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Politique

Réforme des retraites

« Service minimum » à la SNCF : Bertrand veut en finir avec le droit de grève pendant les vacances

A l’approche d’une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, Xavier Bertrand appelle à instaurer un service minimum dans les transports. Une petite musique qui s'installe ces derniers jours et présage d'une attaque contre le droit de grève.

mercredi 25 janvier

Crédits photo : AFP/Kenzo Tribouillard

Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, s’est exprimé ce mercredi matin sur LCI. Ressortant encore et toujours la rengaine de « la prise d’otage » par les syndicats, celui-ci a dénoncé les mobilisations en cours et la possibilité de grèves mi-février à la SNCF, expliquant : « cibler à chaque fois les vacances pour bloquer les Français, évidemment que c’est un abus, et d’ailleurs nos lois doivent évoluer ». 

Le président de la région Hauts-de-France a ensuite ajouté : « Le droit de grève est constitutionnel, d’accord, mais les abus et les excès du droit de grève, ce n’est pas possible de les tolérer ». Une déclaration qui fait référence à la question du service minimum, que la droite voudrait instaurer pour empêcher les travailleurs de se mettre en grève et limiter leur capacité de résistance.

Une vieille tradition chez Xavier Betrand qui, en 2007, lorsqu’il était ministre du Travail de Sarkozy, a travaillé à la limitation du droit de grève dans les transports, en obligeant par exemple les grévistes à se déclarer 48 heures à l’avance.

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Un discours qui vient s’ajouter à l’offensive anti-grève des derniers jours. Alors qu’en décembre dernier déjà, au moment de la grève des contrôleurs, Olivier Véran avait annoncé l’amorce d’une réflexion sur la mise en place d’un service minimum, la macronie est aux aguets ces derniers jours.

Mardi, le ministre des transports, Clément Beaune, a repris les éléments de langage du gouvernement en expliquant vouloir « trouver des solutions pour assurer la continuité du service public en toutes circonstances ». Une sortie qui fait suite à celle d’Aurore Bergé contre les « blocages ».

Côté média, l’Opinion, fulminait de son côté contre la « complaisance envers les actions radicales » de la CGT, avant de critiquer le retard du gouvernement à « renforcer le service minimum garanti » et d’insister sur le « devoir de travail ».

La mise en place d’un service minimum au prétexte de défendre les usagers (par ailleurs majoritairement opposés à la réforme) est une marotte de la bourgeoisie française pour s’attaquer au droit de grève en affaiblissant son impact. L’offensive revient logiquement sur le devant de la scène dans un moment où la bourgeoisie craint une grève massive, comme le cela était déjà le cas ces derniers mois en Angleterre où le gouvernement a présenté un ensemble de loi anti-grèves, dont l’instauration d’un « service minimum » pour les travailleurs des transports, de l’éducation, de la santé, des pompiers et du nucléaire.