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SNCF, RATP, Tisséo, RTM : la grève massive a paralysé les transports dans toute la France

Comme annoncé à la SNCF la grève est massivement suivie dans plusieurs corps de métiers. À la RATP la grève est importante chez les conducteurs, comme dans d’autres entreprises de transports comme à Toulouse ou Marseille avec une majorité du réseau paralysé.

jeudi 19 janvier

Crédit photo : Révolution Permanente

L’ appel à la grève du côté des cheminots de la SNCF a été fortement suivi. Avec 80 % de grévistes à la conduite, 60 % dans les centrales sous-station, 50% chez les contrôleurs, 42% chez les aiguilleurs, 47% chez les chefs d’escale ou encore à la maintenance des trains, les chiffres se rapprochent de ceux du 5 décembre 2019.

À la RATP, la grève est fortement suivie dans le métro et dans le secteur de la maintenance. Le réseau de métro est quasiment paralysé avec trois lignes complètement fermées (8,10 et 11) et dix lignes ne fonctionnent qu’avec une circulation limitée aux heures de pointe. De nombreuses stations de métro sont fermées et seules les lignes totalement automatisées 1 et 14 fonctionnent. La mobilisation est moins suivie au niveau du bus avec 2 bus sur 3 qui circulent. Une mobilisation générale légèrement en deçà de celle du 5 décembre 2019.

200 cheminots en AG à Gare de Lyon et plusieurs dizaines à Paris Nord

Au total, ce sont 90 % des TER qui sont annulés et plus de 50% des TGV sont annulés en moyenne sur l’ensemble des axes : « sur l’axe Nord comme sur l’axe Sud-Est, seul 1 TGV sur 3 circulera. Il y aura 1 TGV sur 4 sur l’axe Est. Sur l’axe Atlantique, Il faudra compter 1 TGV sur 5 jeudi. Du côté des OuiGO, seul 1 train sur 3 circulera. » selon les Échos.

À Gare de Lyon, les cheminots sont massivement en grève avec 80 % de grévistes chez les conducteurs. Les grévistes sont réunis en assemblée générale ce matin. Plusieurs soutiens sont présents, dont Adrien Cornet, raffineur et militant de la CGT Total Grandpuits, mais aussi des enseignants et des agents RATP. Depuis l’AG, Fabien Villedieu, militant à Sud-Rail, appelle à poursuivre et renforcer le mouvement « on espère que ça va aller crescendo, certains secteurs appellent à 48-72h pour les prochaines semaines puis la reconductible. Mais il faut qu’il y ait plusieurs secteurs qui se mobilisent. On a les éléments de la victoire, aujourd’hui c’est qu’une première étape ».

À Paris Nord plusieurs dizaines de cheminots de différents secteurs (triage de Fret du Bourget, Infrapole, conducteurs, agents de maintenance et commerciaux) sont réunis en assemblée générale avec des taux de grévistes très importants : 90% chez les conducteurs et 73 % chez les aiguilleurs. Un train sur trois circule sur la ligne H et un train sur dix pour la ligne K. Là encore la perspective de la reconductible est revendiquée : Peu importe notre étiquette syndicale, il faut aller chercher les collègues pour qu’ils se mobilisent pour la prochaine grève. Il faut marteler la nécessité d’un plan de bataille et de la grève reconductible intervient Anasse Kazib, militant Sud-Rail Paris Nord.

Au Technicentre du Landy (93) là aussi les taux de grévistes sont importants avec 70% de grévistes chez les ouvriers et 52% chez les cadres.

À la RATP, une forte mobilisation au métro et à la maintenance

A la RATP, la grève a été très suivie au niveau du métro au vue du nombre de lignes fermées et perturbées et des nombreuses stations fermées, paralysant le réseau de métro. La mobilisation est également fortement suivie dans la maintenance. « Selon les remontées des différents ateliers, la grève a été massivement suivie dans la maintenance » affirme Faouzi, délégué syndical d’établissement CGT à la maintenance.

Jammel, conducteur de métro sur la ligne 3 et militant Solidaires Ratp, rappelle la nécessité d’un mouvement large qui coordonne le plus de secteurs possible et évite l’écueil de la grève par procuration : « Nous ici on est en grève, mais on ne pourra pas compter que sur la RATP ou la SNCF pour faire reculer le gouvernement. Là ça concerne tout le monde, étudiants, retraités, chômeurs et tous les travailleurs, il faut que tout le monde rentre dans la bataille ».

Si la grève est moins suivie au niveau des conducteurs de bus, plusieurs lignes sont fermées. Plusieurs dizaines de conducteurs sont en grève dans des dépôts de bus comme à Malakoff, Fontenay ou Charlesbourg. Au dépôt de bus de Lagny, un piquet de grève a réuni une cinquantaine de grévistes.

Dans le secteur de la maintenance ferroviaire de la RATP, la grève est majoritairement suivie. Les travailleurs RATP de ce secteur étaient déjà fortement mobilisés pour les salaires avec une importante grève initiée le 18 octobre et qui avait fini par pousser la direction de la RATP à accorder une augmentation de salaires, toujours en deçà de l’inflation, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO).

Gabriel, travailleur de la maintenance et militant CGT Ratp qui avait été à la tête de la grève pour les salaires avec ses collègues de l’atelier de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), témoigne « encore une fois à la maintenance on est massivement en grève, cette fois contre cette réforme des retraites ». Lui aussi appelle à suivre le plan de bataille proposé par les raffineurs : « on veut suivre ce que proposent les raffineurs, de partir progressivement en 24h-48h-72h, puis reconductible. Les raffineurs l’ont montré en octobre, ils ont un gros impact, donc on doit les suivre. Nous on est prêts à aller à la reconductible mais on ira pas seul, on a besoin du privé pour ne pas reproduire 2019 ».

Tisséo, RTM Marseille … les transports urbains paralysés dans les grandes villes

Dans les grandes villes comme à Toulouse, Marseille ou encore Bordeaux, le mouvement de grève a été fortement suivi, comme en témoigne les perturbations avec de nombreuses lignes de transports paralysées.

À Toulouse, sur les trois dépôts du réseau Tisséo, on compte 50 % de grévistes avec des piquets et barrages filtrants à la sortie des bus. Le réseau est pratiquement à l’arrêt. A Marseille dans certains dépôts du réseau urbain RTM, le niveau de grévistes dépassent largement les 50 % avec par exemple 75% de grévistes sur le dépôt RTM Saint-Pierre. De nombreuses lignes de tramway sont perturbées dans la citée phocéenne.

Une bonne partie des travailleurs des transports ont donc répondu présent pour cette première mobilisation contre la réforme des retraites. Pour les grévistes de la SNCF comme pour ceux de la RATP et des entreprises de transports urbains, l’enjeu est désormais de massifier et de reconduire le mouvement de grève pour pouvoir construire le rapport de force qui va commencer à s’enclencher face au gouvernement.



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