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Sanofi. Suicide d’une salariée sur fond d’annonce de suppression de 1700 emplois

Après le suicide d’une salariée de Sanofi sur son lieu de travail, les syndicats du groupe ont exercé leur droit d’alerte. Ce geste dramatique s’inscrit dans un contexte où le géant pharmaceutique vient d’annoncer 1700 suppressions emplois dans le monde, dont un millier en France.

vendredi 26 juin

Vendredi 19 juin, une salariée de Sanofi a mis fin à ses jours sur le site de Gentilly. Selon Franceinfo, les syndicats de Sanofi Aventis Groupe ont exercé leur droit d’alerte “pour cause de danger grave et imminent”, dénonçant une “mise en danger des vies” du personnel par des pratiques “intolérables”. Pourtant, ils disent avoir alerté la direction “depuis plusieurs mois” et “de manière réitérée”. Pour eux, son “geste définitif survenu sur le lieu de travail est un énième traumatisme”, faisant référence au système interne d’“évaluation des performances” attribuant des notes au personnel. Plus encore, deux autres suicides avaient lieu, en octobre et en mai, ainsi qu’une tentative de suicide fin avril.

Ces gestes dramatiques et de derniers recours s’inscrivent dans un contexte où le groupe Sanofi veut supprimer 1700 emplois dans le monde, dont un millier en France. Bien qu’Olivier Bogillot, le président France du groupe, ait précisé qu’il s’agissait d’une “nouvelle stratégie” et en aucun cas d’une réaction face à la crise du Covid-19, il paraît évident que ces annonces de suppressions d’emplois s’inscrivent dans la même logique que bien d’autres groupes, à savoir sauver les profits des actionnaires en faisant payer la crise au travailleurs. Et si le plan de licenciements sera basé sur le “volontariat” selon le président France, il ne s’agit en aucun cas d’une alternative décente pour les travailleurs : faudra-t-il mourir de faim ou mourir des mauvaises conditions de travail et des pressions managériales ?

Alors que les annonces de suppressions d’emplois commencent à pleuvoir depuis le déconfinement, à l’image des 22 000 emplois supprimés à Lufthansa, les profits des actionnaires, eux, ne faiblissent pas. Ainsi, au premier trimestre, le chiffre d’affaires du groupe Sanofi était de 9 milliards d’euros, soit une hausse de 6,9% en partie due à la pandémie. Alors que les travailleurs mettent leurs vies en danger en continuant à travailler malgré la pandémie, les actionnaires, eux, vont recevoir des dividendes supérieurs à ceux de l’année précédente, pour un montant total de 4 milliards d’euros. Comment justifier alors les 1700 suppressions d’emplois ?

La crise économique que nous sommes en train de vivre n’est que le résultat du désastre capitaliste. Sur le terrain de la crise sanitaire, le capitalisme a démontré son incapacité structurelle à mettre la vie avant les profits. Cette crise est en définitive le résultat de leur système, à eux de la payer. En 2008, les travailleurs et les travailleuses avaient payé le sauvetage des banques et des entreprises, et la bourgeoisie ne va pas hésiter à recommencer, à peine plus de dix ans plus tard.

La réponse des travailleurs et des travailleuses face aux licenciements massifs va être déterminante. Il va falloir se battre pour qu’il n’y ait aucun licenciement : une personne menacée de licenciement, c’est l’ensemble d’entre nous qui sommes menacés ! Face au massacre de l’emploi, il n’y a aucun “dialogue social” possible. Alors qu’ils veulent nous faire payer la crise, il faut lutter pour zéro licenciement, et le partage du travail entre toutes et tous !




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