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Politique

Hidalgo, à droite toute

Réunions non-mixtes « dangereuses », Hidalgo légitime les attaques contre l’Unef

Invitée sur Europe 1 dimanche dernier, Anne Hidalgo a qualifié les réunions en non-mixité organisées par l’UNEF de “dangereuses”, allant ainsi dans le sens de l’offensive réactionnaire menée par le gouvernement et l’extrême droite à l’encontre du syndicat étudiant.

mercredi 24 mars

Photo : Europe 1

Dans le sillage de l’offensive raciste et autoritaire que mène le gouvernement avec la loi séparatisme notamment, les accusations contre « l’islamo-gauchisme qui gangrène l’Université » se sont multipliées de la part des membres du gouvernement, Frédérique Vidal, Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin en tête. Ces attaques se sont très vites étendues au mouvement étudiant et en particulier à l’Unef. Le syndicat étudiant fait l’objet, depuis plusieurs semaines, d’une cabale nauséabonde de la part de la classe politique de droite et d’extrême-droite mais aussi de la part du gouvernement.

Une campagne qui a commencé après que l’Unef ait relayé un collage qui dénonçait l’islamophobie manifeste d’un professeur de sciences po Grenoble. Dans la foulée, des parlementaires LREM, LR et RN ont demandé la dissolution du syndicat étudiant. Le gouvernement s’est largement aligné sur cette campagne réactionnaire avec notamment Frédérique Vidal qui a affirmé que « traiter quelqu’un d’islamophobie peut le tuer ».

Dernièrement cette offensive aux visées racistes et liberticides s’est accélérée après que la présidente de l’Unef, Mélanie Luce, ait admis l’existence de réunions en non-mixité entre personnes racisées pour que ces dernières puissent discuter et s’organiser face au racisme qu’elles subissent. Des parlementaires de droite et d’extrême-droite comme le député LR Eric Ciotti ou le sénateur LR Bruno Retailleau ont ainsi saisi l’occasion pour relancer les attaques contre l’Unef et demander sa dissolution. Presque immédiatement, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a demandé « des évolutions législatives » pour rendre « illégal » le fait d’organiser des « réunions en réalité racistes ».

Cette campagne réactionnaire menée par la droite et l’extrême droite et légitimée par le gouvernement a une visée claire : criminaliser la lutte contre les discriminations et les différentes formes d’oppressions. Ainsi, pour avoir organisé des réunions non-mixtes entre personnes racisées visant à libérer la paroles et à s’organiser pour lutter contre les discriminations, l’UNEF fait donc de nouveau l’objet d’attaques toutes azimuts visant à dénoncer un prétendue “racisme Anti-blanc” et une forme de “séparatisme”.

Invitée sur Europe 1, Anne Hidalgo, maire de Paris et potentielle candidate du parti socialiste pour 2022 a ainsi fustigé l’organisation de réunions non-mixtes. « C’est très dangereux » a-t-elle affirmé, invoquant les mêmes arguments « républicains » et « universalistes » que le reste de la classe politique. Ce faisant, Hidalgo s’est ainsi largement alignée sur les accusations qui visent l’Unef.

Le fait que qu’ Anne Hidalgo s’adonne à ce genre de sortie qui légitiment les attaques contre l’UNEF n’a plus de quoi surprendre et est en cohérence avec les positions qu’elle a déjà pu tenir. En effet, sur un plateau de BFMTV en novembre dernier, elle cherchait à se démarquer sur la droite par rapport aux écologistes qui se sont mobilisés lors de la marche du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie et qui ont soutenu le comité Adama ou qui ont pu se positionner contre les violences sexistes dans le conseil municipal de Paris, en expliquent que « ça n’est pas moi du tout […] Je leur dis, moi j’ai un problème c’est votre rapport à la république ».[https://www.revolutionpermanente.fr/Hidalgo-Lutter-contre-les-violences-policieres-et-le-patriarcat-ce-n-est-pas-moi-du-tout]. A deux doigts de dénoncer "l’islamo-gauchisme"...

En prenant part à la dénonciation des réunions non-mixtes en pleine offensive du gouvernement et de la droite contre l’UNEF, Anne Hidalgo met une fois de plus en évidence le fait qu’elle et le PS ne peuvent être des alliés dans la lutte contre le tournant raciste et autoritaire du gouvernement. En effet, au-delà des sorties de la maire de Paris, il faut rappeler que la majorité des députés du parti socialiste, s’étaient abstenus plutôt que de rejeter le texte de la loi séparatisme au moment de son passage à l’assemblée nationale. Rappelons également que c’est sous le mandat de François Hollande qu’Adama Traoré meurt suite à son interpellation par 3 gendarmes et que c’est sous ce même mandat que Théo a été frappé et violenté jusqu’à avoir l’anus déchiré par les policiers sans que ces derniers ne soient inquiétés.

Face à cela, il convient de combattre haut et fort l’offensive réactionnaire du gouvernement, qui en plus d’attaquer la communauté musulmane, s’en prend aux organisations de gauche comme l’Unef. Car avec les musulman.es, se sont désormais toutes les organisations de gauche, les organisations du mouvement étudiants mais aussi celles du mouvement ouvrier qui sont menacées. Il est donc central de dénoncer sans concession les attaques qui visent l’Unef. Mais surtout, il est urgent que les organisations de jeunesse, celles du mouvement ouvrier, les comités des quartiers populaires qui luttent contre les violences policières, fassent front et se mobilisent dans la rue pour construire un rapport de forcer qui pourra stopper le gouvernement et imposer le retrait de toutes les lois liberticides et racistes.




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