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Jeunesse

Propagande

Service National Universel : l’enrôlement de la jeunesse dès 15 ans

Ce sont 1500 jeunes qui se seraient déjà inscrit pour la phase pilote du Service National Universel d'après Gabriel Attal secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'éducation. Une promesse de Macron, un retour du service militaire qui ne s'avoue pas.

mardi 26 mars

La phase test de ce Service National Universel accueillera à partir de l’été 2019 des jeunes volontaire ayant fini leur troisième (15/16ans) et s’organisera sur un mois obligatoire divisé en deux semaines de "phases préparatoire" ou les jeunes seront hébergé collectivement dans des bâtiments de l’armée, et deux semaines "d’engagement" citoyen encore flou.

Sous couvert d’engagement citoyen et d’insertion sociale et professionnelle, c’est une véritable arme de propagande républicaine qui se met en place. Les jeunes encadré par des militaires gouteront au quotidien du métier grâce à l’hébergement en caserne et au port de l’uniforme. Ils auront le droit à une propagande d’Etat bien lissée, rappelant les saintes valeurs de la République.

A l’heure où le dispositif répressif se durcit, on se doute bien du contenu de ce discours national sécuritaire qui justifie toutes les dérives de répression policière, surveillances et fichages de la population. Une politique qui touche également la jeunesse, qu’il s’agisse de la répression du mouvement contre la sélection, du fichage S des lycéens d’Arago arrêtés ou encore de l’extrême-violence avec laquelle le gouvernement a tenté d’éteindre la jonction entre lycéens et Gilets jaunes cet hiver.

Après ce stage militaire, il leur sera proposé une "mission d’intérêt général" facultative allant de 3 à 12 mois, où il s’agira de "s’engager davantage encore dans la défense, l’environnement, l’aide à la personne, le tutorat, la culture" selon Blanquer. Une extension du principe du service civique, qui « permet » à des milliers de jeunes de réaliser des stages autour de mission d’intérêt général… à condition d’accepter, ou de pouvoir assumer, d’être payés bien en dessous du SMIC. Une extension qui s’inscrit par ailleurs dans les propositions issues du contexte post-Charlie Hebdo, visant à reconstruire la cohésion sociale par la mise au travail, et au pas, de la jeunesse.

Sur le site d’inscription on dirait presque que l’on s’inscrit à une colo citoyenne où l’on pourra rencontrer d’autre adolescents voulant eux aussi s’engager. Pourtant les informations du site rappellent bien les objectifs du gouvernement : la transmission d’un socle républicain, le renforcement de la cohésion nationale et le développement d’une culture de l’engagement. Autant de mots derrière lesquelles on entend résonner : "propagande d’Etat". Pour le gouvernement il serait plutôt question de former des petits soldats de la République capable de remettre à sa place celui qui ne suivra pas l’ordre établi.

En s’adressant désormais à des jeunes sortis du collège, le gouvernement cherche à prévenir la révolte de plus en plus tôt. Une nécessité qui apparaît de plus en plus pressante à la lumière de la capacité éruptive des lycéens, l’hiver dernier aux côtés des Gilets jaunes, et plus récemment en faveur du climat. Loin d’avoir besoin des stages d’engagement du gouvernement, c’est contre le gouvernement même que la jeunesse s’engage d’ores et déjà.




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