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Société

Au détriment des usagers

SNCF. Pour faire des économies, les gares du RER Franco-suisse n’auront pas de toilettes !

Les gares de la nouvelle ligne de RER, qui reliera Genève à Annemasse, ne seront pas équipées de toilettes. Une illustration supplémentaire de la volonté de la SNCF de rogner au maximum sur les dépenses, au détriment du confort de ses usagers.

vendredi 12 avril

Le Léman Express, nouvelle ligne de RER entre les deux côtés de la frontière franco-suisse, sera mis en circulation en décembre prochain. Cette ligne ira de la gare d’Annemasse, en Haute-Savoie, à celle de Cornavin à Genêve, en Suisse, via Lancy et Les Eaux-Vives (soit 16 kilomètres au total). Les nouvelles gares desservies ne seront pas équipées de toilettes. Le maître d’oeuvre, qui n’est autre que la SNCF, n’a pas jugé bon d’engager des dépenses pour le confort de ses usagers, bien que 50 000 passagers quotidiens soient attendus.

En effet, mettre en place des toilettes nécessite des dépenses à la fois pour la construction, mais également pour l’usage. Il faut en effet les entretenir et engager du personnel pour cela. Les chemins de fer se justifient en arguant que les trains, pour leur part, en seront équipés (jusqu’à quand ?). Ce qui ne solutionne pas le problème en cas d’attente prolongée en gare, surtout en cas de retards desdits trains.

Une décision qui s’inscrit clairement dans une logique de réduction au maximum de tous les coûts d’usage, une politique clairement visible de la part de l’entreprise depuis plusieurs années. Une politique qui se fait clairement au détriment de l’ensemble des usagers et de leur confort, que ce soit dans les gares ou à bord des trains. Des usagers qui voient les guichets fermer les uns après les autres, n’ayant plus comme interlocuteurs que des automates régulièrement hors-service.

Une dégradation qui n’a cessé de s’accélérer depuis l’adoption de la réforme ferroviaire en juillet dernier, après trois mois de lutte de la part d’une large partie des cheminots. Depuis, on ne compte plus les « petites » lignes qui ont fermé, faute d’être rentables, laissant leurs usagers habituels – le plus souvent dans des zones relativement rurales – sans guère de solution de rechange pour se déplacer. La mise en concurrence, l’une des principales attaques instaurées par la réforme, a déjà commencé à être mise en place dans certaines régions, comme dans le Grand Est. Une politique qui ne peut avoir comme conséquences que le soumission du fret ferroviaire aux intérêts des entreprises privées qui les possèderont, ce qui n’augure rien de bon pour la qualité du service proposé aux utilisateurs. Enfin, l’entreprise a d’ores et déjà annoncé la suppression de plus de 2000 emplois rien que pour 2019...

Si elle peut au premier abord paraître relativement anodine, une telle décision de ne pas prévoir de toilettes lors de la mise en service d’une nouvelle ligne et de nouvelles gares, est en réalité pleinement représentative de ce phénomène. La politique de la SNCF s’oriente vers la recherche de profits (et donc ici la réduction de coûts pour un service considéré comme secondaire) comme le ferait n’importe quelle entreprise privée. Sans se soucier de la qualité du service proposé, mission première supposée d’un service public.

Crédits Photo : Le Monde




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