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Romans sur Isère. Une attaque au couteau fait 2 morts : le RN instrumentalise à des fins xénophobes

Ce 4 avril en fin de matinée, Romans sur Isère a été le théâtre d'une terrible cavale meurtrière, ou un homme a tué dans une attaque au couteau 2 personnes et blessé 5 autres, selon un bilan provisoire. Un drame qui n’a pas tardé à être instrumentalisé par le Rassemblement National de Marine Le Pen qui a trouvé un lien avec libération anticipée de détenus dans les prisons pour des raisons de crise sanitaire. Une diatribe qui se combine à l’instrumentalisation à des fins xénophobes et islamophobes.

samedi 4 avril

Crédits photos : (©AFP/JEFF PACHOUD)

C’est aux alentours de 10h45 ce 4 avril que l’auteur présumé de l’attaque Abdallah A.O, un homme d’une trentaine d’année d’origine soudanaise, a entamé un raid meurtrier dans la commune de Ro-mans-sur-Isère. L’homme a tué au couteau deux personnes et en a blessés cinq autres, dont trois sont actuellement dans un état grave. Nos pensées vont avant tout aux victimes de cet acte ignoble et à leurs proches.

L’attaque au couteau s’est déroulée dans le centre-ville près de la place Jean Jaurès à Romans-sur-Isère où l’auteur présumée résiderait. Selon Le Parisien, l’auteur présumé se serait d’abord « introduit dans un bar-tabac, où il a poignardé avec un couteau à cran d’arrêt un buraliste de 65 ans » avant que « son épouse de 49 ans [qui] s’est interposée » ne soit blessée. Pour la suite, l’auteur a poursuivi son attaque « dans une boucherie cours Pierre Didier, où l’homme se saisit d’un couteau de boucher et blesse mortellement un client de l’établissement de 55 ans », avant de s’enfuir et de blesser « un riverain de 44 ans qui ouvrait ses volets » qui serait décédé des suites de ses blessures.

Comme l’affirme Le Parisien, « les motivations de cette attaque sont pour l’instant inconnues ». Difficile, donc, à ce stade, de statuer du caractère terroriste de l’attaque. Cela n’a pas empêché la classe politique, le gouvernement en premier lieu, de donner à l’attaque un caractère d’ores et déjà « terroriste ». Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a invoqué dans sa première déclaration « un homme [qui] a engagé un parcours terroriste », avant de se préciser que « la qualification terroriste n’est pas établie à ce stade. ».

De son côté, le Rassemblement National n’a pas tardé à instrumentaliser ce drame d’abord, par la voix de Marine Le Pen qui a appelés à cesser de « vider les prisons et les centres d’accueil de demandeurs d’asiles », avant d’instrumentaliser d’appeler les dirigeants à « rendre des comptes » sur cette « politique d’immigration sans contrôle et sans limite ».

Avec cette rhétorique habituelle Marine Le Pen instrumentalise ce drame à des fins islamophobes et xénophobes. Mais plus encore, en pleine crise sanitaire Marine Le Pen y a ajouté une instrumentalisation des plus crasses. Sans l’ombre d’un doute, la présidente du RN a trouvé un lien de cause à effet entre l’auteur présumé de l’attaque et les mesures de libération anticipées de quelques milliers de prisonniers, instrumentalisant une mesure des plus minimale alors que la situation sanitaire pourrait bien y être des plus meurtrières. Dernier exemple en date, aujourd’hui impossible de se laver les mains à la prison de la Santé par suite d’une coupure d’eau. Une situation dans les prisons qui en Italie avait mené à des mutineries des prisonniers pour sauver leur vie.

Comble de l’ignominie, la présidente du RN a rendu publique, quelques heures après le drame, une lettre ouverte adressé au ministre de l’Intérieur pour interdire les appels à la prière de mosquée qu’elle qualifie de « nuisance sonore ».

La droite n’est pas en reste en termes de récupération de ce drame. Eric Ciotti a ainsi déclaré sur Twitter que « nous sommes manifestement à nouveau devant un acte de terrorisme islamiste. Là encore, jusqu’à quand aurons-nous la naïveté coupable de laisser nos frontières ouvertes à tous les vents ».

C’est en premier lieu le gouvernement qui a ouvert la voie à l’hypothèse « terroriste » sans le moindre élément avant de se rétracter envoyant l’enquête au parquet antiterroriste. En miroir, l’extrême-droite a développé sa diatribe habituelle à des fins xénophobes et islamophobes. Une offensive du parti de Marine Le Pen qui est à mettre en lien avec une séquence d’« union nationale » qui met le parti d’extrême-droite en difficulté, la cote de popularité de Marine Le Pen ayant reculé de 3 points selon un dernier baromètre.

Après que le gouvernement a ouvert la voie à un discours plus souverainiste, marquée par un nationalisme exacerbé, l’instrumentalisation de ce drame sonne pour Marine Le Pen comme une manière de se remettre le terrain de la discussion sur ses sujets de prédilection xénophobie, islamophobie.




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