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Notre classe

Enième PSE

Sodexo, géant de la restauration collective, annonce 2500 licenciements

Alors même que le reconfinement vient d'être mis en place, Sodexo, un des géants de la restauration collective en France, lance une nouvelle attaque contre notre classe et prévoit de licencier près de 2500 salariés en France.

samedi 31 octobre

Sodexo est une entreprise multinationale à plusieurs branches couvrant plusieurs secteurs d’activités à travers le monde, allant de la restauration collective à la garde d’enfants en passant par la réinsertion pénitentiaire. Dans le domaine de la restauration collective, le géant officie à la fois dans les entreprises et les administrations ou encore les écoles, les hôpitaux ou les prisons.

Employant 470 000 salariés à travers le monde, Sodexo est un géant international implanté dans 67 pays. Il est le groupe n°2 du secteur au niveau mondial derrière Compass.

En France, l’entreprise emploie des milliers de personnes dans le secteur de la restauration collective et maintient un statu-quo avec ces deux autres concurrents de la branche sur le marché, Elior (9000 employés) et Compass.

Deux jours avant le retour du confinement en France, la direction de Sodexo annonce un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) qui devrait concerner près de 2500 employés. 2083 postes concernent le segment des services aux entreprises, une centaine d’emplois devraient également en pâtir à leurs sièges dans les Hauts de Seine, et 197 concerneraient Lenotre, un traiteur et pâtissier en sous traitance possédé par le géant.

Sodexo n’est pas le seul à avoir annoncé des PSE massif dans ce domaine ; Elior, son concurrent, en fait tout autant et veut lui aussi supprimer 1888 emplois en France. Compass se dirige également vers ce même genre de mesures pour arrondir les pertes de profits du secteur de la restauration collective liées à la désertion des restaurants d’entreprise due entre autres à l’augmentation du télétravail depuis la crise sanitaire du Covid-19.

Le retour des mesures liées au confinement telles que le chômage partiel n’est sans doute pas étranger à ces annonces, mesures qui avait déjà coûté au taux de profits du géant Sodexo alors que près de la moitié du personnel était concernée par le chômage partiel au plus haut du pic épidémique et que certains d’entre eux n’ont toujours pas repris depuis Mars. Cela concerne encore 5000 à 6000 personnes aujourd’hui et n’arrange en rien les affaires des patrons capitalistes de Sodexo refusant de rogner sur leurs profits.

Sodexo justifie ce PSE par les résultats annuels du groupe publiés ce jeudi matin qui annoncent une perte de 315 millions d’euros pour l’année 2019-2020 (août) alors que l’entreprise avait réalisé un bénéfice de 665 millions d’euros l’année précédente. Mais ces résultats ne sont que partiels et ne prennent pas en compte la diversité des activités de Sodexo à travers le monde et les bénéfices qui lui sont liés. En cela, il est important de réclamer la fin du secret des affaires et une transparence totale sur les comptes des entreprises et multinationales qui souhaitent licencier. Sodexo et ses concurrents feraient faillite ? Qu’ils le prouvent en donnant la visibilité sur l’ensemble des comptes de la multinationale et de ses filières.

D’autre part, il est bon de rappeler que Sodexo n’a pas besoin de conjoncture particulière pour mener des attaques contres leurs salariés ; on se rappelle la guerre qu’avait menée le groupe a Dreux contre 62 de ses employés en grève, poussant certains d’entre eux à mener une grève de la faim de 18 jours pour espérer se faire entendre de leurs directions.

Face aux attaques du patronat, la nécessité d’avoir un plan de bataille à la hauteur

Selon Éric Villecroze, délégué syndical FO (1ère organisation syndicale du groupe), «  on ne peut pas payer une note aussi élevée, on pense qu’il est possible de facilement ramener le nombre de suppressions de postes à 1 000  »

Sodexo, avec sa grande diversité dans ses activités pourrait, selon Eric Villecroze permettre une mobilité interne qui permettrait des positionnements sur les branches qui ont été moins impactées par la pandémie, notamment dans les crèches ou dans le secteur médico-social. Il propose également que « Sodexo doit fournir aux salariés concernés par le plan social et qui voudraient exercer une nouvelle profession au sein du groupe, la formation nécessaire  ».

Des propositions minimales, qui déboucheront malgré tout sur les postes en moins. Il est nécessaire de proposer un plan plus ambitieux, ne négociant plus les miettes aux capitalistes mais remettant en cause la logique qui touche l’ensemble du monde du travail : faire payer la crise aux travailleurs.

Crédits photo : AFP




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