^

Notre classe

SNCF

SNCF : Pepy méprise les cheminots et annonce un plan social en direct à la radio

Guillaume Pepy était l’invité de Jean-Jacques Bourdin ce mardi 26 Février, l’occasion pour lui de parler du futur de la SNCF… Dès le commencement de l’émission on peut observer tout le mépris à l’égard des cheminots lorsque Jean-Jacques Bourdin entame « Vous faites beaucoup de politique », ce à quoi répond immédiatement Pepy « beaucoup de trains surtout ! ». Seulement Pepy ne fait pas de train, il casse le train, il est ce qu’on appelle dans le milieu cheminot un « fossoyeur du rail ».

mercredi 27 février

Photo : ERIC PIERMONT / AFP

« Le train aurait regagné des voyageurs en 2018 ! » s’exclame Bourdin, « C’est vraiment la bonne nouvelle » répond Pepy. C’est donc dans une mise en scène totale digne des plus grandes comédies Macroniennes que Pepy entame son bilan sur l’année 2018. Petit tacle sur la grève du printemps dernier, là où les voyageurs n’en n’ont pas voulu a la SNCF grâce à sa soit disant présence sur le terrain. Mais aussi selon Pepy une augmentation de 4% sur la fréquentation des TER, « le train c’est le mode de transport de l’avenir » dit-il, mais quel avenir exactement ? Beaucoup de gares ferment, beaucoup de lignes ferment, l’avenir s’annonce d’ores et déjà très sombre pour les usagers et les cheminots… Mais Pepy défend également bec et ongles la réforme du gouvernement notamment sur les petites lignes, sujet qui fâche le plus la population, il se félicite de l’ouverture à la concurrence qui va selon lui « servir de test à la SNCF pour optimiser les services » ou plutôt exécuter plan sociaux sur plan sociaux sous prétexte de rentabilité et d’être « meilleur face à la concurrence ».

C’est également l’occasion de parler des 9137km de petites lignes, la fameuse question piège de Bourdin qui lui demande alors « Est-ce que dans 10 ans il y aura toujours 9137km de petites lignes ? », Pepy répond « ça va dépendre de décisions politiques, car les régions financent les modernisations mais l’État aussi », autant le dire clairement, c’est une manière de se laver les mains, avant d’annoncer la couleur pour les petites lignes tant pour les usagers que les cheminots… Il décrit donc un processus qui va couter soit disant moins cher, en exploitant au maximum les petites lignes en sortant « des grosses méthodes classiques », offrir donc un service dégradé en faisant circuler un train en navette, ou bien en remplaçant les lignes de train non rentables par des lignes de bus, des économies jusqu’aux ballasts sur les voies ! Bourdin pose donc la question « Pas de fermeture de petites lignes », « pas de plan global, il peut y avoir une ou deux petites lignes qui ferment » répond Pepy sans trop de préoccupation avant de parler de la ligne Epinal-Saint Dié déjà fermée où il promet sa soit disant « réouverture » pour… on ne sait pas quand, car la rénovation du tunnel coûte beaucoup d’argent.

Les fermetures de guichets, les divers montages… encore des mensonges !

« Vous dites que la SNCF est une entreprise de proximité proche des gens, mais que faites-vous des fermetures de guichets dans de nombreuses gares ? » demande Bourdin. Pepy lui évoque la solution des ventes de billets mobiles « pour vendre partout en région », également le fait que La Poste puisse vendre des billets de TER, sans oublier le nouveau scandale dévoilé en direct « J’ai rendez-vous avec le président des buralistes, on pourra acheter un billet de train dans un bureau de tabac », une énième provocation, une véritable catastrophe pour l’emploi, pour le service public et la présence dans les gares… Et ce n’est pas fini, Pepy surenchérie derrière, « Vous savez on n’a pas toujours un cheminot pour venir ouvrir la gare à 5h du matin, qui est réveillé à 5h du matin ? Eh bien c’est le postier ou la postière, on fait donc une expérience… ». Pour l’énième fois dans cette émission, le président de la SNCF méprise les cheminots qui se lèvent chaque jour très tôt le matin, qui sont en 3x8, qui travaillent de nuit, en ayant souvent des enfants à garder ou à amener à l’école. C’est une honte et une manière de vouloir encore une fois faire passer les cheminots pour des fainéants… le problème ne serait pas une politique d’Etat de casse du service public ferroviaire, mais plutôt la difficulté à trouver des cheminots prêts à se lever suffisamment tôt pour ouvrir les gares ! Par ailleurs, Pepy oublie l’essentiel, un postier distribue du courrier et un cheminot fait du train, mais tout est une question de profit. Nouvelle occasion de ressortir le numéro méprisant du 3635 pour acheter un billet, « c’est très simple avec un téléphone et on vous envoie votre billet par La Poste » dit-il, une nouvelle fois au grand mépris des boutiques SNCF ou de nombreux cheminots qui y travaillent, à se demander où vont-ils finir ? Car Pepy l’annonce en direct toutes les boutiques SNCF vont fermer…

Guillaume Pepy ou Guillaume Pipo ?

Bourdin évoque l’hécatombe du Lyon-Turin, véritable gouffre à 16 milliard d’euros, « pour enlever des camions au profit du train » pourtant le FRET a bien été cassé sous la direction de Pepy, « Nous sommes plus attachés au train qu’aux camions » c’est donc pour cela que la SNCF priorise le transport en camion via sa filiale Géodis qui génère des bénéfices incroyables, toujours sur le dos de salariés et cheminots mais également en polluant toujours plus notre planète. Même Bourdin, outré devant le mépris de Pepy lui montre une carte du réseau ferroviaire FRET en France (la carte comporte très peu de lignes), s’exclame « On a des années de retard ! Vous avez tué le FRET c’est la SNCF qui a tué le FRET ! ». Pepy continue donc en annonçant trois bonnes nouvelles « grâce » à la réforme ferroviaire, « de l’argent pour tous les triages, de l’argent pour les voies de services, la stabilité des péages », évidemment rien pour les cheminots car tous ces profits sont faits sur leur dos…

Une intervention donc à la radio toujours plus méprisante envers les cheminots, envers les métiers du rail et aussi envers les usagers qui verront le service public se dégrader encore plus… L’avenir s’annonce sombre pour les cheminots, étant donné que l’entreprise cherche à développer au maximum la polyvalence, que ce soit pour les agents d’escale qui font désormais de la LAF (lutte anti-fraude), ou dans les ateliers de maintenance là où la polyvalence va être de mise. Nos lignes de trains se dégradent et ferment, nos gares deviennent des centres commerciaux, les actionnaires cherchent le profit sur un service public… Les cheminots, ensemble avec les usagers du service public, eux qui n’ont pas intérêt à ce que la SNCF soit privatisée, doivent reprendre les armes en commençant par le 15 Mars lors de la journée nationale d’action afin d’arrêter la machine du profit, mais aussi en s’organisant au-delà d’une simple journée, pour imposer aux organisations syndicales un véritable plan de bataille pour exiger et obtenir l’abrogation du pacte ferroviaire et un véritable développement du service public au service de ceux qui prennent le train tous les jours.




Mots-clés

Cheminot-e-s   /    Licenciement(s)   /    SNCF   /    Notre classe