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Notre classe

"ils tuent l'emploi et montrent les chômeurs du doigt"

"Si je me bats aujourd’hui" : le coup de gueule d’une gilet jaune aide soignante

mercredi 9 janvier

Je me bats aujourd’hui parce qu’on a tous un même dénominateur commun, les grandes finances, les grands patrons, les actionnaires, le gouvernement... Pour moi, ils font parti de la même caste qui, pour récupérer quelques euros, sont prêts à tuer des millions d’emplois, à nous faire travailler toujours plus au sens où on effectue le travail de 2 voire 3 personnes pour un salaire de merde.

Ils tuent l’emploi et montrent les chômeurs du doigt. Sauf qu’il y a 8 millions de personnes sans emploi (un tiers d’actifs) et il y a 2 millions d’offres d’emploi. En sachant qu’ils continuent de supprimer des postes : 120 000 postes de fonctionnaires vont être supprimés cette année et ce ne sera ni des postes de ministre, ni de député.

On échange les emplois contre des robots pour que cela coûte moins cher. Pas parce que c’est la crise. Mais pour toujours s’en mettre plus dans les poches. Et quand on décide d’ouvrir notre gueule, on risque d’être matraqués, flash-ballés, condamnés à la prison FERME avec des amendes surévaluées, tous ça pour nous maintenir dans le mutisme.

On placarde nos enfants dans des classes de plus de 30 pour qu’ils apprennent. On oublie nos vieux dans des EHPAD pour qu’ils soient juste présentables et sans geste d’amour ou de douceur par les soignants parce que c’est une faute professionnelle. On laisse mourir des gens sur des brancards parce qu’on est débordés. On laisse des gens mourir dehors parce qu’il n’y a plus de place au 115. On mange de la merde qui provoquera à long terme des cancers parce que la nourriture saine coûte trop chère. On tue nos agriculteurs par des contrats avec des grandes entreprises qui transforment leurs produits en merdes et ne permettent pas de se sortir un salaire.

On ne reconnait même pas le burn-out comme maladie professionnelle parce que ce serait mettre notre nez dans le caca. On exploite des étrangers sur nos chantiers parce que ça nous coûte moins cher. On met la pression aux salariés pour qu’ils soient de plus en plus rentables, les traitants comme des sous merdes provoquant des arrêts maladies pour ensuite les traiter de fainéants ou fermer les yeux sur les suicides en cherchant une raison familiale à ce geste.

On fait passer des lois comme les 80km/h, plus de radars pour réduire le nombre de morts sur les routes alors que le taux de suicide est bien plus élevé mais eux ne rapportent rien. Au contraire ça nous coûterait.

Des "on", il y en a tellement. Mais pouvons-nous nous permettre de fermer les yeux ? Nous dire que la vie est comme ça et ceux qui refusent d’adhérer à ça, sont des fainéants, des extrémistes, des homophobes, des antisémites, des radicalisés. Pourquoi ne dirait-on pas plutôt que nos plus belles parts d’être humain se sont réveillées : la solidarité et la réelle justice. Soyons de plus en plus nombreux avant qu’il ne soit trop tard

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