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CHEMINOTS, USAGERS, MÊME COMBAT POUR LE SERVICE PUBLIC – PARTIE 9

SNCF. Vers de nouvelles suppressions de postes du côté des agents d’escale

La SNCF veut simplifier les procédures de départ des trains au prétexte que beaucoup de pays d’Europe n’ont pas ce type de procédure : présence d’un agent sédentaire sur le quai qui vérifie que le service commercial du train est achevé, que personne n’est encore dans les portes ou ne court sur le quai ou dans les escaliers pour prendre le train etc.

mercredi 24 juillet

Crédit photo : AFP / LUDOVIC MARIN

Après avoir créé des « escales » dans les gares grandes lignes il y a moins de 10 ans en mettant en avant un service de qualité rendu aux voyageurs, la SNCF supprime les agents donnant le départ des trains.

Déjà en Île-de-France, depuis au moins 10 ans, tous les trains Transilien roulent uniquement avec un agent de conduite qui est censé tout vérifier par l’intermédiaire de ses télés embarquées avant de donner le départ. Une prime, dite EAS, avait convaincu à l’époque, les syndicats catégoriels de conducteurs d’accepter cette absurdité car c’était auparavant l’agent accompagnateur (contrôleur, chef de train) qui donnait le départ dans les petites gares, et un agent sédentaire de la gare (dit agent départ) dans les gares origines.

Dans les grandes gares parisiennes, des installations techniques ont déjà remplacé les humains

Dans les grandes gares parisiennes, les agents départ ont disparu depuis longtemps, remplacés par des installations techniques, des signaux lumineux de départ pour chaque voie concernée. Ce type de signal est directement commandé par le poste d’aiguillage qui gère la gare et la responsabilité de la mise en marche incombe au conducteur qui vérifié les conditions dans ses écrans embarqués.

Toutes les gares parisiennes, sauf à Saint-Lazare où la configuration n’était pas favorable, avec un coût beaucoup trop élevé pour ce type d’installation. Les agents départ sont donc encore existants à Saint-Lazare, pour les transiliens et la grande ligne, mais pas pour longtemps puisque l’entreprise a décidé de carrément supprimer cette opération des textes réglementaires !

Qui est gagnant ? L’entreprise ou l’usager ?

La réglementation prévoyait cette autorisation de départ, qui est un véritable service rendu aux voyageurs, puisqu’un agent sédentaire, positionné sur le quai, a une meilleure vue d’ensemble des quais, des escaliers et ainsi adapter le moment du départ de quelques secondes si quelqu’un court après le train, ou si une personne avec une poussette, des bagages a du mal à monter. Également, si un voyageur force les portes au moment du départ, ou reste coincé dans une porte, il peut arrêter le train et éviter un accident potentiellement grave.

Dans un premier temps, l’entreprise a voulu former des agents polyvalents commerciaux/départ, puis certains ont dû se dire qu’il était plus simple, et surtout plus rentable en termes de formation et en cas de grève (plus difficile de remplacer un gréviste dans un « métier technique »), de supprimer carrément la procédure.

La réforme du ferroviaire et les gains de productivité précédant l’ouverture à la concurrence sont passés par là et puisque d’autres pays n’ont pas cette procédure (sans que les statistiques affichent plus d’accident si l’on en croit la direction), pourquoi s’embarrasser d’agents formés et qui amène une sécurité supplémentaire ?
La sécurité ne sera pas impactée dit l’entreprise puisque l’autorisation de départ sera remplacée par une autorisation de mise en mouvement (ça sent la prime pour le cadre qui a trouvé cette périphrase…).

Et les agents départ vont donc être reclassés, ou vont quitter l’entreprise, emportant avec eux leur compétence et leur expérience. Et comme la politique actuelle est à la polyvalence, ils seront remplacés par des agents commerciaux, qui devront faire du contrôle et beaucoup moins formés aux règles de sécurité des circulations…
Une chose est sûre, la SNCF ne peut pas se cacher derrière l’Europe pour cette décision, c’est un choix d’entreprise ! Il apparaît donc clairement que le gouvernement économise sur le service rendu (en dehors de toute demande de Bruxelles) en même temps que les tarifs s’envolent, préparant ainsi un maximum de profits pour les futurs opérateurs privés...

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