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Politique

Offensive des réactionnaires

Sorbonne. Eric Ciotti diffuse le nom d’un élu étudiant qui soutient Anasse Kazib pour l’intimider

Mardi 26 octobre le syndicat de droite UNI et le très droitier Eric Ciotti dévoilaient sur Twitter le nom d’un étudiant élu du Poing Levé à Paris 1 ayant envoyé un mail d’invitation au meeting d’Anasse sur les listes étudiantes. En plein contexte de menaces de mort à son encontre, c’est une façon d’intimider ceux qui soutiennent cette candidature ouvrière et racisée.

mercredi 27 octobre

Photo Bertrand GUAY/AFP

Une fois n’est pas coutume la fachosphère a décidé de s’agiter et de balancer sa haine sur une figure militante. Depuis la semaine dernière c’est Anasse Kazib, candidat aux élections présidentielles qui est la cible du harcèlement de l’extrême droite, menacé quotidiennement de « mort » ou de « rémigration ». Mercredi 26 octobre c’est une nouvelle offensive qui était lancé, cette fois d’abord par l’UNI syndicat de droite connu pour ses idées islamophobes et racistes, puis Eric Ciotti qui décidaient cette fois de continuer le harcèlement en publiant le nom d’un élu étudiant du Poing Levé sur les réseaux sociaux, une attaque qui fait suite au fait que le collectif a milité le meeting de lancement de campagne d’Anasse Kazib, sur les listes mails de l’université. La manœuvre est une nouvelle fois la même de la part d’un militant d’extrême droite qui déclarait ce mercredi 17 octobre sur le torchon Valeurs Actuelles partager des « constats communs » avec Eric Zemmour et refuser de le « taxer d’antisémitisme » : attaquer des militants qui « cracheraient sur la France » et criminaliser les figures militantes, comme Assa Traoré, avec en arrière fond la volonté d’attaquer les organisations qui font de la politique autour des questions de classe, d’antiracisme ou encore de genre.

Cette nouvelle attaque qui vise à jeter en pâture le nom d’un élu étudiant s’inscrit pleinement dans la vague réactionnaire et raciste sur les réseaux sociaux. Ce que tentent ici Ciotti et l’UNI c’est d’intimider directement les militants qui soutiennent la campagne d’Anasse. Ce qu’oublie pourtant de préciser Eric Ciotti c’est que le Poing Levé, l’organisation de jeunesse de Révolution Permanente, est la troisième force de la Sorbonne loin devant l’Uni ou les autres forces de la droite, et qu’en tant qu’élus il est possible d’envoyer des mails à l’ensemble des étudiants de l’université.

Pour ce qui est de la direction de Paris 1, loin de dénoncer les attaques et le harcèlement contre des militants, elle décidait plutôt la semaine dernière de menacer Le Poing Levé Paris 1 de mettre fin à la liste mail info-élu-étudiants » si jamais les militants continuaient à parler des présidentielles et à faire de la politique sur les boucles mails. Une menace sur laquelle les militants de droite et d’extrême droite n’ont pas tardé à s’engouffrer mettant en action les propos de la présidence. Si la présidence se justifiait au nom d’une prétendue neutralité politique de l’université, cette défense prend du plomb dans l’aile quand cette même présidence votait la réduction des budgets, traînait en justice les représentants étudiants, appliquait le dispositif Bienvenue en France, ou ne réagit pas aujourd’hui quand un syndicat de droite de l’université affiche le nom d’un militant pour l’intimider.

Cette attaque n’est pas anodine, plus tôt dans la semaine déjà, Le Poing Levé était également attaqué à Toulouse, la fachosphère demandant sa dissolution, après qu’il ait apporté son soutien aux habitants du quartier du Mirail face aux attaques de l‘extrême droite. Plus largement, depuis la semaine dernière ce sont de nombreuses attaques qui fleurissent sur les réseaux sociaux contre le collectif. Une démonstration de plus que la droite et l’extrême droite s’opposent violement à l’émergence d’une politique pour et par ceux d’en bas.

Ce nouveau coup de pression contre un militant à Paris 1, s’inscrit dans la lignée des attaques réactionnaires dans les universités et visent surtout à y réduire encore un peu plus la liberté militante. Ces attaques ont pour but de dissuader les organisations politiques, syndicales et militantes de défendre leurs idées sur le campus face à la droite et l’extrême droite. Cette attitude de plus en décomplexée de l’extrême droite qui prend écho dans la surmédiatisation de Zemmour, et dans des attaques contre des militants de notre camps, nécessite une riposte unitaire massive sur nos lieux d’études et nos lieux de travail. Au Mirail, les habitants ont dégagé les colleurs de Zemmour et les collectifs étudiants ont recollé la fac aux couleurs de nos luttes. À Lyon et Grenoble, des manifestations ont eu lieu pour répondre à la multiplication des agressions.

Nous ne nous laisserons pas intimider, solidarité avec toutes les personnes attaquées par l’extrême-droite !




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