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Risque de deuxième vague de l’épidémie : quelle responsabilité du gouvernement ?

Augmentation des décès, taux de reproduction de l'épidémie au dessus de 1 et hypothèse d'une nouvelle forme de contamination : les signes d'une seconde vague commencent à pointer leurs nez en France. Face à ça le gouvernement poursuit sa politique criminelle et agite les responsabilités individuelles, pour mieux se dédouaner.

mardi 14 juillet

Crédits photo : AFP

Les signaux d’une reprise de l’épidémie se multiplient en France

Le coronavirus poursuit sa course effrénée à travers le monde, avec plus de 500 000 morts à travers 196 pays, d’après les chiffres du lundi 13 juillet. Alors qu’en Europe -en Allemagne, dans l’Etat Espagnol ou encore au Royaume-uni - les reconfinements locaux se multiplient, le virus fait à nouveau frémir la France. En effet depuis le vendredi 10 juillet, 25 nouveaux décès ont été décomptés, hissant le nombre de morts dus au coronavirus au dessus de la barre des 30 000. Se sont également 68 nouvelles admissions en hôpital qui ont été recensées en 24h. Dans le même sens, Serge Smadja, secrétaire général de SOS-Médecins France, a indiqué au Monde que « Les consultations pour suspicion de Covid-19 augmentent depuis une dizaine de jours ».

A ces symptômes inquiétants de recrudescences s’ajoutent 6 nouveaux clusters recensés depuis le 12 juillet, qui viennent rejoindre les 372 identifiés depuis le 9 mai -dont 217 ont depuis été clôturés. Pendant que la Guyane est sous forte tension, et que le manque de personnels et de moyens se fait durement sentir, en métropole «  deux clusters sont en diffusion communautaire – cela signifie que les gens testés positifs n’ont pas de lien direct avec les premiers cas –, un en Normandie et un en Mayenne (Pays de la Loire), avec plus de 200 personnes diagnostiquées positives dans ce département. » explique Le Monde. Un dernier élément vient créer l’inquiétude, le taux de reproduction « R » est repassé au dessus de la 1, atteignant 1,05, contre 0,9 auquel il stagnait ces dernières semaines, signifiant ainsi que l’épidémie est bel et bien en augmentation .

L’hypothèse d’un mode de contamination par particules fines

En parallèle de ces signaux de reprises, une nouvelle hypothèse sur le mode de transmission du virus semble se confirmer. Une tribune publiée le 4 juillet dans le New York Times et portée par 239 chercheurs de 32 pays soutient que le virus se transmet par aérosol, c’est à dire que l’air confiné et non renouvelé garderait en son sein des particules contagieuses. L’OMS a reconnu possible cette hypothèse mais sans encore la valider, attendant des preuves supplémentaires. Francis Allard, ingénieur spécialiste de la qualité de l’air intérieur , indique à France Info que « dans des endroits fermés, si la ventilation est faible, elles [les particules fines] peuvent rester longtemps ». Un constat qui rend particulièrement sensible les lieux fermés sans possibilité d’aération comme c’est le cas des transports en commun- trop souvent bondés.

Le gouvernement pointe un « relâchement des comportements »...

Face à ce constat de sursaut de l’épidémie le gouvernement choisit la culpabilisation individuelle. Après les sorties du ministre de la santé vendredi dernier qui assurait voir «  un relâchement de certains comportements  » , c’est Macron qui le 12 juillet a twitté « Vous les connaissez, ils sauvent des vies : les gestes barrières ne sont pas une option !  ». Face à cette entreprise de rejeter la faute sur des comportements individuels, il convient de se rappeler les scènes du remaniement, ou encore des signatures du Ségur de la Santé, sans masque pour certains et sans respect des gestes barrières pour d’autres. Mais plus encore que ce mauvais exemple, il faut voir que si une banalisation de l’épidémie a pu s’installer dans les esprits, c’est le gouvernement qui l’a installée. En effet dans la volonté de faire redémarrer l’économie à tous prix, le gouvernement a forcé la reprise, minimisant les risques importants d’une seconde vague, pourtant déjà présagée à l’époque. Ils ont comme ça ouvertement participer à banaliser le danger.

… et reprend ses tendances répressives

« Je souhaite que dans les prochaines semaines, on rende obligatoire le port du masque dans les lieux publics clos. A compter du 1er août par exemple, il faut rendre ce port obligatoire. » a déclaré Macron au cours de l’interview qu’il a donné ce mercredi 14 juillet. Une décision qui fait sens au vue des hypothèses de contamination par particules fines, mais qui cache mal une réponse une fois de plus répressive. Car qui dit obligation, dit également amendes dans le monde de la Macronie, comme on a pu le voir avec les nombreuses amendes, et interpellations- parfois violentes dans les métros où le masque est déjà obligatoire. Or les masques ont un coût élevé qui pèse sur les foyers les plus précaires, et les personnes qui devront faire face à cette obligation et à ces amendes sont celles là même qui ne peuvent déjà pas boucler leur fin de mois. C’est dans ce sens qu’il est nécessaire d’imposer la gratuité des masques et une distribution massive, comme premier pas pour que tout le monde puisse être protégé du virus.

Alors que les contours d’une seconde vague se dessinent de plus en plus, le gouvernement fait montre une fois de plus d’une impréparation importante. En effet les chiffres des personnes contaminées pourraient être largement sous-estimés comme le souligne Les Echos en rapportant les propos de Santé Publique France qui indique qu’ « Il apparaît que seules 17 %, en moyenne, des personnes ayant présenté des symptômes évocateurs de Covid-19 ont bénéficié d’une prescription pour un test diagnostique ». Un chiffre très faible qui ne prend même pas en compte les nombreuses personnes asymptomatiques. Pour empêcher que le gouvernement nous projette dans une seconde vague aussi meurtrière que la première, il faut exiger la mise en place d’une campagne de tests massive, qui permette de contrôler l’étendue de l’épidémie et de protéger en amont. Mais il faut également répondre aux exigences des soignants, qui après l’épreuve de la gestion du coronavirus sont descendus nombreux dans la rue pour exiger de meilleures conditions, avec en particulier une augmentation des lits, une embauche massives de personnels soignants, et une augmentation conséquentes des salaires. Parce que cette crise aurait pu ne pas être aussi meurtrière si l’hôpital avaient pu accueillir plus de monde, il est nécessaire d’écouter celles et ceux qui se battent pour lui et pour les malades et de dénoncer les conclusions d’un Ségur de la Santé, qui sous couvert d’une petite augmentation salariale attaque toujours plus les conditions de travail des soignants et poursuit son plan néo-libéral pour l’hôpital.




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