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Séisme en Haïti, le bilan s’alourdit : l’impérialisme est responsable !

Samedi dernier, les habitants de Haïti ont subi un séisme dont le bilan ne cesse de s’alourdir. Avec les hôpitaux saturés, des milliers de maisons détruites et des équipes de secours toujours en action, l’approche de la tempête tropicale Grace inquiète la population. Un bilan humain et matériel qui, loin d’être dû à la simple catastrophe naturelle, vient d’années d’exploitation par les pays impérialistes.

lundi 16 août

Crédits photo : Stanley LOUIS / AFP

Samedi dernier, Haïti a été durement touché par un séisme qui, selon le dernier bilan, fait pour le moment environ 1 300 morts et 5 700 blessés. Les départements du Sud, de Grand’Anse et de Nippes situés au sud-ouest du pays sont les plus impactés.

D’une magnitude de 7,2 sur l’échelle de Richter, ce séisme a détruit 30 000 maisons] dans son passage en laissant nombreux habitants sans abri et d’autres qui craignaient rentrer chez soi par peur des répliques.
"Dans Los Cayos nous somme très impactés. Beaucoup de gens ont dû passer la nuit dans les rues car les maisons sont très affectés et la terre n’a pas arrêté de trembler ”explique un étudiant à El País
En pleine recherche de personnes bloquées ou disparues sous les encombres, les équipes de secours s’inquiètent de l’arrivée de la tempête Grâce qui se dirige vers Haïti et qui, selon le Centre National Météorologique des Etats Unis (NHC) “pourrait générer des fortes inondations soudaines et urbaines, ainsi que des possibles glissements du lundi au mardi”.

Une très mauvaise nouvelle pour les habitants sans abri et les soignants des hôpitaux qui se retrouvent déjà saturés : “Nous avons besoin de médicaments, de pansements, d’attelles, mais également de gants et de gazes et d’adhésifs.", remarque Arcérius Améthyste, administrateur de l’Hôpital Immaculée Conception des Cayes. Cayes étant une des villes les plus touchées du pays, son hôpital a du mal à faire face au nombre de blessés qui arrivent et le personnel se voit obligé de les placer sur “des bancs, des chaises ou allongés à même le sol sur des draps”, selon un article de 20 minutes. De son côté, Dr Titus Antoine Junior, témoigne du manque de moyens et personnel pour y faire face auprès de l’AFP, “Il y avait une accumulation de personne, c’était vraiment dur, et on n’avait pas de personnel” :

Un cauchemar qui ne finit pas, car une fois soignés, les médecins doivent se confronter à trouver une place pour les patients dans un endroit sécurisé à cause des possibles répliques et des fortes pluies qui arrivent, « Les gens ont peur de rentrer mais ce soir, on va avoir de la pluie. On va essayer de les faire rentrer dans cette salle-là car le toit est en tôle. Pour les enfants du service pédiatrique, on va essayer d’installer des tentes sur la cour  », remarque le Dr Michelet Paurus . Les médecins craignent le pire avec la tempête Grace : “S’il pleut autant qu’on le prédit, vraiment on ne sait pas ce qu’on va faire. C’est coup sur coup, on ne peut pas”.

Ce séisme est donc un désastre de plus dans un pays qui n’a pas fini de se récupérer de celui de juin 2010 qui avait laissé un lourd bilan de plus de 200 000 décès et 1,5 millions de sans abri et, dont les zones les plus touchées comme Les Cayes et Jeremie, étaient encore en train de s’en remettre de l’ouragan Matthew de 2016.

En effet, la forte récurrence des tremblements de terre en Haïti vient du fait que le pays se situe, comme l’indique National Geographicau bord de la plaque tectonique des Caraïbes, qui se déplace lentement.” Mais ce que souligne également ce même article c’est que même si en réalité ce ne sont pas les séismes les plus puissants, ce sont des plus mortels à cause de l’infrastructure précaire qui n’est pas faite pour résister aux séismes.

Dans ce sens, si bien cette catastrophe est dû à un phénomène naturel, les dégâts si mortels ne le sont pas réellement et pourraient être évités. Le problème est que les années de corruption, l’instabilité politique du pays et la dette externe, font d’Haïti le pays le plus pauvre du continent américain avec 60% de la population qui vit avec moins de 2 dollars par jour.
Autrefois connue comme la colonie la plus riche de France - avec des ressources telles que le sucre, le café et le coton - le pays s’est vu depuis toujours subordonnée aux intérêts des pays impérialistes ; que ce soit après son indépendance où il s’est vu imposer des dettes énormes par la France ou actuellement où elle fait face à la dette avec le FMI et régit par les besoins américains.

Comme nous l’avons écrit dans nos colonnes, les politiques en Haïti sont dictées selon les besoins des Etats Unis car “ l’impérialisme américain contrôle les principaux leviers économiques et institutionnels du pays depuis son intervention en 2004, contre le gouvernement de Jean Beltrand Aristide (qui avait déjà été renversé dès son premier mandat par une invasion américaine en 1993). Ceci avec le soutien d’une « force de maintien de la paix » multilatérale formée par l’ONU, appelée Minustahs“.

Nous envoyons tout notre soutien aux habitants de Haïti victimes des catastrophes naturelles qui ravagent le pays. Les conséquences dramatiques des tremblements de terre sont accrues par l’extrême pauvreté et le manque d’infrastructure résultat des politiques impérialistes !




Mots-clés

Catastrophe écologique    /    Impérialisme   /    Haïti