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Politique

Violences policières

Saint-Denis. Tirs de flashball et taser, un jeune autiste tabassé par la BAC parce qu’il courait

Le 19 septembre, Amine, un jeune autiste de 25 ans, rentrait chez lui en courant. Six agents de la BAC se sont attaqués à lui très violemment, prétextant l'avoir pris pour un dealer de drogue. Une démonstration supplémentaire des violences policières dans les quartiers populaires.

samedi 3 octobre

Crédit photo : AFP Jack Guez

Amine est un jeune homme autiste de 25 ans qui vit dans le quartier du Franc-Moisin à Saint-Denis depuis longtemps, tout le monde sait qu’il aime se déplacer en courant. Ce samedi 19 septembre, cette habitude lui a coûté une nuit au commissariat de Saint-Denis et un passage à l’hôpital.

Il est 21h, Amine est interpellé par six agents de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) qui le plaquent au sol. Touché par un tir de flash-ball à la jambe, il reçoit ensuite 4 décharges de taser dans le cou et présente des blessures à la tête. Les policiers dispersent des fumigènes pour repousser les voisins qui tentent de porter secours à Amine. Son petit frère reçoit deux tirs de flash-ball, un à l’abdomen et l’autre à la jambe.

Les policiers le portent et l’embarquent dans la voiture banalisée comme le montrent des vidéos consultées par le JSD, il passe la nuit au commissariat de la Plaine. Le dimanche, son père apprend que son fils est à l’hôpital sans savoir lequel. Amine sort finalement le 21 septembre et s’enferme chez lui, ses blessures au cou et à la mâchoire marquent le souvenir de cette attaque.

Le 25 septembre, les voisins d’Amine ont organisé un rassemblement pour dénoncer les violences policières. Nombre d’entre eux témoignent : les violences policières sont habituelles, chacun semble savoir qu’il est une cible potentielle dès qu’il sort dans la rue.

Cette interpellation vient s’ajouter la trop longue liste de violences policières dans les quartiers populaires. Cette semaine, à Nantes, un autre homme atteint lui aussi d’une maladie mentale a été victime d’une interpellation violente au cours de laquelle il a reçu plusieurs coups de taser

Les violences policières sont régulières et invisibilisées par un racisme systémique. La situation sanitaire qui sert d’excuse pour multiplier les arrestations n’est qu’une porte ouverte à la multiplication de ces violences, toujours plus récurrentes et brutales dans les quartiers populaires, renforcées par les discours sécuritaires et islamophobes du gouvernement et de l’extrême-droite, mais aussi à échelle locale, par la décision du maire PS de Saint-Denis, Mathieu Hanotin d’armer la police municipale qui s’inscrit dans cette dynamique d’offensive sécuritaire. Mairie PS ou non, les violences policières perdurent. Pour obtenir justice et vérité face à l’institution policière, les victimes et leurs familles ne peuvent compter que sur la mobilisation et la solidarité de notre camp social.




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