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Manifestante blessée à Nice

Les Gilets Jaunes du 06 apportent leur soutien à Geneviève Legay et accusent les responsables politiques

Nous relayons le communiqué de presse des Gilets jaunes des Alpes Maritimes, exprimant leur soutien à Geneviève Legay, Gilet jaune de 73 ans grièvement blessée suite à une charge policière lors de l'acte 19. Ils dénoncent les violences policières et l'escalade répressive et liberticide en cours.

lundi 25 mars

Source

Communiqué de presse des Gilets jaunes du 06

Mme Geneviève Legay a été brutalement bousculée et projetée au sol par
les forces de polices, ce samedi 23 mars 2019 à l’entrée sud de la Place
Garibaldi.

Elle souffre de plusieurs fractures du crâne, au rocher (oreille
interne) et d’hématomes sous-duraux. Elle a été dans le coma plusieurs
heures, et son état a inquiété suffisamment pour que les médecins
réservent leur appréciation sur son pronostic vital durant toute la fin
de journée. Aujourd’hui, ses proches attendent de connaître l’étendue
des séquelles que Geneviève aura à supporter pour les jours, les mois et
les années à venir.

Nous, Gilets Jaunes des Alpes maritimes, accusons les responsables
politiques, locaux et nationaux, les responsables des hiérarchies
descendantes (préfectures, polices et assimilés) de fomenter la
violence, les tensions et de provoquer les drames innombrables qui
désormais affectent la population dans son ensemble.

Geneviève, envers laquelle nous exprimons notre soutien, notre
reconnaissance et nos vœux d’un rétablissement optimal, est hélas une
victime de plus dans ce long cortège d’éborgnés, de mutilés, de
défigurés, de traumatisés physiquement et moralement qui défile dans
toute sa morbidité, loin de l’exposition médiatique, depuis le 17
novembre.

Ce samedi, les forces de l’ordre se sont rendues coupables de nombreuses
illégalités.
- Les grenades et de LBD ne sont pas des armes offensives, ores à aucun
moment quiconque n’a vu un manifestant tenter d’agresser un représentant
de la loi.
- Les LBD ont encore été tirés à hauteur de tête (une oreille coupée en
deux ce samedi à Nice en témoigne)
- Les forces de l’ordre, après dispersion (quartier St Philippe), ont
poursuivi les manifestants dans les petites rues (hors périmètre
« interdit »). Elles y ont fait usage d’armes urbaines (LBD, matraques, blessant plusieurs personnes sans nécessité légale (plusieurs
agressés ont dû se rendre à l’hôpital).
- Nombre d’arrestations arbitraires effectuées sur des personnes n’ayant
aucune attitude vindicative.

Rappelons aussi que depuis 19 semaines, aucune déprédation n’a été
constatée sur Nice du fait des Gilets Jaunes ; pas un rétroviseur
arraché, pas même un verre brisé en terrasse des cafés…
Ainsi le déploiement des forces de l’ordre ce samedi 23 mars a été
disproportionné, exagéré, démesuré dans la volonté expresse de faire
montée la tension, de faire peur à la population, d’instrumentaliser le
mouvement des Gilets Jaunes à des fins de communication médiatique,
politique et électorale.

Comme Geneviève, nous avons seulement et strictement manifesté de façon
pacifique et, braver un arrêté préfectoral dans ces conditions ne
justifie en rien l’exercice violent de la force.
En matière de maintien de l’ordre, le respect de la proportionnalité des
moyens employés au regard de « contrevenants » est une règle absolue,
que ce soit dans la rue, en matière militaire, judiciaire ou autre.

Devant ces faits et suite à ces rappels, les Gilets jaunes constatent
que les différents pouvoirs sensés régir l’ordonnance républicaine et
démocratique ont perdu la mesure de leur mission et sont désormais
entrés dans un exercice irrationnel de leur mandat.

Les Gilets Jaunes s’inquiètent de la disparition du contrat social qui
garantit les conditions de la vie démocratique dans notre pays.
L’obscurantisme a pris le pas sur la pensée éclairée qui doit
promotionner le bien commun.

Les Gilets Jaunes constatent la négation totale de leurs revendications
malgré ce que cherche à faire accroire le pouvoir en place.
La seule réponse que l’ont reçoit depuis des mois est la violence brute
des pouvoirs publics.
La seule arme que nous portons est une opinion contraire à celle du
gouvernement.

Geneviève vient hélas se ranger aux côtés des victimes trop nombreuses
des dérives du pouvoir. Nous lui souhaitons le meilleur rétablissement
possible. Comme nous souhaitons celui de toutes les autres victimes
physiquement atteintes par les forces de police aux ordres d’un
gouvernement dont nous contestons la légitimité.
Cette contestation affichée relève encore de notre droit ...sauf si nous
ne sommes plus dans cette démocratie dont le pouvoir se revendique en
toute duplicité au vu des forfaitures dont il se rend coupable jour
après jour, semaines après semaines.

Les Gilets Jaunes des Alpes maritimes *

* Les gilets jaunes n’étant pas un groupe constitué, ce communiqué n’est
l’émanation que d’un cercle élargi de personnes actives dans le
mouvement mais préjuge, malgré cette réserve, qu’il témoigne du ressenti
de tous ceux qui les accompagnent régulièrement.




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