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Sept enfants tués par des frappes de drones américains à Kaboul : l’impérialisme tue

Quelques heures avant la date définie par Joe Biden pour le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, des drones de l’US air force ont fait au moins dix morts parmi les civils, dont sept enfants, le tout dans un silence médiatique assourdissant

mardi 31 août

Article initialement paru sur La Izquierda Diario.

Joe Biden a annoncé vendredi dernier que les Etats-Unis allaient attaquer l’État islamique en Afghanistan en représailles des attentats de jeudi sur l’aéroport de Kaboul. Les frappes de drones ont commencé le soir même et, selon des sources du Pentagone, elles auraient atteint deux des dirigeants de l’État islamique.

Les frappes des drones, qui se sont multipliées de façon exponentielle sous l’administration Obama, ont causé ce que les États-Unis appellent des « dommages collatéraux ». Ils désignent ainsi... les civils tués lors des bombardements. Et c’est exactement ce qui s’est produit ce dimanche. Une famille de Kaboul a rapporté que des frappes américaines ont tué 10 personnes, dont 7 enfants.

Selon le journal américain New York Times : «  Quelques heures après une attaque de drones américains à Kaboul dimanche, des responsables du département de la Défense ont déclaré qu’il avait fait exploser un véhicule chargé d’explosifs, éliminant ainsi une menace pour l’aéroport de Kaboul du groupe État islamique Khorasan. (ISIS- K) Mais lundi, des survivants et des voisins d’une maison familiale à Kaboul ont déclaré que l’attaque avait fait 10 morts, dont sept enfants, un travailleur humanitaire pour une organisation caritative américaine et un sous-traitant militaire américain. »

Selon le journal américain New York Times : «  Quelques heures après une attaque de drones américains à Kaboul dimanche, des responsables du département de la Défense ont déclaré qu’ils avaient fait exploser un véhicule chargé d’explosifs, éliminant ainsi une menace pour l’aéroport de Kaboul du groupe État islamique Khorasan (ISIS-K). Mais ce lundi, des survivants et voisins de la maison familiale ont déclaré que l’attaque avait tué dix personnes, dont sept enfants, un travailleur humanitaire d’une organisation caritative américaine et un entrepreneur de l’armée américaine  ».

Selon le témoignage : « Zemari Ahmadi, qui travaillait pour l’organisation caritative ‘Nutrition and Education International’, rentrait du travail après avoir quitté ses collègues dimanche soir, selon des parents et des collègues interrogés à Kaboul. Lorsqu’il est entré dans la rue étroite où il vivait avec ses trois frères et leurs familles, les enfants, voyant sa Toyota Corolla blanche, se sont précipités pour le saluer. Certains sont montés à bord dans la rue, d’autres se sont réunis alors qu’il garait sa voiture dans la cour de sa maison. C’est là qu’ils disent que le drone à effectuer sa frappe ».
Un opérateur de drone américain, probablement à des milliers de kilomètres du site, a donc « confondu » des enfants courant pour saluer leur famille avec un groupe de dangereux terroristes et a décidé décider de les assassiner. C’est cela que l’Amérique appelle des « dommages collatéraux ».

Le missile a explosé à l’arrière de la voiture et l’onde de choc a brisé les portes, les fenêtres et a répandu des éclats d’obus et des débris dans tout le quartier. « M. Ahmadi et plusieurs des enfants présents ont été tués sur le coup à l’intérieur de leur voiture ; d’autres ont été grièvement blessés dans des pièces adjacentes. Un fonctionnaire afghan a confirmé que trois des enfants tués étaient partis de la maison en ambulance dimanche ».

Ce type d’assassinats de civils à l’aide de drones est devenu une constante au cours des dernières années, tout particulièrement en Afghanistan au cours des 20 ans où les Etats-Unis ont occupé le pays. Des dizaines de milliers d’Afghans ont perdu la vie dans ce type d’attaques qui se sont multipliés atteignant leur point culminant sous l’administration Obama, surnommée "Le Seigneur des drones". Le calcul était simple : réduire au minimum les pertes de soldats américains sur le terrain en faisant fi des pertes civiles.

Suite aux attaques de jeudi dernier à proximité de l’aéroport de Kaboul -qui ont mis à mal les Etats-Unis en plein retrait désespéré après 20 ans d’occupation- Biden avait mis en garde, annonçant une « forte probabilité de nouvelles attaques » avant le retrait de ses troupes, fixée pour ce 31 août. Ils ont suite à cela mis en place plusieurs attaques « défensives » comprenant, selon des sources de renseignement, une attaque aérienne contre une voiture chargée d’explosifs à Kaboul, la destruction de deux missiles, et le meurtre de presque tout cette famille.
« Nous avons connaissance de rapports faisant état de victimes civiles suite à notre attaque d’aujourd’hui sur un véhicule à Kaboul », a déclaré dans un communiqué le capitaine Bill Urban, porte-parole du commandement central militaire américain.

Dans le communiqué empreint de cynisme, Urban a déclaré que les explosions étaient « puissantes » et l’armée cherchait à savoir si des civils avaient été tués. « Nous serions profondément attristés par toute perte de vies innocentes »

Son communiqué incluait des menaces de s’en prendre à l’État islamique pour tenter de dissimuler la réalité du déclin hégémonique des États-Unis. Un déclin renforcé par le retrait en catastrophe du pays et cimentée par les attaques de jeudi ; ces attaques qui démontrent une fois de plus leur mépris total pour la vie des Afghans.




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