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Face à la répression policière

Solidarité avec Frédéric, ouvrier amputé d’une main par une grenade le 1er décembre à Bordeaux

Frédéric Roy, 35 ans, est lamaneur au port de Bordeaux : il est en charge des opérations d’amarrage et d’appareillage des bateaux. Mais depuis le 1er décembre, la vie de cet ouvrier père de 2 enfants a basculé, lorsque sa main a été amputée par une grenade lors de l’acte 3 des Gilets Jaunes.

dimanche 20 janvier

Photo : E. Artigue-Cazcarra / Sud-Ouest

La violence policière a été d’une brutalité inouïe pendant les manifestations des Gilets Jaunes, partout en France et à Bordeaux particulièrement, la «  belle endormie  » qui se réveille et où les Gilets Jaunes de toute la Gironde sont de plus en plus nombreux à se donner rendez-vous samedi après samedi.

Les images et témoignages des blessures graves déferlent sur les réseaux sociaux, après avoir été complètement effacées des grands médias pendant deux mois. Les tirs de flashball visant la tête ont fait beaucoup de blessés graves, plusieurs personnes ont perdu un œil, des visages ont été défigurés, et rien qu’à Bordeaux, deux hommes ont eu la main arrachée. Ces blessures sont d’une gravité extrême. Ces mutilations et exactions ne peuvent pas rester impunies et c’est pour cela et pour les générations futures que nous allons continuer à nous battre.

Le 1er décembre, Frédéric Roy était monté à Bordeaux pour manifester avec les Gilets Jaunes dans l’espoir d’un avenir meilleur pour ses enfants. Il est ouvrier, et comme tout ouvrier, il n’avait que la force et le travail de ses mains pour patrimoine. Il se retrouve aujourd’hui invalide, après avoir perdu sa main, arrachée par une grenade au cours de la manifestation. Il est probable qu’il ne puisse pas être reclassé dans son entreprise... une vie de travail s’écroule. La reconstruction va être difficile, les douleurs sont insoutenables.

Mais Frédéric ne souhaite pas en rester là et souhaite que son récit soit connu et largement relayé, pour que ces violences policières ne restent pas sous le tapis. Ainsi, il a livré son témoignage à Libération, dont nous relayons ces extraits : “J’ai vu cette grenade tomber à côté de moi. Mon premier réflexe a été de vouloir la repousser : j’avais peur qu’elle m’explose au visage. J’ai senti un énorme souffle. Quand j’ai vu ma main droite, j’ai compris… Toutes les chairs étaient brûlées, ça saignait à peine. On m’a fait un garrot, mis sous une couverture de survie. J’ai été amputé au niveau du poignet.”

Depuis le 1er décembre, sa vie a basculé : “J’ai réussi à expliquer à mes enfants de 9 et 12 ans ce qui s’était passé. Aujourd’hui, ils me coupent ma viande (…). Les nuits aussi sont difficiles. J’ai des douleurs en permanence. (…). J’ai une perte de salaire conséquente : comment vivre avec 700 euros mensuels ? J’ai un crédit immobilier, deux enfants à nourrir. Je vais essayer de leur proposer des solutions, mais j’ai peur de perdre mon boulot”.

Nous invitons nos lecteurs à contribuer à sa cagnotte de solidarité. Toute collaboration, aussi minime qu’elle soit, peut aider Frédéric si nous sommes nombreux à faire un geste.

Mise-à-jour : suite au boycott de Leetchi par de nombreuses personnes après la fermeture de la cagnotte de Christophe Dettinger, Frédéric a ouvert une nouvelle cagnotte sur LePotCommun. Les deux cagnottes restent valables.

A Bordeaux, un collectif contre les répressions policières s’est monté afin de “recenser toutes les personnes blessé.e.s lors des manifestations, ou ayant été victimes de répression physique, psychologique ou juridique”.

Pour nous transmettre vos témoignages concernant la répression des Gilets Jaunes, ou pour nous faire part des mobilisations ayant lieu dans votre région, nous transmettre récits, photos et vidéos, écrivez-nous par mail à siterevolutionpermanente@gmail.com.




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