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Politique

Scandale des tests. Pour un plan d’urgence, un dépistage effectif, efficace et gratuit !

Des files d'attentes interminables, des résultats au bout de dix jours voilà la réalité de la massification des tests par le gouvernement. Alors que le secteur de la santé crie qu'il manque de moyens, nous avons besoin d'un plan d'urgence.

mardi 22 septembre

Crédits photos : Reuters

Comme on peut le constater, depuis quelques semaines les files d’attentes s’allongent pour des tests dont on doit attendre le résultat parfois jusqu’à dix jours. Nous ne sommes pourtant qu’au début de cette deuxième vague. Aujourd’hui, en effet, les compteurs repartent au rouge alors que 30 000 nouveaux cas sont détectés depuis trois jours en Espagne et qu’Israël reconfine, en France, Santé Publique alerte : l’Île de France est en situation de « vulnérabilité élevé ». Le taux d’incidence en effet, qui calcule la progression de l’épidémie en fonction du temps et du nombre de contaminés, est deux fois au-dessus du seuil d’alerte. Des chiffres nous renseignant sur l’épidémie qui ont très certainement faussés du fait de l’inefficacité de tests dont les résultats sortent une semaine après, le temps d’avoir contaminé énormément de personnes tout en échappant aux statistiques.

Une telle situation, aurait pu et aurait de l’être largement anticipée par le gouvernement que les virologues alertaient depuis mai et de plus en plus au fil du déconfinement sur le risque de deuxième vague. En effet, occupé à la relance économique en accordant des cadeaux au patronat, l’exécutif a laissé sous silence la question sanitaire qui allait s’aggravant, en tant qu’épidémie qui se développe à bas bruit. Il préfère se couvrir juridiquement faisant fi de prendre en charge la question sanitaire, annonçant coup pour coup la généralisation du port du masque par des voies répressives, quand dans un second temps, il cherche à se couvrir sur la question des tests en ouvrant la voie à un dépistage massif mais sans aucun moyens mise en œuvre pour effectivement permettre ce dépistage. Tandis qu’à la pénurie des masques succède aujourd’hui une possible pénurie des tests, cette deuxième vague annoncée, alors qu’elle n’atteint pas le nombre de morts d’avril, pose la question des moyens dans le secteur de la santé et particulièrement dans le monde des laboratoires.

En effet, ce n’est pas le tout de rendre les tests accessibles à tous, aussi faut-il le faire dans de bonnes conditions non seulement pour faire en sorte que les résultats soient fiables, d’une part et d’autre part, pour que les héros que nous applaudissions puissent travailler dans des conditions de travail digne, sans risques de contamination sur le lieu même du test. Ainsi la question centrale, celle que posent aujourd’hui les grèves dans les laboratoires un peu partout en France, c’est celle des moyens, ceux pour se protéger du virus mais aussi et surtout, ceux pour pratiquer le million de test par semaine dont se vante le gouvernement. Machine, personnel, réactifs au Covid pour les tests, des manques de moyens énormes qui empêche la maîtrise de l’épidémie.

Le gouvernement délègue aux laboratoires privés la tâche centrale qui est celle de savoir où et donc comment se propage le virus. Sur le dos de cette crise et de ses victimes, ce sont donc les grands groupes de laboratoires mais surtout leurs patrons qui se sont enrichis grassement. Beaucoup parmi eux font partie des 500 plus grandes fortunes de France comme Stéphane Eimer, PDG des laboratoires Biogroup qui contrôle un grand nombre de laboratoires aujourd’hui saturés et en manque de moyens. Le gouvernement, à l’origine de la casse du service public de la santé a refusé d’investir de manière conséquente sur la question des tests et de la prévention de cette deuxième vague. Aujourd’hui, c’est la population et les travailleurs de la première ligne qui en font les frais.

Notre santé ne doit pas être dépendante des intérêts des patrons qui pressent leurs salariés à faire toujours plus de tests, ainsi, il y a une vraie nécessité de se doter d’un plan d’urgence pour le secteur sanitaire. Un plan qui comprendrait la nationalisation en urgence des laboratoires et l’investissement massif pour permettre un réel dépistage combiné à une stratégie visant à briser les chaines de contamination. Cela nécessite de prendre en charge une amélioration substantielle des moyens allouées au système de santé publique, et au dépistage, condition nécessaire pour espérer gérer cette crise. Le gouvernement néanmoins, absolument inconséquent tout au long de cette crise, n’est pas à même de gérer une telle épidémie, ainsi, ce doit être aux soignants, médecins, laborantins que doit revenir le contrôle de ce secteur. Il s’agit bel et bien de la seule solution pour une gestion centralisée et rationnelle de la santé, au profit de la population.




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