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Politique

Impunité policière

Scandale. Après la mort de Steve, promotion du flic responsable des opérations

Grégoire Chassaing, le policier qui a donné les ordres lors l’opération ultra violente qui a tué Steve lors de la fête de la musique à Nantes en 2019, est finalement promu Directeur Départemental adjoint de la sécurité publique.

samedi 1er mai

Crédits photo : Jean-François Monier/AFP

Après le drame de la disparition de Steve Maia Caniço le soir de la fête de la musique en juin 2019 puis celui de la découverte de son corps dans la Loire près d’un mois plus tard, une enquête avait été ouverte afin de comprendre les causes de son décès. Était alors ressorti le nom de Grégoire Chassaing, à l’époque “le n° 3 ou le n° 4 de la police nantaise” selon SudOuest, étant chef du service de voie publique depuis juin 2015 avec pas moins de 475 policiers sous ses ordres. Après avoir mené ce soir là une charge sans sommation, sous des gaz lacrymogènes et autres balles en caoutchouc qui a causé la chute d’une dizaine de personnes dans le fleuve dont Steve, pour mettre fin à une soirée sur la voie publique à l’occasion de la fête de la musique, ni lui ni aucun autre des policiers présents n’a été mis en examen et ce malgré le fait que l’Inspection Générale de l’Administration (IGA), l’équivalent de l’IGPN pour les hauts fonctionnaires, ait mis en cause la responsabilité de Chassaing. A cette époque, Christophe Castaner qui était le ministre de l’Intérieur, annonçait que Grégoire Chassaing serait muté, déchargé de ses fonctions de commandement, mais qu’il resterait responsable de missions d’audit dans les services de l’hôtel de police. Bien loin d’être une sanction suffisante, cela laissait presque présager de l’actualité. Aujourd’hui, le voilà promu et à quelques jours d’intégrer un nouveau poste à responsabilités alors que l’enquête est toujours en cours. Selon une source policière, cette promotion serait “logique dans le déroulement de sa carrière“. La seule logique visible est celle d’un gouvernement qui promouvoit désormais une police qui tue.

Cette affaire de violences policières, entre autres, rappelle la répression ultra violente que subit la jeunesse depuis des années. En effet, cette charge policière a eu lieu afin de réprimer une fête qui rassemblait des jeunes lors de la fête de la musique à Nantes en 2019, une situation somme toute normale. Grégoire Chassaing aurait agi à l’encontre des consignes données par sa hiérarchie selon l’IGA : il aurait ordonné aux policiers présents avec lui de gazer et de tirer des balles en caoutchouc sur le groupe de jeunes. C’est au moment où le DJ a passé une musique de Bérurier Noir qui dénonce le Front National que la police aurait commencé à réprimer. Ce n’est pas vraiment surprenant lorsqu’on voit qui a commandé cette opération meurtrière. Grégoire Chassaing n’a pas caché son penchant raciste avec notamment une photo de lui sur ses réseaux sociaux affichant fièrement une “blackface” ou encore les idées réactionnaires de sa compagne qui témoigne de son désaccord avec le mariage pour tous ou bien la PMA sans père. Cela va donc de pair avec les violences qu’ont subi les jeunes le soir du drame, se faisant frapper par des policiers qui les insultaient de “sales gauchistes”.

Cette promotion de directeur départemental adjoint de la sécurité publique à Clermont-Ferrand pour le policier qui a tué Steve Maia Caniço et qui a assuré une répression ultra violente contre le mouvement des Gilets Jaunes va dans la continuité du tournant liberticide du gouvernement. La police peut continuer de tuer sans crainte car elle est systématiquement protégée et même récompensée par l’institution lorsqu’elle commet des violences. Et elle est encouragée par le gouvernement qui poursuit son offensive sécuritaire en passant des lois qui renforcent encore plus l’impunité et la protection policière, comme la Loi Sécurité Globale qui pose l’interdiction de filmer les interventions policières et qui permet même aux policiers retraités de pouvoir gonfler leurs pensions ou encore qui passe des privilèges à ces mêmes policiers en revalorisant leurs salaires au lieu d’investir dans les secteurs publics qui en ont besoin. Il y a une protection généralisée quant aux policiers qui commettent des agressions voire qui tuent, qui est permise par un gouvernement qui donne un chemin sans obstacles au racisme, à l’islamophobie et à la répression qui vont avec.




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