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Politique

Flics, hors de nos quartiers !

Roué de coups par des policiers, Gabriel 14 ans a cru « mourir en garde à vue »

Dans la nuit du 25 au 26 mai, Gabriel, 14 ans, est interpellé par des forces de police à Bondy dans le 93, et roué de coups au visage. Souffrant d’un traumatisme crânien et d’autres séquelles, le jeune garçon est une nouvelle victime des violences policières, qui se sont multipliées dans les quartiers populaires dans le contexte d’un confinement suivi d'un déconfinement marqué par la répression !

vendredi 29 mai

Crédit-photo : Bondyblog (Photos prises par la famille à l’hôpital)

Bondyblog, un média en ligne né à la suite des révoltes de 2005 qui donne la parole aux habitants des quartiers populaires, vient de relayer un nouveau témoignage de violence policière qui touche, cette fois-ci, un garçon de 14 ans.

En effet, dans la nuit du 25 au 26 mai, vers 1 heure du matin, Gabriel se fait interpeller par des forces de l’ordre. A la vue des policiers, lui et son ami fuient dans des directions opposées. Les deux sont rattrapés, Gabriel est plaqué et maintenu au sol : ”un genou sur ma tête, un genou sur mes épaules”. Pendant qu’on lui enfile les menottes, un des trois policiers lui donne plusieurs coups de bottes dans la tête. Sa mère, qui s’inquiète de la disparition de son fils, est appelée par le commissariat pendant la nuit. On lui explique que son fils va bien et qu’il va l’appeler. Sans nouvelles de lui, elle rappelle le commissariat deux fois dans la matinée. Ce sont finalement les urgences pédiatriques de l’hôpital Jean Verdier qui vont la contacter pour la prévenir de l’état de santé de son fils.

On peut lire dans le rapport médical que Gabriel a un traumatisme facial et crânien, des vomissements, trois dents cassées et une fracture maxillaire gauche étendue au plancher de l’orbite. D’autre part, comme l’explique son grand frère, Gabriel est surtout traumatisé et toujours sous le choc : “Il ne mange rien, tout ce qu’il avale, il le vomit“. La famille de Gabriel décide alors de porter plainte à l’IGPN. L’avocat est toujours en attente du dossier. Aujourd’hui, Gabriel est toujours hospitalisé et son état nécessite une intervention chirurgicale maxillo-faciale.

Les violences policières, de plus en plus filmées, avaient lieu bien avant la crise sanitaire même si celles-ci ont explosé pendant le confinement et perdurent pendant le déconfinement. En effet, pour rappel, 12 personnes sont mortes pendant le confinement après avoir croisé la police. Ce chiffre montre qu’il ne s’agit pas de “dérapages”, mais bien d’un phénomène qui accompagne le tournant autoritaire et répressif de l’Etat. Cette répression a donné naissance à des révoltes dans les quartiers populaires, en première ligne face à la précarité.

Le sujet des violences policières dans le débat public a de nouveau reçu une visibilité médiatique brûlante suite aux dénonciations faites par Camélia Jordana. Ne faisant que dénoncer ce que les vidéos et témoignages faisaient déjà jusqu’à maintenant, celle-ci est accablée par un syndicat de policiers “d’accusations inadmissibles envers les policiers (racisme, meurtres...)". Sans parler des tweets de Castaner qui refuse de reconnaître ces violences et qui montre, une fois de plus, le racisme d’Etat dont fait preuve le gouvernement Macron. Celui-ci tente d’ailleurs de faire taire ces accusations avec un projet de loi soumis par Éric Ciotti visant à interdire la diffusion d’images de policiers : une nouvelle façon d’autoriser l’impunité policière ! Flics, hors de nos quartiers !




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