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Débats

L’information du bon côté de la barricade

Révolution Permanente franchit la barre d’un million de visites !

Ce cap symbolique aura été atteint moins de huit mois après le lancement du site d’information quotidien d’extrême gauche, le 9 juin dernier. Une occasion de revenir sur le projet de Révolution Permanente, sur ses premiers résultats, ainsi que sur quelques idées futures.

vendredi 29 janvier 2016

L’information du bon côté de la barricade

Il n’y a jamais de neutralité dans le regard que l’on porte sur le monde. Et le regard porté par les grands médias français d’aujourd’hui est celui d’une classe sociale. Celle de Bernard Arnault, patron du Parisien et des Échos, de Serge Dassault, patron du Figaro, de Patrick Drahi, patron de Libération et de l’Express, du trio Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse, patrons du Monde, du Nouvel Obs et de Télérama. En ne se tenant qu’à la presse écrite, cela donne déjà une belle image de ce véritable oligopole du grand patronat qui dispose des plus puissants outils pour transmettre leur vision du monde à des millions.

C’est sur la base de ce premier constat qu’est née l’idée d’un quotidien avec un parti pris pour les intérêts d’une autre classe sociale, celle des travailleurs, qui porte ce regard-là sur chaque événement du globe et qui parle en même temps de la réalité des exploités, de leurs souffrances comme de leurs luttes, qui donne la parole à ceux qui ne l’ont quasiment jamais. Inspiré par l’expérience de nos partenaires latino-américains du réseau de quotidiens numériques Izquierda/Esquerda Diario, Révolution Permanente se conçoit aussi comme un quotidien d’extrême gauche avec une perspective affichée de renversement du système. Il est accompagné désormais en Europe par les sites d’information izquierdadiario.es dans l’État espagnol et klassegegenklasse.org en Allemagne, ainsi que par leftvoice.org, tourné vers le lectorat anglophone.

Léninisme 2.0

Révolution Permanente est de ce point de vue un média militant qui cherche à actualiser l’idée léniniste du journal en tant qu’« organisateur collectif » de la classe, non pas en soi, mais en tant que « tribun du peuple, qui sait réagir à toutes les manifestations quelles qu’elles soient de l’arbitraire et de l’oppression, où qu’elles se produisent, quelle que soit la couche sociale ou la classe qu’elles touchent ... ».

Pour les révolutionnaires du début du siècle dernier, sortir et distribuer des journaux papier dans tout un pays correspondait à ce qu’il y avait de plus avancé du point de vue de la technique, mais aussi à un énorme effort militant, parfois rendu encore plus complexe par la censure et la répression. Sans ces outils de politisation et de synthèse des expériences de la lutte de classes (les journaux bolchéviques contenaient des dizaines de brèves envoyées par des correspondants ouvriers), l’influence des idées révolutionnaires n’aurait jamais pu s’étendre au point de devenir majoritaire et la révolution n’aurait tout simplement pas eu lieu.

Malheureusement aujourd’hui, cet esprit, qui redoublait d’efforts pour se donner les moyens de « disputer les consciences » de millions de travailleurs, semble s’être pour beaucoup perdu au sein de l’extrême gauche. C’est plutôt les réactionnaires qui se sont rendu compte les premiers de la puissance d’outils comme internet, les réseaux sociaux ou le format vidéo. Il suffit de songer au fait que le Front National ait été, dès 1990, le premier parti à se doter d’un site internet et que sa page Facebook soit aujourd’hui, de loin, la plus populaire parmi celles des partis politiques en France. Ou encore au phénomène Soral-Dieudonné et à l’influence conquise, notamment dans une partie de la jeunesse, en se servant en particulier de vidéos circulant sur internet.

Révolution Permanente est de ce point de vue, en tant que quotidien numérique, une tentative de renouer avec l’audace de Lénine en mettant au service de la diffusion d’idées d’extrême gauche ce qu’il y a de plus moderne en termes d’outils de communication. Internet a radicalement changé les habitudes et peut-être un formidable outil pour toucher des couches larges de travailleurs et de la jeunesse étudiante et précaire. C’est donc en faisant le pari que les idées anticapitalistes et révolutionnaires ne sont pas condamnées à apparaître pour les nouvelles générations comme des « pièces de musée » que Révolution Permanente a attaqué cette première étape de son existence.

Premier site internet de l’extrême gauche

Avec plus d’un million de visites en moins de huit mois et classé par l’ensemble des outils d’estimations d’audience (Alexa, Similar Web, etc.) comme le site internet d’extrême gauche le plus populaire et le plus lu en France, on peut dire que le pari a été plutôt réussi. Le nombre croissant d’internautes suivant la page Facebook (presque 12 000 à ce stade) témoigne lui-aussi d’un écho de plus en plus important. Pendant ces premiers mois d’existence, on constate une dynamique nettement croissante. Les presque 80 000 visites du premier mois sont ainsi devenues 180 000 visites mensuelles en moyenne actuellement, avec un pic de plus de 330 000 visites au mois de novembre.

Certains articles, en particulier ceux qui dénoncent les conditions d’exploitation et d’oppression des travailleurs et de la jeunesse continuent à faire de véritables buzz sur Internet, comme cet article sur un jeune mahorais mort de faim dans sa chambre d’étudiant, lu plus de 120 000 fois, celui sur le suicide d’une employée de Zara (plus de 100 000 fois), celui sur le sexisme dans les écoles de médecine (presque 60 000 fois), ou encore celui sur le renvoi d’une boîte de chocolat par un cheminot à sa directrice (plus de 35 000 fois). Le succès de ces articles montre que derrière tous les aspects réactionnaires de la situation actuelle, il y a une colère sociale grandissante qui peut faire surface soudainement comme il a été le cas autour d’Air France et qui a besoin d’être politisée et canalisée vers des objectifs de lutte et de transformation sociale.

La preuve est que de plus en plus d’articles répondant à la situation politique concrète trouvent un écho important. Ainsi, c’est la couverture exhaustive des événements liés aux attentats de Paris et à la réaction liberticide et guerrière du gouvernement qui explique en grande partie les résultats exceptionnels du mois de novembre. Des articles sur l’instrumentalisation des attentats par le gouvernement, contre le chantage à l’union nationale, ou sur les origines de Daech se trouvent eux-aussi parmi les plus lus avec en moyenne 10 000 visites chacun.

Tout cela tend à démontrer qu’il existe un espace réel pour les idées de l’extrême gauche, bien plus large encore que celui que Révolution Permanente touche aujourd’hui. Alors même que selon un sondage, un tiers des français souhaiterait sortir du système capitaliste, l’extrême gauche est pourtant peu audible et c’est la démagogie pseudo antisystème du Front national qui élargit son influence. Cela s’explique aussi par le fait que malgré leur mécontentement envers le système, l’absence de grands mouvements sociaux depuis un certain nombre d’années a poussé une grande partie des travailleurs et de la jeunesse vers le scepticisme, voire vers le désarroi. Une révolution qui met à bas ce système leur semble impossible. Et pourtant, c’est loin d’être le cas !

Révolutions, résistances et du pain sur la planche

C’est pourquoi Révolution Permanente a décidé de lancer à partir de ce mois de février, une série d’articles titrée « Révolutions » et qui reviendra sur plusieurs moments de l’histoire où les exploités se sont lancés à l’assaut du ciel. L’organisateur collectif cherche ainsi à exprimer aussi une mémoire collective, celle des combats gagnés et perdus par notre classe. Une façon de rappeler, comme disait le révolutionnaire russe Léon Trotsky, que « toutes les révolutions semblent impossibles… jusqu’à ce qu’elles ne deviennent inévitables ».

Parallèlement un rendez-vous mensuel sera donné aux lecteurs parisiens pour des conférences-débat animées par des membres du comité de rédaction et des invités sur des sujets liés à l’actualité. La première aura lieu le mercredi 17 février à la Librairie Résistances dans le 17ème arrondissement, sous l’intitulé de « État d’urgence, état d’exception : ses origines, ses causes profondes et les moyens de le combattre ».

Une dernière nouveauté consiste dans le lancement de la chaine Youtube Du pain sur la planche, qui produira, en partenariat avec Révolution Permanente, des vidéos avec un regard critique et une bonne dose d’humour sur les principaux événements de l’actualité.

Loin de « se reposer sur ses lauriers » après ces premiers résultats encourageants, l’équipe de Révolution Permanente entend continuer à apporter à de plus en plus de lecteurs, quotidiennement du mardi au samedi, de l’information de qualité et « du bon côté de la barricade ». En ce sens, elle cherche en permanence à s’améliorer, sur la forme et sur le fond, et a besoin pour cela de toutes les bonnes volontés. Si vous appréciez le travail de Révolution Permanente et voulez y contribuer, n’hésitez pas à en devenir correspondant, à proposer des articles, des témoignages et des photos, ou tout simplement à le diffuser autour de vous. Vous pouvez pour cela écrire à siterevolutionpermanente@gmail.com ou envoyer un message par Facebook.




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