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Notre classe

Vers la privatisation

SNCF : 1,33 milliard d’euros de bénéfice et une casse des services

Ce mardi, la SNCF révélait ses bénéfices sur l’année 2017 qui ont atteint 1,3 milliard d'euros. Ce qui fait particulièrement tâche lorsqu'au même moment Pépy et le gouvernement prévoient de détruire le statut des cheminots et d’ouvrir le marché à la concurrence.

« Tous les français savent que la SNCF va mal » déclarait Édouard Philippe sur le plateau de France 2 la semaine dernière. Vraiment ? Si l’on regarde de plus près on s’aperçoit que, contrairement aux discours mensongers du gouvernement qui ont pour but de faire avaler la pilule aux travailleurs, l’entreprise publique ne va pas si mal que ça puisqu’elle vient de multiplier ses bénéfices par 2,3. Par contre, tous les gouvernements et les entrepreneurs savent que les statuts des cheminots et les services publics les privent de faire davantage de profit sur le dos des travailleurs.

La SNCF vient en effet d’engranger 1,3 milliard d’euros de bénéfice sur l’année 2017. Son chiffre d’affaire a connu une progression de 3,8 %, atteignant ainsi 33,51 milliards. Ce qui serait apparemment dû à une hausse du trafic. Alors, « la SNCF va mal » ? Elle a en tout cas 3 milliards d’intérêts supplémentaires à verser aux banques qui s’ajoutent chaque année à sa dette. Mais le gouvernement préfère faire pencher la balance du côté des pseudo « privilèges » des cheminots, soit le fait que ceux-ci ne sont pas encore assez exploités et exploitables par et pour eux !

Pépy a ainsi déclaré à l’AFP « personne n’a intérêt à un conflit long qui affaiblirait le train au moment où il redécolle ». Un coup de pression supplémentaire sur les travailleurs du rail après la question de l’implication financière de l’État, celui des usagers, leur pseudo-statut de privilégiés etc.

« Personne n’a intérêt »... De leur côté par contre, il est en effet clair qu’ils ont tout intérêt à faire passer les réformes ferroviaires en force et commencer à mettre en concurrence le rail : désengagement de l’État, destruction du statut de cheminot pour niveler les salaires par le bas… Cependant du côté des travailleurs, il est certain que l’intérêt est bien dans la construction d’une grève qui pourra faire reculer le gouvernement.

Comme cela n’est pas rare, le gouvernement utilise la carte du « tout va mal », et de la « crise » pour faire passer cette casse du statut. Ce que ces nouveaux chiffres viennent contredire. Cependant le gouvernement est bien déterminé à s’avancer vers une privatisation de la SNCF. Si aujourd’hui la SNCF est très loin d’être exempte de l’exploitation des travailleurs et qu’il ne s’agit pas d’un service accessible à tous, ce n’est en aucun cas par sa casse et sa privatisation que cela s’améliorera.




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