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Politique

Aucune confiance !

Sondage. 76% de la population pense que le gouvernement a menti sur les masques

Selon un récent sondage d’Odaxa publié par le Figaro, 76 % de la population pense que le gouvernement leur a menti sur les masques "en les dissuadant d’en porter parce qu’il n’y en avait pas assez pour les soignants." Le gouvernement paie ainsi sa gestion chaotique de la crise.

vendredi 10 avril

Crédits photo : © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Après un mois de confinement et alors que le pic de la pandémie devrait être atteint à la mi-avril, le gouvernement ne met toujours pas en place les moyens financiers, matériels et humains nécessaires pour lutter contre la crise. Selon un sondage d’Odaxa publié par le Figaro, plus des trois quarts de la population pensent, que sur les masques, le gouvernement n’a été ni « clair », ni « cohérent » et estiment qu’il « n’a pas fait ce qu’il fallait pour équiper les soignants et les hôpitaux » laissant le personnel soignant désarmé face au Covid-19. Et, creusant ainsi la défiance envers le gouvernement et les fissures du pansement de « l’union nationale » : selon ce même sondage, 76 % des sondés pensent que le gouvernement leur a menti sur la nécessité du port du masque. Même au sein des sympathisants de La République En Marche (LREM), 1 sympathisant sur 2 pense que le gouvernement ne dit pas la vérité à ce sujet.

Pour faire face à la crise, certains ont pris les devants en adoptant individuellement des mesures de protections sanitaires pour limiter les risques de propagation du virus. Selon ce même sondage, quatre personnes sur dix portent déjà un masque, la plupart du temps médical. Pour les utilisateurs de masques, seulement six sur dix disposent d’un masque à usage médical (masque FFP2). Les vidéos de « tutos » pour fabriquer des masques maison fleurissent sur internet, et pour cause les autres utilisateurs portent des masques fabriqués par eux-mêmes (25 %), des masques de chantier (10 %) ou de simples écharpes (6 %).

A l’instar du Conseil des Médecins, 72 % des français demandent que le port du masque soit rendu obligatoire dans toutes les communes. De cette façon, certaines villes comme Sceaux et Royan ont déjà imposé le port du masque obligatoire pour toute personne en extérieur. Paris, Cannes et Nice envisagent aussi de rendre cette protection obligatoire. Mais ces initiatives ont été condamnées jeudi par Christophe Castaner, ministre de l’intérieur : « Sur les arrêtés de communes qui prévoient le port du masque obligatoire, (…) j’ai demandé aux préfets de prendre langue avec ces maires pour qu’ils retirent leurs arrêtés pendant toute la période du confinement ». En bref, le gouvernement ne prend pas les mesures sanitaires nécessaires pour protéger la population mais, de plus, la population elle-même n’a pas le droit de se mettre en sécurité et de vouloir pallier cette irresponsabilité.

La situation catastrophique à laquelle les hôpitaux et la population en général doivent faire face aujourd’hui auraient pu être évitée, ou du moins grandement amoindrie, si depuis des années les gouvernements successifs n’avaient pas voulu rentabiliser à tout prix mais plutôt investir massivement dans la mise en place de moyens humains et financiers dans les secteurs de la santé. Encore aujourd’hui la crise pourrait être amoindrie avec la mise en place d’une véritable campagne de tests massive et de protections sanitaires. Les travailleuses et les travailleurs ont d’ores et déjà décidé de prendre les devants en s’armant sanitairement mais aussi contre les injustices patronales alliées à l’hypocrisie du gouvernement à l’aide de droits de retrait dans les secteurs non-essentiels qui continuent de fonctionner normalement. Alors que les patrons forcent certains travailleurs à reprendre le travail, quitte à les mettre en danger eux et leur famille, ces derniers s’organisent en conséquence pour trouver une issue à la crise sanitaire. L’ « union nationale » prônée par les politiques n’est qu’un pansement à la crise de défiance envers le gouvernement qui craint le retour symptômatique de la lutte des classes.




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