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Politique

La précarité tue

« Revenu d’engagement » : toujours rien pour la jeunesse !

Ce lundi, Emmanuel Macron annonçait à l’occasion d’un discours présidentiel la création d’un « revenu engagement » pour les jeunes sans emploi et sans formation dans une logique de « devoirs et de droits ». Rejetant toujours l’idée d’une extension du RSA aux moins de 25 ans et dans la même veine que la très controversée « Garantie jeunes » dont le chef de l’État ne cesse de vanter les résultats, le gouvernement continue d’enfoncer la jeunesse dans la précarité en lui offrant des solutions de façade loin d’être à la hauteur de la gravité de la situation.

mardi 13 juillet

Crédits photo : AFP

Dans l’allocation présidentielle donnée par Emmanuel Macron ce lundi, ce dernier opérait un nouveau virage à droite en annonçant de nouvelles mesures coercitives et austéritaires. Ainsi, après avoir annoncé l’obligation de la vaccination pour un certain nombre de professions et la mise en place de sanctions dans le but de faire porter la responsabilité de la crise aux non-vaccinés, ce dernier est revenu entre autres sur la mise en place de l’assurance chômage dès le premier octobre, la réforme des retraites, et ce sans oublier d’adresser un mot à la jeunesse.

A la fin de son allocution, Macron a ainsi annoncé qu’il présenterait à la rentrée prochaine un dispositif d’accompagnement des jeunes dont les contours restent encore très vagues. Alors que l’on aurait pu s’attendre à un nouveau pas du gouvernement vers la « garantie jeunes », véritable cheval de bataille de la ministre du travail Elizabeth Borne, Macron annonce un nouveau dispositif - en apparence - qui « concernerait les jeunes sans emploi ou formation et sera fondé sur une logique de devoir et de droit ». Soit exactement le même concept que la fameuse « garantie jeunes » mais sous un autre nom. Il s’agit encore et toujours d’enfoncer le clou, ajouter encore du poids au surmenage, un poids culpabilisant qui plus est. Dans une logique méritocratique et pro-patronale assumée, le gouvernement continue de mépriser la jeunesse en refusant même d’étendre le RSA aux moins de 25 ans, il ne donnera même pas la moindre miette, et persiste finalement dans le plan de la « garantie jeunes » dont l’allocation ne serait versée qu’en contrepartie d’un stage intensif de 12 à 18 mois pour une somme moins élevée.

Le revenu engagement s’inscrit donc dans la droite lignée du plan pensé par l’exécutif pour la jeunesse, si bien qu’on ne parvient même pas à faire la différence entre ses « différentes mesures ». Depuis le 14 juillet dernier et à l’occasion de l’annonce du plan de relance de 100 milliards d’euros supplémentaires à destination du patronat, Macron tient à rappeler régulièrement à la population que la situation de la jeunesse est au cœur de ses préoccupations. « Notre jeunesse doit être la priorité » n’a pas hésité à affirmer le Président qui ne cesse depuis un an de multiplier les mesures superflues à l’égard de la jeunesse, qui viseraient à répondre à l’augmentation criante de la précarité chez les jeunes.

Alors que le chômage ne cesse d’augmenter et que le marché du travail est saturé, celui qui est connu comme le président des riches ne parvient pas à tromper la jeunesse quant à sa véritable ambition politique : le mépris qu’il adresse aux plus précaires, ses réformes de l’assurance chômage et des retraites en sont témoins. Le projet phare du gouvernement concernant la jeunesse « 1 jeune 1 solution » a suscité de nombreux scandales quant à la nature des formations et emplois proposés, frôlant avec l’illégalité et présentant aujourd’hui un bilan médiocre face à l’ampleur de la crise économique et de la situation d’une jeunesse au chômage ou forcée de cumuler les petits boulots en parallèle de leurs études.

Pourtant, Macron se vante de la « réussite » de la plateforme « 1 jeune 1 solution » qui aurait permis à « deux millions de jeunes de trouver une formation, de trouver parfois un emploi, de signer souvent un contrat d’apprentissage, imaginez 526 000 contrat d’apprentissage signés en 2020, ce qui est un record ». Or, on sait très bien que cette mesure relève surtout d’un énième cadeau au patronat depuis le début de la crise sanitaire. En effet, la plateforme « 1 jeune 1 solution » représente une politique d’appui aux entreprises qui embauchent des jeunes, allant jusqu’à percevoir une allocation de 4 000 euros pour l’embauche d’un moins de 25 ans. Si le but est de permettre aux jeunes travailleurs d’accéder au marché du travail, les contrats proposés demeurent précaires et les entreprises n’ont aucune obligation de proposer des contrats en CDI.

Cette solution pro-patronale face à la crise économique et à la situation de la jeunesse s’inscrit dans la dynamique qu’a adoptée Macron depuis le début de son quinquennat, soit se ranger du côté du patronat en méprisant les couches les plus précaires de la société à coups de réformes austéritaires. Alors que la jeunesse ainsi que les travailleurs les plus précaires ont été désignés par l’exécutif comme étant ceux qui devront payer la crise sanitaire et économique au prix de leur travail, la jeunesse a tout intérêt à prendre ses affaires en mains et à refuser l’avenir de misère et de précarité que le gouvernement lui propose.




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