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Politique

Saint Denis. 300 personnes pour dénoncer l’armement de la police municipale par le PS

Alors que le gouvernement est en pleine campagne sécuritaire, reprenant à son compte la rhétorique raciste du RN sur « l'ensauvagement », la nouvelle mairie PS de Saint-Denis a décidé d'armer la police municipale. En réaction, 300 habitants de la ville se sont rassemblés devant la mairie à l'appel de nombreuses organisations et collectifs.

vendredi 11 septembre

Alors que la période est marquée par une offensive répressive et raciste de l’extrême droite et du gouvernement, la majorité de « gauche » PS et Génération.s. n’est pas en reste. Après son arrêté « anti-chicha » dans le centre ville, la mairie veut armer la police municipale de Flashball et d’armes de poing de catégorie B, créer une brigade cynophile (chiens) et faire l’acquisition d’un drone de surveillance.

Alors que les habitants de Saint-Denis sont parmi les plus touchés de France par l’épidémie, et que nous entrons dans une crise économique historique qui va toucher de plein fouet les quartiers populaires, ces mesures répressives ont provoqué la colère de nombreux habitants et collectifs.

Au-delà des syndicats et des partis appelant au rassemblement, de nombreux collectifs de quartiers se sont joints à l’initiative. L’évènement était appelé par un large arc de force local : CNL la Courtille, Collectif Les Dionysiennes, Droit au Logement St-Denis, Ensemble Vivre et Travailler, Femmes de Franc-Moisin, le MRAP St Denis, RESF Saint Denis (Réseau Éducation Sans Frontières St Denis), CGT Territoriaux Ville de St Denis, CNT Educ 93, Union syndicale Sud-Solidaires St-Denis, Solidaires RATP Pleyel, Sud Education St-Denis, Sud Mairie de St-Denis, SUD Plaine Commune, FI St-Denis, NPA St-Denis, PCF St-Denis, L’Union Prolétarienne ML, UCL St-Denis...

Les prises d’interventions ont été ouvertes par celles de Mehdi, habitant et initiateur de l’évenement et Amel, employée de la mairie et syndicaliste Sud.

S’en sont suivies plusieurs interventions, notamment celle d’un bénévole d’une association d’aide aux migrants qui n’ont d’autre choix que d’occuper des tentes à Porte de Paris.

Alors que Darmanin et Schiappa cherchent a justifier l’offensive sécuritaire par des arguments « féministes », des représentantes du collectif féministe local « Les Dyonisiennes » et Du Pain et Des Roses, collectif féministe révolutionnaire lié à Révolution Permanente, ont répondu de manière cinglante à cette instrumentalisation de la cause des femmes à des fins racistes et xénophobes.

Anasse Kazib, cheminot et militant au NPA-Révolution Permanente est également intervenu, revenant sur la situation politique ouverte depuis le confinement et le contexte de l’offensive répressive que subissent les habitants des quartiers, qui ne sont autres que les « travailleurs en première ligne ». Son intervention a été particulièrement applaudie.

Ce rassemblement a été un succès, qui en appelle à d’autres. Au-delà du nombre de personnes présentes et de la qualité des interventions, il marque un tournant dans la résistance face aux mesures répressives. En effet, de nombreux membres d’associations d’habitants de quartiers généralement assez extérieures aux luttes anti-répression étaient présentes, signe de la gravité de la situation et du signal d’alarme qu’ont représenté ces mesures prises par la mairie. Des étudiants de l’université Paris 8 étaient également présents, notamment le collectif Le Poing Levé, initié et animé par des militants du NPA-Révolution Permanente.




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