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Politique

Scandale : le rapport d’autopsie de G. Floyd met en cause... son « état de santé »

Alors que des révoltes massives contre les violences policières ont éclaté depuis mardi aux Etats-Unis, la première expertise médicale conduite sous la houlette du procureur du Comté de Hennepin tente de disculper grossièrement le policier. Elle conclue que la mort de G. Floyd serait due à une combinaison entre son « état de santé », et notamment une maladie coronarienne, et l’action de la police.

dimanche 31 mai

Les révoltes suscitées dans l’ensemble des Etats-Unis par la mort de Georges Floyd, arrêté, plaqué au sol et mort des suites de l’étouffement perpétré par un policier auquel il n’a cessé de répéter « je ne peux pas respirer » [« I can’t breathe »] sous l’œil de passants qui ont filmé la scène, a généré un écho mondial. Partout, la situation aux Etats-Unis est suivie avec attention, tandis que la mort de Georges Floyd suscite une émotion et une rage virales.

A l’issue des protestations, Derek Chauvin, le policier qui a étouffé Georges Floyd a été, après avoir été licencié, finalement arrêté et inculpé pour « homicide involontaire » il y a quelques jours. Pourtant, l’impunité semble pour l’instant encore de mise pour le policier, comme c’est fréquemment le cas dans les affaires de ce type.

Le Daily Mail révélait en effet samedi que les premières conclusions du rapport d’autopsie conduit par l’expert mandaté par le procureur du Comté de Hennepin (Minnesota) nuancent de façon importante la responsabilité policière. Dans le dossier judiciaire de plainte contre Derek Chauvin, on peut ainsi trouver des éléments du rapport qui laissent entendre qu’il n’y a « pas de preuves physiques qui permettrait d’établir un diagnostic d’asphyxie traumatique ou d’étranglement » et que « M. Floyd avait des antécédents de santé, incluant une maladie à l’artère coronaire et des problèmes cardiaques d’hypertension ». Des observations qui permettent de conclure que « les effets combinés de M. Floyd, maintenu par la police, ses conditions de santé sous-jacentes et de potentielles stupéfiants dans son organisme ont probablement contribué à sa mort. »

Une analyse médicale qui n’est pas sans rappeler les multiples rapports d’experts contradictoires concernant le décès d’Adama Traoré, visant à dissimuler derrière des pathologies diverses et variées, voire imaginaires, la responsabilité policière dans la mort du jeune homme, décédé entre les mains de la police au commissariat de Beaumont-sur-Oise à l’été 2016. Une méthode réitérée très récemment par un nouveau rapport d’expert commenté sur les réseaux sociaux par le Comité Vérité et Justice pour Adama : « Les experts excluent sans aucune justification l’asphyxie positionnelle subie par Adama TRAORE pendant l’interpellation comme cause du décès. Les experts affirment qu’Adama TRAORE est décédé d’un œdème cardiogénique. »

Des conclusions honteuses face auxquelles la famille a demandé une contre-autopsie, faisant appel à Michael Baden, célèbre médecin légiste qui avait assuré la contre-autopsie de Eric Gardner arrêté et mort suite à l’utilisation par un policier d’une technique d’étranglement. Son meurtrier avait été licencié mais jamais poursuivi. Aux Etats-Unis comme en France la lutte contre l’impunité policière est un combat de longue haleine. Face à ce nouveau revers de la Justice, le Comité Adama appelle d’ailleurs à un rassemblement mardi 2 mai à 19h devant le Tribunal de Paris, Porte de Clichy afin de dénoncer le « déni de Justice ». Un rassemblement auquel il faudra être nombreux et qui, dans le contexte des mobilisations aux Etats-Unis et après des mois de confinement répressif, devrait trouver un écho très large.




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