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Amplifier la mobilisation

Ségur : les médecins hospitaliers se joignent à l’appel à la grève du 30 juin

Ce mercredi, Olivier Véran a proposé une somme de six milliards d'euros afin d'augmenter les salaires des personnels hospitaliers non médicaux. Alors que cette somme est jugée insuffisante par plusieurs collectifs et syndicats, la colère est aussi partagé par les médecins qui n'ont toujours pas obtenu la moindre concession du gouvernement. Plusieurs syndicats de médecins ont donc rejoint l'appel à la grève du 30 juin.

jeudi 25 juin

Crédit photo : JEFF PACHOUD/AFP

Dans le cadre du Ségur de la santé, Olivier Véran a mis sur la table ce mercredi une somme de six milliards d’euros pour augmenter les salaires des personnels non médicaux. Une demande de revalorisation salariale qui est au cœur des revendications du personnel hospitalier, depuis plusieurs années déjà. Pour l’instant, trois étages de revalorisation sont envisagés, une hausse de salaire nette, des révisions de grille, une refonte des primes.

Cependant, le ministre n’a pas annoncé de montant concernant la revalorisation immédiate, à l’heure où les soignants exigent une revalorisation de 300 euros net par mois. L’enveloppe de six milliards qui sera accordée par le gouvernement concerne donc les catégories soignantes (infirmiers, aides-soignants) et médico-techniques (techniciens de laboratoire, manipulateurs radio).

Celle-ci devra être partagée entre les hôpitaux et les Ehpad publics, mais aussi pour partie avec le secteur privé. « Cette information m’a bien été confirmée, avec un périmètre qui reste à préciser et dans des modalités que nous souhaitons rapidement approfondir » a déclaré à France Info Lamine Gharbi, président de la Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France (FHP).
Ce partage avec le secteur privé n’était pas une hypothèse qui figurait dans le projet d’accord. Cela a donc surpris plusieurs participants qui pour beaucoup ont été hostiles à l’idée :« Il faut que le gouvernement revoie complètement sa copie », estime même une responsable syndicale. Ce qui est par là décrié et rejeté c’est la somme insuffisante que représente six milliard d’euros à partager entre les établissements publics et privés.

Suite aux annonces d’Olivier Véran, plusieurs soignants, collectifs et syndicats ont dénoncé le caractère encore insuffisant de cette mesure. Ainsi, pour le collectif Interurgence, une somme de 6 milliards d’euros pour le secteur public et privé n’apparaît « pas suffisante ».
Même son de cloche pour Sud Santé Ap-Hp, qui a sorti un communiqué dans lequel il dénonce le caractère insuffisant de ces mesures et la nécessité de poursuivre la mobilisation . Dans la même lignée, Patrick Bourdillon, secrétaire fédéral CGT santé demande quant à lui "une vraie revalorisation, qui soit significative".

De plus, pour l’instant, aucune annonce n’a été faite quant à la réouverture de lits, la non fermeture des hôpitaux, l’embauche et la formation de personnels. Autant de revendications portées par les soignants. Il apparaît dès-lors que les besoins des hôpitaux et de leurs personnels sont encore loin d’être satisfaits et qu’il va falloir amplifier la mobilisation. La conclusion que font Sud Santé dans son communiqué ainsi que le collectif Interurgences suite aux annonces d’Olivier Veran : « le 30 Juin partout en France #SegurRound2 ».

Un appel à se mobiliser et à se mettre en grève que des syndicats de médecins ont décidé, ce jeudi, de rejoindre. Et ce à l’heure où les principaux syndicats de médecins ne s’étaient pas joints encore aux mobilisations. La cause ? Alors que l’enveloppe de 6 milliards d’euros concerne le personnel hospitalier non médical, les 100 000 médecins hospitaliers, qui font partie d’une négociation à part, ont quant à eux toujours pas eu de retours quant à leurs revendications. Encore une fois, la division au sein du corps hospitalier est de mise.

Si le gouvernement n’a toujours pas lâché ne serait-ce que sur une partie des revendications des médecins, ces derniers évaluent leurs besoins à "près de sept milliards d’euros"."Nous demandons une enveloppe équivalente à celle qui sera octroyée aux personnels non médicaux", a déclaré le vice-président de l’APH Jean-François Cibien, jugeant par ailleurs "insuffisante" la somme promise au personnel non médical. Parmi les "16 propositions transmises au gouvernement" , se trouvent entre autre une revalorisation des grilles salariales, ainsi qu’une hausse de 300 euros net mensuel pour les internes.

Parmi les organisations de médecins appelant à rejoindre la mobilisation, figurent l’APH, l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH), l’intersyndicale des internes (Isni) et le syndicat Jeunes médecins. "Le préavis a été déposé par l’ensemble des organisations de personnels médicaux et non médicaux", a précisé le président d’Action praticiens hôpital (APH), Jacques Trévidic, jeudi 25 janvier.

Cette extension de la mobilisation, tout autant que son amplification sont primordiaux pour la suite de la lutte que mènent les personnels hospitaliers et pour qu’ils puissent obtenir l’ensemble des revendications pour lesquelles ils se battent. L’enveloppe de 6 milliards d’euros que compte donner le gouvernement est par ailleurs le fruit de cette mobilisation. D’où la nécessité de l’amplifier et la durcir, aux côtés de l’ensemble du monde du travail.

En effet, bien que cette somme soit insuffisante au regard des besoins, cette enveloppe représente bien plus que ce que lâche habituellement le gouvernement au système de santé public et à ses salariés. Comme l’affirme les Echos dans un article https://www.lesechos.fr/economie-france/social/segur-de-la-sante-olivier-veran-met-6-milliards-sur-la-table-pour-les-salaires-a-lhopital-1218195: « il est loin d’être négligeable par rapport aux enveloppes sectorielles mises sur la table ces dernières années, qui étaient très inférieures.Ce serait donc un protocole historique ».

Ce dernier l’a uniquement fait parce qu’il était sous pression. Sous pression de la rue, la mobilisation du 16 juin ayant été très forte, et de l’opinion publique, la crise sanitaire ayant mis lumière sur les effets de la casse de l’hôpital public et renforcé le soutien de la population envers la lutte acharnée que mène les soignants depuis plusieurs années. D’où la nécessité d’amplifier la mobilisation et d’être nombreuses et nombreux le 30 juin prochain.

Comme l’affirme Sud Santé Sociaux à la fin de son communiqué https://www.facebook.com/1569692569943952/posts/2706345572945307/ : « Ce n’est pas le Ségur qui a poussé le gouvernement à lâcher cette enveloppe. C’est la mobilisation massive des professionnel-les e des usager-es le 16 juin. Alors c’est par la rue et par une lutte sociale à la hauteur des enjeux que nous obligerons ce gouvernement à nous écouter vraiment et à changer de logique pour le monde d’après. »




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