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Politique

Le gouvernement dément.

Selon le JDD, un confinement envisagé en IDF et Grand Est : « l’armée pourrait être mobilisée »

La situation évolue d'heures et heures. La rumeur enfle, avec des éléments avancés par le JDD, d'un confinement total envisagé en Ile de France et dans le Grand Est avec comme l’affirme le journal « L’armée pourrait [qui] être mobilisée pour veiller à l’application des restrictions de circulation ». En même temps, dimanche a été publié un décret évoquant des « affectations temporaires » de soldats. Si comme le gouvernement l’affirme, il travaille bien sur des hypothèses de confinement, pour l’heure, il dément tout intervention de l’armée, de même que le ministère des Armées qui affirme que ce décret est une simple adaptation administrative, sans lien avec la crise sanitaire du Covid-19. Premiers éléments de réponse avec l'allocution présidentielle ce soir à 20h.

lundi 16 mars

Crédits photos : LP/Olivier Lejeune

Au lendemain de la tenue du premier tour des élections municipales, le gouvernement pourrait franchir un cap dans les mesures de confinements pour lutter contre la propagation du Coronavirus, en particulier dans les deux régions les plus touchées par la pandémie.

Dans ce contexte, le JDD a annoncé qu’un confinement total était envisagé pour l’Ile de France et du Grand Est, avec un potentiel recours à l’Armée pour appliquer les mesures. « Face à ce manque de respect des consignes sanitaires, le gouvernement envisage le passage à un confinement total dans au moins deux régions : Grand-est et Ile-de-France, ont indiqué des sources concordantes au JDD. Ces deux régions sont celles où les hôpitaux sont déjà surchargés. L’armée pourrait être mobilisée pour veiller à l’application des restrictions de circulation », précise le Journal du Dimanche.

Le journal affirme que cette information proviendrait de deux sources concordantes. Bien sûr, il s’agit pour l’heure d’éléments à prendre au conditionnel. Face aux signaux persistants et concordant, de l’information du JDD à la publication d’un décret ce dimanche même ou y est évoquée une « liste des organismes d’accueil des militaires en affectation temporaire » amenant le Le Parisien à se questionner : « des militaires bientôt dans nos rues ? » interroge l’article. « C’est ce qu’ont cru comprendre certaines personnes en découvrant un décret du ministère des Armées, daté du vendredi 13 mars et publié ce dimanche au Journal officiel ».

Face à l’ensemble de ces faits plus que concordant, le gouvernement a démenti en bloc, par la voix de Sibeth Ndiaye : "Cette histoire de décret était une fake news". Toutefois, la porte-parole du gouvernement a indiqué qu’« il n’en demeure pas moins que nous examinerons toutes les mesures qui peuvent être utiles pour modifier en profondeur les comportements » sur les ondes de France Inter, tout en précisant que ne pas avoir « connaissance d’un déploiement de l’armée, mais il y a l’opération Sentinelle dans les rues depuis des années, qui sert aussi à nous protéger ».

L’allocution de Macron ce soir à 20h, après un déjeuner de travail « en format conseil de Défense » tenu ce midi pour décider de nouvelles mesures à prendre pour lutter contre la pandémie, devrait apporter des précisions.

Après les atermoiements et les hésitations, le gouvernement pourrait possiblement imposer la « discipline » par la force

Soyons clair, aux vues de l’extension de la pandémie mettant en danger les vies de plusieurs centaines de milliers, voire millions, de personnes, le confinement est une mesure indispensable, même si largement insuffisante, pour lutter contre le Coronavirus.

Toutefois, le fait que La République En Marche, du gouvernement aux députés, courent de plateau en plateau pour expliquer que le durcissement des mesures est indispensable face au manque de rigueurs de la population masque mal les responsabilités de l’exécutif. Une cacophonie incroyable, avec un Blanquer annonçant le matin que les écoles ne fermeront pas quand Philippe annonce le soir même leur fermeture. Ou bien encore le fait qu’Emmanuel Macron en personne s’affichait au théâtre la semaine dernière, expliquant que la vie devait continuer. Et bien sûr, le fait qu’hier encore, la macronie affirmé qu’il n’y avait aucun problème à tenir les élections municipales tout en annonçant la fermeture des bars, cinémas et autres restaurants.

Pire encore, les transports fonctionnent toujours, malgré les cri d’alerte qui commencent à s’élever et se concrétise par une multiplication des droits de retraits à la SNCF. Nous avons appris ce matin seulement que les usines PSA fermées enfin leurs portes, alors que la situation dans les usines, comme à Mulhouse, au cœur d’un des deux foyers de contaminations, est dramatique, comme l’expliquer en vidéo notre camarade Vincent Duse. Et c’est sans parler des alertes lancés depuis des années par les personnels médicaux, sur le manque de moyens humains et matériels, et qui se retrouvent aujourd’hui en première ligne face à la pandémie.

La possibilité ouverte par le gouvernement de mobiliser l’Armée pour un éventuel confinement de l’Ile de France et du Grand Est témoigne d’une forme de panique dans les hautes sphères de l’Etat due à une sous-estimation manifeste du problème sanitaire. Une sous-estimation dûe à la volonté de préserver en premier lieux les profits des grandes entreprises, comme le montre l’annonce très tardive de la fermeture des sites PSA et tandis que bien des secteurs non essentiels comme dans l’aéronautique ou bien encore l’armement continue de produire comme si de rien n’était. Et comme toujours, pour appliquer un tournant radical, le gouvernement entend imposer le confinement par la force. Une attitude qui démontre la nécessité de nous organiser par nous même pour lutter contre la pandémie, avec la mise en place de commissions indépendantes composées de scientifiques et des organisations du mouvement ouvrier et en suivant l’exemple des travailleurs italiens et de l’Etat Espagnol, qui face à l’intransigeance du patronat à mettre en danger nos vies pour continuer à faire tourner la machine à profits, se mettent spontanément en grève.




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