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Notre classe

Convergence des luttes

Vidéo : Solidarité des hospitaliers avec les migrants

Timur Chevket et Eliane Lefloch « Ça fait trois semaines qu'on lutte, ce n'est pas le moment de lâcher ! ». Le ton est donné à l'assemblée générale du personnel de l'hôpital Bretonneau. Les travailleurs de l'AP-HP poursuivent la grève pour le retrait du plan Hirsch. Inauguré en 2001 et spécialisé dans la gériatrie, l'Hôpital ne se situe pas très loin du campement de fortune des migrants du jardin d'Eole, dans le 18ème arrondissement de Paris.

mercredi 17 juin 2015

Depuis leur page FB le personnel en grève de Bretonneau raconte sa lutte. C’est aussi par le biais des pages de solidarité sur les réseaux sociaux que plusieurs travailleuses de l’hôpital ont suivi le combat des migrants. Alarmées par la situation d’extrême précarité des réfugiés expulsés de La Chapelle, puis de la Halle Pajol, des travailleuses de l’hôpital ont décidé de témoigner de leur solidarité et de leur attachement à un système de soins public et gratuit.

Un geste fort et un attachement à la santé pour toutes et tous

Mercredi 17 juin, après l’assemblée générale qui a organisé les suites de la grève de l’AP-HP, plusieurs travailleuses de l’hôpital ont décidé de mener une action en soutien aux migrants.

Profitant d’un vernissage organisé au sein de l’hôpital, elles ont pris la parole pour sensibiliser les personnes présentes sur la situation des dizaines de personnes qui campent sur plusieurs lieux de Paris. Elles ont en même temps interpellé un membre de la direction de l’hôpital présent en lui intimant de prendre ses responsabilités et d’assurer les médicaments et l’accès aux soins pour les migrants.

Puis, chargées de denrées alimentaires récoltées auprès de leurs collègues, elles se sont rendues en début de soirée au jardin d’Eole. C’est à l’assemblée générale des réfugiés qu’elles ont pu passer leur message solidaire : « A l’hôpital public en France, on reçoit tout le monde, moyens ou pas, c’est les soins pour tout le monde ». Tout l’enjeu de leur lutte c’est que cela puisse continuer ainsi, et dans de bonnes conditions, pour le personnel et pour les patients.

Un exemple à suivre

Alors que le mouvement de soutien aux migrants a commencé à s’amplifier mardi, mais peine encore à être réellement pris en charge par les syndicats, le geste des travailleuses de l’hôpital Bretonneau devrait servir d’exemple.

Car c’est seulement si le mouvement ouvrier organisé prend ses responsabilités qu’il sera possible de créer le rapport de forces nécessaire pour faire reculer le gouvernement et la mairie de Paris, et mettre fin à la catastrophe humanitaire qu’implique de continuer à laisser dormir dehors des dizaines de personnes, dont des enfants et des femmes enceintes.

C’est également une démonstration concrète sur la nécessité de faire converger toutes les luttes des travailleurs et des secteurs les plus démunis contre l’ennemi commun.

C’est en fin la preuve qu’un vrai service public hospitalier à destination de tous et toutes, loin des logiques de rentabilité du plan Hirsch, marcherait bien mieux sous contrôle de ceux qui le font tourner.

17/06/15



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