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Notre classe

SUD Santé Sociaux Charente Maritime à la direction : « nous ne serons pas complice de votre politique »

Dans une lettre adressée à la direction du Groupe Hospitalier La Rochelle Ré Aunis, SUD Santé Sociaux dénonce la politique criminelle du gouvernement en cette crise sanitaire et son application par leur direction.

mercredi 15 avril

Crédits : SUD Groupe Hospitalier La Rochelle Ré Aunis

Le Groupe Hospitalier La Rochelle Ré Aunis (GHT17) est composé de plusieurs établissements du département Charente Maritime. SUD Santé Sociaux y est le syndicat majoritaire pour défendre l’intérêt des travailleurs. La gestion de la crise par la direction de l’hôpital est catastrophique, elle met en danger les personnels et les patients. Les élus SUD n’ont cessé de le dénoncer au CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail), mais aucune mesure n’a été prise en
conséquence. Au vu de la situation, de la politique criminelle qui est menée et de l’irresponsabilité de la direction, SUD a publié une vidéo le 8 avril qui déclare ne pas avoir participé au CHSCT, revendiquant ne pas être « complice, même critique, de la manière dont sont sacrifiés les hospitaliers ».

La direction n’a cessé d’instrumentaliser les faits et de mentir pour se donner une bonne image, pour en réalité cacher leur politique criminelle. En effet le 3 avril sur les plateaux de C17 Infos Monsieur Pierre Thépot, directeur de l’hôpital La Rochelle, déclarait « être attentif sur tout ce qui est protection ». Pourtant jusqu’au 20 mars il interdisait le port du masque par les personnels, pensant peut-être nous faire croire au développement de l’immunité collective ! Ce n’est qu’après la propagation du virus et l’exposition des personnels à celui-ci que la direction s’est décidé à fournir des masques. Mais ce ne sont ici que des masques chirurgicaux qui ne protègent pas du virus alors qu’il existe des modèles FPP2 efficaces. Si la direction était soucieuse de la santé des travailleurs et des patients, alors elle commanderait en quantité suffisante de ces masques, mais cela n’a jamais même été évoqué. Il manque cruellement de matériel dans tous les hôpitaux, il manque des protections, des surblouses, des lunettes, du matériel biomédical, pharmaceutique, etc.

Nul ne saurait nier le risque de contamination et les personnels hospitaliers y sont en première ligne. A la Rochelle ce sont au moins 30 hospitaliers que l’on sait testés positifs au covid ! De surcroît le risque de contamination est démultiplié dans la mesure des conditions de sécurité qui ne sont pas prises et en connaissance du nombre important de porteurs sains. La période d’incubation pouvant aller jusqu’à une quinzaine de jours, l’irresponsabilité du gouvernement laisse ouverte la possibilité d’une nouvelle vague de l’épidémie alors que nous n’avons même pas atteint son pic. La direction du GHT17 en a bien conscience mais ne prend aucune mesure de résolution.

Dans une telle situation, SUD a convoqué un CHSCT exceptionnel ce 12 avril pour imposer à la direction de prendre les mesures nécessaires. Mais c’était sans compter sur la trahison des bureaucraties syndicales CGT, FO, CFTC, mais aussi les représentants des médecins, qui ont « voté contre la réalité d’un danger grave et imminent pour les hospitaliers ». La direction a même osé déclarer que les personnels sont responsables de la propagation du virus n’ayant pas respecté les gestes barrières !

Plutôt que de mettre en place les moyens nécessaires à l’organisation de l’hôpital pour la gestion de la crise, la direction considère certains services comme « non covid ». Pour faire des économies sur le matériel et l’organisation de ces services prétendument inutiles, elle met des personnels en repos forcé - ce qui les forcera à travailler cet été et sera plus rentable pour l’hôpital. Elle a ainsi drastiquement supprimé les personnels extérieurs en EPHAD et a même fermé un service de psychiatrie - pourtant d’une grande importance dans une telle période.

Tout cela est scandaleux quand on sait que le budget général du GHT17 est de 401 millions d’euros. Il serait largement possible de fournir tout ce dont les personnels ont besoin. Mais la politique budgétaire est soi disant à la rigueur, à l’austérité : il faut donc rogner sur ce qui est trop coûteux même quand c’est la vie des travailleurs et des patients qui est en jeu. Dans le même temps des opérations chirurgicales non urgentes et non vitales continuent d’être programmées dans le bloc opératoire de l’hôpital La Rochelle. Dans la lettre ouverte à la direction SUD écrit :

« en bon gestionnaire industriel, vous gérez les stocks. Les stocks de matériel, les stocks de places et de lits, de malades, mais aussi le stock de personnel. Et en fonction de ces stocks, vous modifiez le contenu des bonnes pratiques, les protocoles d’hygiène, les mesures de protections ou d’équipement. »

Contrairement à la direction qui réduit les personnels et ferme des services, SUD en propose une réorganisation qui déploierait toutes les capacités de l’hôpital, y compris en période de crise sanitaire. Car ce sont les travailleurs eux-mêmes qui connaissent le mieux le terrain et par conséquent les besoins de l’hôpital, spécifiquement de chaque service, qui en ont la connaissance médicale et l’expérience ; somme toute ils sont les plus aptes à le réorganiser pour assurer le maintien de tous les services dans de bonnes conditions. Pour cela il faudrait massivement employer du personnel et tous les titulariser.

Car aujourd’hui les conditions de travail et la pression sont insoutenables au vu des fermetures de services, des coupes budgétaires, il est impossible que les personnels donnent des soins de qualité. Les conséquences de la crise, du virus et du confinement seront aussi psychologiques et s’en suivront, à cause de la politique criminelle du gouvernement et de son application par les directions d’hôpitaux, des démissions, des dépressions, des burn-out voir des suicides.

L’hôpital, en tant que service public, devrait protéger les vies et la santé de tous les travailleurs, de la majorité de la population et non pas satisfaire les intérêts capitalistes qui ont transformé l’hôpital en entreprise. Il faut garantir la sécurité des personnels hospitaliers avant tout et cela nécessite des tests massifs qui permettent de savoir qui est contaminé, ainsi les personnels testés positifs doivent pouvoir se déclarer en maladie professionnelle en étant intégralement rémunérés.

Le matériel de dépistage et tout ce dont a besoin le personnel hospitalier devrait être fourni par l’Etat. Il faut contraindre les entreprises non-essentielles à reconduire leurs productions vers ce qui est nécessaire aux travailleurs, c’est à dire des masques, des respirateurs, des blouses pour les hospitaliers entre autre.

Enfin SUD Santé Sociaux refuse de se taire derrière le discours de l’Union sacrée et critique durement la politique criminelle de ce gouvernement contre les travailleurs, des institutions et des directions d’hôpitaux qui l’appliquent. Une réorganisation de l’hôpital est absolument nécessaire et cela ne tient qu’aux travailleurs de s’organiser pour une gestion démocratique en fonction de leurs véritables besoins.




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