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Révoltes dans les quartiers populaires : le RN appelle à toujours plus de répression policière 

Alors que le confinement est synonyme d’approfondissement de la précarité et de la répression dans les quartiers, l’accident de moto d’un jeune à Villeneuve-la-Garenne – qui aurait été provoqué par la police – a déclenché des nuits de révoltes dans de nombreux quartiers de France. Face à elles, l’extrême-droite s’en donne à cœur joie par des déclarations toujours plus réactionnaires appuyés par un argumentaire profondément raciste qui vise à justifier et appeler à la répression.

mercredi 22 avril

Crédit photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT. AFP

Depuis le début du confinement, les habitants des quartiers populaires font face à une tension grandissante et à des forces de l’ordre déchainées qui multiplient les contrôles virant au passage à tabac. C’est à Villeneuve-la-Garenne que la situation s’est aggravée la semaine dernière, lorsque des policiers auraient volontairement ouvert leur portière sur une jeune en moto, gravement blessé à la jambe. Depuis, des affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants des quartiers ont éclaté un peu partout en Ile-de-France, à Gennevilliers, Nanterre ou Aulnay-Sous-Bois, mais aussi en région comme aux Aubiers près de Bordeaux ou au Mirail à Toulouse.
 
Face à cette expression de colère légitime, qui n’a pour l’instant fait aucun blessé, de contexte, nombreuses personnalités politiques ont répondu par un discours réactionnaire au travers de multiples déclarations, mêlant racisme, appels à la répression et fake news.
 
En premier lieu, l’extrême-droite s’est lancée dans la course à la déclaration la plus réactionnaire avec Marine Le Pen aux avant-postes, qui poste des tweets successifs dénonçant le manque de fermeté du gouvernement contre les habitants des quartiers populaire et affirmant que « l’heure est au désarmement des racailles, à leur PUNITION et à leur neutralisation ». De son côté, le vice-président et eurodéputé du RN, Jordan Bardella a développé tout un discours réactionnaire contre les habitants des banlieues, appelant même à un « couvre-feu » pour les zones concernées et à « mettre hors d’état de nuire tous ceux qui défient la république ». Il en appelle même au déploiement des « blindés utilisés contre les Gilets Jaunes » contre les « CRIMINELS » des banlieues. Un appel clair à plus de violence contre les jeunes de quartier, dans la lignée duquel le Rassemblement National a lancé un appel sous forme de pétition intitulé « Pour neutraliser les racailles » qui a été mis en avant sur leurs réseaux sociaux.
 

 
Toujours du côté de l’extrême droite on retrouve Florian Phillippot, qui sur le même tempo que le RN, renchérit sur la criminalisation et l’assimilation des quartiers populaires au « caïdat ».

 
Des discours racistes qui n’hésitent pas à surfer sur des mensonges, assimilant les révoltes au trafic de drogue pour mieux criminaliser les habitants des quartiers populaires, en première ligne de la misère et de la répression orchestrée par l’Etat depuis de nombreuses décennies. Or, précisément, depuis le début du confinement, la précarité s’est amplifiée pour de nombreuses familles dont les revenus ont diminué du fait de la perte d’activité engendrée par la crise actuelle. C’est ce dont témoigne Nair Abdallah, membre du collectif Maison blanche à Marseille : « Les familles commencent à nous dire qu’elles ne mangent plus rien, par exemple une mère de famille nous a expliqué qu’elle ne mangeait que de la soupe à l’oignon avec ses trois enfants depuis plus de trois jours »
 
A ces difficultés économiques, s’ajoutent les effets du confinement autoritaire made in Macron. Depuis le début du confinement, on a ainsi vu se multiplier les contrôles violents et les témoignages d’habitants de quartiers tabassés sous prétexte de confinement. C’est le cas de Ramatoulaye, frappée et tasée par les forces de l’ordre à Aulnay-Sous-bois alors qu’elle rentrait des courses. et de nombreux autres, comme Sofiane, livreur Amazon tabassé pour avoir oublié son attestation.
 
Contre ces discours criminalisant et justifiant la violence policière contre les jeunes de quartiers, il est plus que jamais nécessaire de revendiquer notre soutien aux révoltes légitimes des quartiers populaires, et de défendre et revendiquer l’auto-organisation du confinement par les habitants des quartiers ainsi que le retrait immédiat de toute les forces de répression de ces zones ! Un programme qui doit être porté par les habitants eux-mêmes, mais également par les principales organisations syndicales du mouvement ouvrier dont l’omerta actuelle sur la situation est criminelle.
 




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