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Politique

Affaire du Brasco

Scandaleuse agression négrophobe à Cergy : la droite et l’extrême-droite à l’offensive pour récupérer la colère

Depuis ce dimanche, des vidéos qui montrent un homme proférer des menaces physiques et des propos négrophobes à l'encontre d'une riveraine cergyssoise ont fait le tour des réseaux sociaux et ont provoqué une large vague d'indignation. L'occasion d'une récupération politique par les tenants de la droite et de l'extrême-droite françaises.

lundi 31 mai

Photos : Captures d’écran de la vidéo

Une agression raciste

Dans la nuit de dimanche à lundi, un salarié du restaurant Brasco situé à Cergy s’en est pris physiquement à un livreur en raison de sa couleur de peau. Dans les vidéos prises par une habitante vivant au dessus du restaurant et publiées sur Twitter, on voit l’homme qui ne cesse de proférer des insultes racistes à l’encontre d’un livreur noir après l’avoir agressé. D’après l’habitante, il l’aurait notamment traité d’esclave. Elle montre du sang au sol, résultat de l’agression, témoignant du niveau de violence préalable aux images filmées.

Pendant plusieurs minutes, l’homme, d’abord masqué, s’en est pris à celle qui filmait en la menaçant physiquement. En reprenant le pire du répertoire colonial et raciste, il a revendiqué la traite négrière arabo-musulmane : « Je suis Algérien, nous les Algériens on vous a vendus comme du bétail, comme du maïs bande de bâtards ».

Indignation large sur les réseaux sociaux, récupération par la droite et l’extrême-droite

Face aux multiples réactions indignées qui pointent également du doigt l’inaction du restaurant, la direction du Brasco s’est défendue dans un communiqué sur leur page Facebook en réfutant compter parmi leurs employés cet individu. Il serait selon eux un livreur Uber Eats qui n’aurait aucun lien avec leur enseigne. Ils ont aussi annoncé l’engagement de poursuite judiciaire à l’encontre de l’individu.

Cette version est contestée par les internautes, mais aussi par l’attitude d’un des salariés du restaurant dans la vidéo montrant que les deux personnes se connaissaient. L’homme travaillerait à la caisse du restaurant.

Depuis, l’indignation face à ces actes a eu pour effet l’organisation d’un rassemblement composé de plusieurs habitants de Cergy qui se sont rendus devant le restaurant pour montrer leur solidarité au livreur. L’occasion pour le maire du Cergy, accompagné de la police faisant une ligne devant le restaurant, de faire une apparition vivement contestée par les habitants. « Monsieur je suis désolé mais la justice, elle va rien faire » dit une des femmes présentes au rassemblement, elle rajoute « la police va faire son cirque pendant deux minutes et après c’est bon ».

Bien entendu, la droite et l’extrême-droite ne tardent pas pour saisir l’occasion de déverser leur venin réactionnaire, à l’image de Jean Messiha qui s’est empressé de tweeter sur "l’invasion migratoire" qui serait la cause du racisme en France. Un comble pour celui qui s’est récemment illustré dans l’islamophobie et le mépris de classe les plus décomplexés, à l’occasion d’un tweet à propos de son repas Uber Eats délivré en retard pendant le ramadan. Gilbert Collard, député européen du Rassemblement National, s’est dans la même veine fendu d’un tweet fustigeant « la guerre des communautés », s’empressant d’instrumentaliser la négrophobie qui peut effectivement exister dans les quartiers populaires.

A rebours des tentatives de la droite et de l’extrême-droite pour dresser les opprimés les uns contre les autres, il s’agit de combattre le racisme dans son ensemble. A ce titre, il s’agit de dénoncer la négrophobie qu’elle soit le produit direct de l’impérialisme et de l’histoire coloniale française, ou entretenue par les régimes des pays du Maghreb qui sous-traitent le contrôle des flux migratoires au service des puissances européennes. Par ailleurs, il s’agit également de refuser les discours réactionnaires qui tentent d’instrumentaliser la colère légitime suscitée par cette agression négrophobe pour justifier des thèses racistes et nier la responsabilité de l’État français. Or, c’est bien le gouvernement Macron, qui, en menant une offensive sur le terrain de l’extrême-droite, banalise et encourage la prolifération du racisme. Face au racisme et à toutes les oppressions qui divisent notre camp social, il s’agit d’apporter une réponse sur le terrain de l’auto organisation des opprimés en toute indépendance des institutions, par la mobilisation contre dans la rue toutes et tous ensemble.




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