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« Se battre pour vivre, pas pour des miettes ! » Grève massive pour les salaires à Mecachrome

Ce mardi, les travailleurs de Mecachrome étaient en grève pour exiger l'augmentation de leurs salaires. Une lutte dans la lignée des grèves à Amazon ou chez les sous-traitants d'Airbus. Manu, militant CGT du site toulousain, revient sur cette première journée de grève et la suite qui se prépare.

mardi 26 avril

On observe de plus en plus de grèves pour les salaires, comme la grève indédite à Amazon, celle de ce 26 avril chez le sous-traitant aéronautique AAA, ou celle d’ISS à Saint-Nazaire, pour ne parler que des plus récentes.

La direction du groupe propose 2% d’augmentation. Autant dire des miettes en comparaison de l’inflation. "On a organisé très tôt une heure d’information syndicale où les collègues des ateliers sont venus nombreux" explique Manu. "Lors de cette assemblée, on a été surpris positivement par la détermination des ouvriers. La revendication qu’on porte dans ces NAO, une augmentation de 7% avec un minimum de 200€, c’est eux qui l’ont exprimé dans cette assemblée ! Les collègues nous ont fait comprendre qu’ils voulaient se battre pour ce dont on a besoin pour vivre et pas pour des miettes".

"A la suite de cette assemblée, on a pris l’initiative de proposer une rencontre aux autres syndicats du groupe, CFDT, CFTC et FO. On s’est rencontré, mais sur la grève et les revendications, on n’était pas sur la même longueur d’ondes : "On ne fait pas grève pendant les négociations, ça ne se fait pas", "200e de talon et 7% c’est irréaliste".

Malgré la passivité des autres syndicats, la CGT a appelé à un débrayage et une assemblée le jeudi 21 avril sur le site toulousain où elle est présente (les autres sites sont composés par les autres syndicats), qui a été bien suivie : "Une discussion s’est mené entre grévistes lors de ce débrayage : fallait-il maintenir les revendications de 7% et 200€ et aller les chercher par la grève ou bien s’aligner sur la revendication de 5% et 100€, mais surtout sans aucune grève, comme le proposait les autres syndicats ? Les grévistes ont voté majoritairement pour maintenir leur ligne, comprenant bien que sans grève il est impossible d’obtenir même les 5%. Ce n’est pas une mince affaire, et on a pas menti aux collègues, commencer la grève en étant le seul site n’est pas gagné d’avance. Mais c’est le seul moyen d’arriver à faire connaître notre bataille et peut-être entraîner les autres sites à Nantes, Sablé-sur Sarthe, Amboise..."

C’est donc suite à ce premier débrayage qu’a eu lieu la grève de ce 26 avril : "Dans les ateliers, elle a été très suivie. Si je ne me trompe pas, il n’y a eu qu’un seul ouvrier sur une soixantaine de CDI présents qui n’a pas fait grève dans les ateliers ! C’est énorme. Bien sûr, ça ne suffit pas. On va essayer de convaincre une partie des bureaux, qui font moins grève. Il faut aussi savoir que même une grève aussi forte ne bloque pas entièrement la production, car il y a énormément d’intérimaires, parfois jusqu’à 50% ! On se bat aussi pour eux, et on discute de revendiquer les hausses de salaires non seulement pour les CDI, mais aussi pour les intérimaires. C’est pas simple, car ce qui se fait le plus souvent en NAO c’est de revendiquer seulement pour les CDI, et une habitude s’installe où des différences sont faites entre CDI et intérimaires alors qu’on fait le même travail."

Comme l’annonce la CGT Mecachrome sur sa page facebook, les grévistes ont déjà décidé de reconduire la grève ce vendredi 29 avril ansi que le 10 mai. "Il est même possible qu’on viennent à plusieurs grévistes à la manifestation du 1er mai à Toulouse pour faire connaître notre combat !" conclut le militant CGT, appelant à populariser et partager au maximum cette grève, pour qu’elle ne reste pas isolée à devoir se battre dans les frontières de la boîte.

Une grève qui est un exemple, et qui en appelle d’autres, pour faire face non seulement à l’inflation grandissante, mais à un second quinquennat Macron fait d’attaques sociales comme la réforme des retraites et autres.



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