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Jeunesse

La lutte paie !

Sorbonne Université s’engage à inscrire sans condition de nationalité des étudiants réfugiés de la guerre en Ukraine

La lutte paie ! Ce jeudi, la détermination du Poing Levé et des étudiants réfugiés a payé à Sorbonne Université. La fac a accepté d’inscrire sans condition de nationalité une quinzaine d'étudiants réfugiés de la guerre en Ukraine, souhaitant poursuivre leurs études dans une de ses filières. Cette première victoire doit permettre de continuer le combat dans toutes les universités pour faire cesser le tri raciste en cours.

samedi 23 avril

À la Sorbonne, les étudiants réfugiés et Le Poing Levé ont obtenu une première avancée pour l’inscription et la régularisation d’une partie des étudiants non ukrainiens fuyant la guerre. Lors d’une une Assemblée Générale ce mercredi qui s’est tenue au centre Jussieu dans la continuité des mobilisations contre le second tour entre Macron et Le Pen et leurs projets réactionnaires. A l’issue de l’AG, sur proposition du Poing Levé, a été votée une délégation pour rencontrer la Présidence afin d’exiger l’inscription sans conditions de nationalité des étudiants fuyant la guerre en Ukraine.

En effet, si le gouvernement s’évertue à jouer les humanistes depuis le début de l’invasion russe, il applique un tri raciste des réfugiés de guerre. Ceux qui n’ont pas la nationalité ukrainienne ne bénéficient pas de la même « protection temporaire » et ne peuvent pas s’inscrire à l’Université. Les étudiants non ukrainiens se retrouvent donc sans possibilité de poursuivre leur scolarité en France alors qu’ils ont été obligés de suspendre leurs formations à cause de la guerre. L’autorisation de séjour en France pour les réfugiés d’Ukraine non nationaux est de seulement un mois contre six pour les nationaux. Sans assurance d’inscription et sans titres de séjour ils risquent de recevoir des OQTF dans de brefs délais, leur protection temporaire prenant fin prochainement et ne pouvant être renouvelée sans inscription à l’université.

Contre cette situation, qui est l’expression des politiques réactionnaires en place sous le gouvernement Macron et défendues par l’extrême droite de Marine Le Pen, des étudiants mobilisés de Jussieu ont décidé de rejoindre l’initiative du collectif étudiant Le Poing Levé aux côtés d’une quizaine d’étudiants réfugiés. Ils sont allés revendiquer, devant les bureaux administratifs, un rendez-vous immédiat avec la Présidence de Sorbonne Université. La direction a d’abord refusé de rencontrer les étudiants réfugiés scientifiques présents, mais, grâce à la pression exercée par la mobilisation, elle a été obligée de céder et de leur proposer un rendez-vous le lendemain matin.

A l’issue de l’entretien avec la délégation en présence jeudi matin composée de Lili, militante du Poing Levé, Aladin, étudiant réfugié de guerre, et Antoine Boulanger enseignant et représentant du personnel CGT venu en soutien, la Présidence s’est engagée à inscrire dans le DU RESPE une quinzaine d’’étudiants qui souhaitent poursuivre leur cursus à Sorbonne Université et qui faisaient partis de la délégation. Cette inscription administrative dans les plus brefs délais leur permettra d’obtenir un titre de séjour et de voir leurs dossiers examinés pour intégrer la filière de leur choix à la rentrée. Hier, la direction de l’Université a respecté cet engagement et envoyé à tous les étudiants signalés en demande « une proposition d’inscription au DU RESPE » et « dès réception de leur dossier » complet et validé, elle s’engage à inscrire et remettre un certificat de scolarité aux réfugiés.

Cette première victoire, qui permettra d’assurer à une partie des étudiants de ne pas être obligés de quitter le territoire, après avoir fui les bombes et traversé toute l’Europe pour se réfugier en France, montre que la lutte et la détermination payent !

Continuons pour que tous les étudiants réfugiés de guerre et gagner dans les autres Universités

Aujourd’hui, à part à l’Université d’Aix-Marseille, où la Présidence a accepté d’inscrire tous les étudiants réfugiés de guerre, le tri raciste continue dans les facs. Comme explique Alaedine, étudiant réfugié : « On a vécu la guerre ensemble, on a fui ensemble, mais nous on subit le racisme et on va bientôt recevoir une OQTF  ». C’est pour lutter contre cette injustice que dans de nombreuses universités, Le Poing Levé se mobilise pour obtenir que les étudiants soient tous inscrits à la même enseigne. A l’Université de Paris, le conseil d’administration (CA) a voté une motion progressiste mais n’a donné encore aucune garantie concrète d’inscription et de prise en charge d’étudiants.

De leurs côtés, les Présidences de Paris 8 et Paris 1 continuent de refuser d’ouvrir leurs universités aux étudiants réfugiés et maintiennent le tri raciste. A Paris 1, la présidence s’est alignée à la Cocarde étudiante en CFVU en votant contre une motion pour l’accueil sans conditions des étudiants qui fuient la guerre.

A Paris 8, qui se veut être une « fac monde » ouverte et en lutte contre les discriminations, la situation est la même. En CFVU la Présidence a même expliqué que Le Poing Levé «  instrumentalisait les trois étudiants réfugiés qu’ils avaient trouvé dans le couloir ». Près de 150 étudiants attendent une inscription mais en CA la Présidence préfère s’offusquer de la présence d’Alaedine, étudiant en Ukraine, venu défendre la cause des réfugiés.

Le combat est donc loin d’être terminé pour l’accueil, l’inscription et la régularisation de tous les étudiants réfugiés de la guerre d’Ukraine. Cette première vague d’une quinzaine inscription montre le chemin à suivre, il faut maintenant se battre que toutes les demandes soient acceptés et ce dans toutes les universités. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la situation vécue par ces derniers rappelle la politique raciste appliquée à l’égard des étudiants étrangers, sans papiers ou exilés de guerre. Gagner cette bataille serait une démonstration importante dans un contexte d’offensive réactionnaire et raciste et alors que le prochain quinquennat annonce des attaques toujours plus importantes en direction des sans-papiers et des personnes issues de l’immigration.



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