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Singapore Airlines. Le groupe annonce la suppression de 4300 postes ! 

Dans la continuité de la vague de licenciements dans le secteur aéronautique et du transport aérien, le groupe Singapore Airlines (SIA) a annoncé la suppression de 4300 postes. Alors que le groupe cherche à relancer l’activité à tout prix, il attaque du même coup des milliers de salariés.

vendredi 11 septembre

Crédits photo : Getty Image

L’hécatombe continue dans le secteur de l’aéronautique et du transport aérien. Le groupe Singapore Airlines (SIA) a annoncé la suppression de 4300 emplois, ce qui équivaut à environ 20 % de ses effectifs. Le groupe prépare le plus grand plan social depuis sa création en 1947, suivant la vague de licenciements massifs dans le secteur aérien, dont le nombre de suppressions de postes paraît irréel tant les chiffres sont élevés : 12.000 emplois chez British Airlines, 6.000 chez Quantas, ou encore les 25.000 annoncés par la compagnie Américan Airlines pour le mois d’octobre.

Le groupe SIA, selon Le journal de l’aviation, employait plus de 28.000 personnes, dont 17.000 chez Singapore Airlines et près de 4.000 dans ses filiales SilkAir et Scoot, l’un transporteur régional et l’autre compagnie à bas coûts. Impacté comme tout le secteur par la crise sanitaire puis par la crise économique, le groupe avait déjà pris des mesures durant ces derniers mois engendrant la suppression de 1.900 postes, à coups de « départs naturels et volontaires » et par le « gel des embauches ». Ce sont donc 2.400 postes supplémentaires qui vont être amenés à disparaître. Cependant, lors des communications, Goh Choon Phong, le directeur général du groupe déclarait éhontément que « l’avenir reste plein de défis », alors qu’ils renvoient plus de 4.000 salariés au chômage, les poussant dans un avenir qui s’annonce non pas de « défis » mais de misère.

 Justifiant ce plan social massif comme « le résultat d’une crise mondiale sans précédent qui a englouti l’industrie aérienne » et s’appuyant sur une dépendance – réelle – de Singapour au trafic international, Goh Choon Phong omet de parler du chiffre d’affaires record de 16,3 milliards de dollars singapouriens, (équivalant à 10,6 milliards d’euros), enregistré par le groupe pour l’année 2018-2019, tout en n’évoquant pas non plus les engagements de financements de 19 milliards de dollars singapouriens (près de 12 milliards d’euros) obtenus en mars pour faire face à la crise, ainsi que les 15 milliards de dollars singapouriens levés auprès de ses investisseurs.

Des milliards qui, au lieu d’être investis pour que les salariés ne soient pas ceux qui paient la crise, sont dépensés pour relancer à tout prix l’activité du groupe. Etant à 8 % de la normale actuellement, le groupe cherche en effet à porter ce chiffre à 11 % d’ici le mois de novembre en augmentant son réseau global, et ce en le développant en Europe, étant de retour à Paris-CDG depuis la mi-juillet, et s’étendant dans 9 autres aéroports européens, l’objectif étant d’atteindre 50 % de la normale d’ici à mars 2021.

Alors que le groupe SIA part à la recherche de nouvelles destinations, il en profite au passage pour mettre 4000 salariés à la porte. Face aux plans de licenciements massifs, de chantage à l’emploi et des baisses de salaires que cherchent à imposer la classe dominante, il est nécessaire que les travailleurs du secteur du transport aérien, tout comme le secteur de l’aéronautique, s’unissent contre le patronat en revendiquant 0 licenciements et 0 baisses de salaires, pour que ça ne soit pas les travailleurs mais bien les capitalistes qui payent la crise qu’ils ont eux mêmes engendrés. 




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