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Solidarité ouvrière : 100% des ouvriers de Neuhauser en grève contre un licenciement

Ce lundi, les Neuhauser de l’entreprise de boulangerie industrielle se mettent en grève face à un licenciement. Ils dénoncent les méthodes crasseuses de la direction qui cherche à tout pris à faire fondre les effectifs pour maximiser les profits.

lundi 28 juin

Ce samedi, un chef d’atelier de l’entreprise de boulangerie industrielle Neuhauser, en Moselle, a eu la surprise de découvrir une lettre de licenciement. En l’apprenant ce lundi matin, l’entièreté des salariés de l’entreprise se sont réunis en Assemblée Générale, dès l’embauche à 5h du matin. Ils y décident de ne pas démarrer la production pour protester contre ce licenciement.

En effet, les motifs douteux de ce licenciement sont à l’image de la stratégie patronale. Deux ans après l’arrivée du nouveau directeur sur le site de production, les effectifs fondent à vue d’œil passant de 252 employés à 230. L’objectif est simple, faire des économies dans l’intérêt du patron et sur le dos des employés. On vérifie cette stratégie quand on sait que cet employé faisait partie, d’un atelier avec 3 équipes mais 5 chefs d’atelier, ce qui fait visiblement deux salaires de trop pour un directeur avide de profit.

Selon la CGT Neuhauser, le chef d’atelier est accusé de « ne pas avoir assumé ses responsabilités ». La direction s’appuie sur une erreur faite le 14 mai 2021 où l’employé aurait oublié de transmettre à sa hiérarchie un papier attestant du départ anticipé d’un chef de ligne, papier qu’il s’est empressé de ramener dès qu’il s’est rendu compte de son erreur. C’est donc pour cette petite faute que ce chef d’atelier est licencié pour "manœuvres frauduleuses” après plus de 30 ans au service de cette entreprise.

En vérité, les manœuvres frauduleuses ne viennent pas d’un employé qui a oublié un papier après avoir commencé le travail à 5h du matin. Elles viennent de l’entreprise Neuhauser, boulangerie industrielle du groupe Soufflet, géant de l’agroalimentaire, qui vient d’être racheté par la coopérative Invivo, un groupe qui va représenter 10 milliards de chiffre d’affaires. C’est avec des méthodes de licenciements abusives, sans PSE pour ne pas faire de bruit, que les patrons continuent de s’enrichir.

Lundi midi, 100% des employés postés de la production et des services annexes (qualité, ménage, maintenance approvisionnement...) présents sur le site se sont confrontés au directeur, en remettant en question son droit de licenciement, il n’avait que des bégaiements à leur répondre. Si certains appellent à faire une grève complète, tous ont décidé de débrayer une heure chacun ce qui permet de bloquer la production pendant 4 à 5 heures par poste, le temps de rallumer les machines, sans qu’ils aient tous à perdre trop d’argent, leur permettant ainsi de tenir plus longtemps.

Les salariés ne lâcheront pas tant que la direction n’aura pas reculé sur le licenciement de ce chef de ligne qui a déjà subi deux PSE depuis 1989, date de son recrutement. Après un an et demi de pandémie, cette entreprise n’a jamais fermé, laissant ses employés en première ligne face à la pandémie. La direction refusait de donner la prime covid qui leur était due. Ce sont 10 jours de grève sur trois sites différents qui ont permis aux travailleurs d’arracher cette maigre somme. Ce licenciement n’est qu’une continuité du mépris porté par la direction envers les salariés. Ils sont cependant déterminés à construire un rapport de force pour revendiquer 0 licenciements et dénoncer les méthodes crasseuses de la direction.

Pour soutenir le camarade licencié et les camarades en grève, signez la pétition ici !




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