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Retraites : Macron menace de passer en force sur l’âge de départ dès cet automne

Alors que le Conseil National de la Refondation connaît des débuts compliqués, le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait passer en force en repoussant l’âge de départ à la retraite à 65 ans dès cet automne. Une option qui n’est pas la plus probable, mais qui est encouragée par la passivité des directions syndicales.

lundi 12 septembre

Reporté plusieurs fois, le projet macroniste de réforme des retraites pourrait-il être mis en place dès cet automne ? C’est en tout cas ce que craignent certains dirigeants syndicaux, à l’image de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Frédéric Souillot, son homologue de Force ouvrière.

Macron menace de passer en force sur l’âge de départ à la retraite

Tous deux ont dénoncé la semaine dernière le fait que l’âge légal de départ légal à la retraite, actuellement fixée à 62 ans, pourrait être repoussé par Emmanuel Macron à l’occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le gouvernement envisagerait de profiter de ce texte, discuté chaque automne au Parlement, pour faire passer en force et en accéléré cette attaque majeure qui figurait dans son programme présidentiel.

Plusieurs médias ont confirmé que cette option était bel et bien discutée autour du chef de l’Etat. Ce dernier n’a en effet pas renoncé à la réforme des retraites, comme il le rappelait dès le séminaire gouvernemental préparant la rentrée, d’autant plus que le patron du MEDEF met la pression pour avancer au plus vite sur le sujet.

Dans l’immédiat, le Conseil National de la refondation et le « dialogue social » restent les cadres privilégiés par le pouvoir pour faire passer sa contre-réforme, la négociation avec les partenaires sociaux visant à prévenir et limiter la contestation sociale. Mais face à l’échec relatif du CNR, auquel la CGT comme FO refusent de participer, le gouvernement n’écarte aucune option.

Un coup de pression aux directions syndicales : il faut rompre la passivité !

Cette menace est ainsi un moyen de mettre la pression aux directions syndicales comme le suggère les propos d’un proche du pouvoir, rapportés par Le Parisien : « Si l’on n’arrive pas à discuter avec les syndicats et à trouver un accord, le [projet de loi de financement de la sécurité sociale] pourrait être le bon levier pour nous. » Ces derniers, ont d’ailleurs répondu au gouvernement ce lundi, à l’occasion de leur rencontre avec le Ministre du Travail Olivier Dussopt, soulignant, d’après l’AFP : « que [toute mesure sur les retraites qui serait glissée lors des débats budgétaires cet automne] provoquerait leur mobilisation et leur retrait des concertations sociales voulues par l’exécutif. »

Cependant, si l’ensemble des directions syndicales jouent les gros bras face au risque d’un passage en force, la réalité est que leur passivité ne peut qu’encourager de telles provocations. Ainsi, alors que Laurent Berger et Frédéric Souillot ont dénoncé la menace de Macron, ni la CFDT ni FO n’appellent à la journée interprofessionnelle de mobilisation du 29 septembre pour l’augmentation des salaires, et ne prévoient de mobilisations dans un horizon proche. De leur côté, la CGT et Solidaires ne proposent qu’une journée isolée, sans grève massive, qui ne répond pas à l’urgence de la situation.

A l’inverse, endiguer le programme de contre-réformes voulu par le gouvernement, de la réforme des retraites à celle de l’assurance chômage, et répondre à l’inflation dont souffrent les travailleurs, passe par la construction d’un plan de bataille offensif. Si cette perspective commençait à se dessiner, il est clair que Macron y réfléchirait à deux fois avant de ressortir sa réforme des retraites…



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