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Politique

Comme l'an dernier...

« Solidarité entre les travailleurs » ? Yves Veyrier (FO) n’a pas appelé à manifester

« Chaque année les syndicats se mobilisent, chaque année ce n'est pas une grande journée » a déclaré Yves Veyrier, secrétaire générale de la centrale Force Ouvrière lors de son meeting, pour justifier son refus d'appeler à la manifestation du 1er mai à Marseille. Pourtant, au lendemain des annonces de Macron, la manifestation du 1er mai, a tout d'une journée test pour le pouvoir.

mercredi 1er mai

Crédits photos : PHOTO MCB

« Journée test pour le pouvoir ». C’est l’axe que prennent tous les commentateurs politiques pour décrypter cette journée du 1er mai. Au lendemain des annonces de Macron, le pouvoir veut absolument éviter que la traditionnelle journée du 1er mai prenne un caractère massif et politique. Il a choisi pour cela, par la voix de Christophe Castaner et de Laurent Nunez, de faire tout pour la restreindre par la répression et une technique de maintien de l’ordre « allant au contact », n’hésitant pas, y compris à s’en prendre aux cortèges syndicaux sur Paris.

Et pourtant, l’attitude de certaines organisations syndicales est clairement ambiguë. Du côté de Force Ouvrière, première organisation syndicale sur la ville de Marseille, le dirigeant de la centrale a décidé de ne pas appeler à la manifestation dans la cité phocéenne, contrairement à la CGT, la FSU, Sud, et des organisations politiques du mouvement ouvrier comme la France Insoumise et le NPA. Ailleurs, la centrale a appelé à manifester de manière séparée sous prétexte d’un « pluralisme syndical ».

En lieu et place de la manifestation marseillaise, FO a tenu un meeting durant lequel Yves Veyrier a fait preuve d’une radicalité... toute en parole. « Il se dit prêt à appeler à la grève » rapporte le journal La Provence. « On doit arriver à convaincre tout le monde que si on arrête le travail, le même jour, de façon nombreuse voire majoritaire, on aura l’écoute » poursuit-il dans cette interview. Et si, face à la future réforme des retraites, le patron de FO appelle à mette en place une bataille conjointe, en attendant, ses choix d’action sont plutôt à la division qu’à l’union syndicale face à Macron...

Et s’il déplore et redoute les « violences » pour ce 1er mai, assurant qu’elle ne « sert pas la cause que représente le 1er mai pour les syndicats », qui doit, selon ses dires, être un symbole de « solidarité au point international, entre les travailleurs du monde entier », Veyrier ne semble pas non plus prêt à soutenir l’expression ouvrière qui passe par la mobilisation des Gilets Jaunes. En espérant que les militants et la base de la centrale ne s’y trompe pas...




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