais que ce soit l’allongement du départ à la retraite ou l’allongement de la durée de cotisation, il n’y a rien à négocier sur le dos du monde du travail et des classes populaires. Face à un gouvernement déterminé à aller au bout de cette attaque sans précédent, la seule perspective est celle de la construction d’un plan de bataille conséquent contre la réforme des retraites et pour nos salaires, par la grève et la mobilisation !



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