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Politique

Education nationale

Souffrance au travail : l’administration est reconnue responsable du suicide de Christine Renon !

Elle s'appelait Christine Renon, directrice d'école maternelle à Pantin en Seine-Saint-Denis. Elle a mis fin à ses jours le 21 septembre. La lettre qu'elle avait laissée dénonçait clairement l'institution. Le SNU-Ipp-FSU (syndicat majoritaire du premier degré) vient d'annoncer dans un tweet que la DSDEN 93 a reconnu l'imputabilité au service. C'est bien les conditions de travail dégradées, les réformes successives et les pressions managériales qui provoquent une souffrance au travail qui peut conduire aux actes les plus extrêmes.

vendredi 3 janvier

Tout personnel exerçant dans le monde de l’éducation, de la maternelle au lycée, s’est reconnu dans la lettre qu’elle a laissée qui décrivait toutes les difficultés auxquelles elle était confrontée : manque de personnel et de moyens pour assurer une scolarité digne aux enfants, matériel défectueux, absence de réponses des inspecteurs de l’Education nationale,...

Ce geste extrême a fait sortir du silence le monde de l’éducation en souffrance par ces politiques managériales. De manière inédite, les personnels de l’Education du premier et du second degré se sont mis en grève et se sont rassemblés, devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Education nationale) mais ont également organisé des rassemblements partout en France.

La lettre qu’elle a laissée mettait clairement en cause cette institution qui reste muette face à la souffrance des directrices d’écoles mais aussi de l’ensemble de la communauté éducative.

« Ne pas perdre sa vie à la gagner »

Même si c’est une bonne nouvelle pour le monde éducatif, car cette décision est le fruit de la mobilisation importante, le nouveau gouvernement continue son offensive généralisée contre le monde de l’éducation ! Les réformes condensent tout un ensemble de mesures qui marquent un peu plus l’intégration de la logique marchande au sein du système éducatif et la mise au pas de la profession. En effet, les réformes du lycée, loi Blanquer ou la réforme de la fonction publiqueont pour objectifs de réduire les coûts mais aussi d’imposer ce nouveau modèle néolibéral à la Macron dont Blanquer, ministre de l’Education nationale, est le digne représentant.

Démantèlement de l’école publique et cadeaux au privé, réduction des fonctionnaires et recours massif à la contractualisation, rémunération au mérite, concurrence entre personnels, renforcement de l’autonomie des établissements - entendre pénurie des moyens, partenariat privé et accroissement du pouvoir du chef d’établissement porte sur les horaires de cours mais aussi sur l’organisation du travail pour les enseignants en fonction des « projets d’établissement »-.

La réforme des retraites porterait un coup important aux enseignants avec des pertes de pensions de plusieurs centaines d’euros. Pour compenser les pertes considérables des pensions des enseignants, la réponse de Macron est claire : faire travailler davantage des enseignants en leur promettant des fausses augmentations de salaire. Ainsi, le gouvernement ressort du chapeau l’annualisation du temps de travail et de service des enseignants des collèges et lycées. En réalité, une définition annualisée du temps de travail sous les tuyaux du gouvernement permet toutes les flexibilités. Annualiser donc pour faire des économies sur le dos des profs mais aussi des élèves. Augmenter les missions des enseignants, augmenter le temps de travail aura forcément des conséquences sur le travail devant les élèves.

Travailler plus pour gagner la même chose, ou travailler autant pour gagner moins, hors de question !

Une entreprise de démolition à laquelle il faut mettre un coût d’arrêt pour la grève

Ce qui se met en place progressivement, c’est une nouvelle École, de plus en plus capitaliste (de plus en plus au service des « partisans du ″laisser-faire″, c’est-à-dire l’exercice brutal et tyrannique de la force économique », où l’argent et le savoir la concernant (avec sa traduction en savoir-faire consumériste) s’emploient à accroître toujours plus l’écart entre établissements pour riches et établissements pour pauvres. Dans la société capitaliste, les inégalités en matière d’accès à la connaissance viennent s’ajouter aux inégalités socio-économiques.

Pour stopper une politique globale destructrice dans tous les secteurs du public et du privé, pour ne plus perdre sa vie à la gagner, le secteur de l’Education s’est déjà fortement mobilisé depuis le 5 décembre et se joindra à l’appel interprofessionnel du jeudi 9 janvier. Il faut construire le rapport de forces par la grève dès la rentrée.




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