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Justice et Vérité

Souheil tué par la police : 3 jours de mobilisations à Marseille pour réclamer justice et vérité !

Le 4 août dernier, Souheil, 19 ans, était tué par la police lors d'un contrôle routier. Ces 12, 13 et 14 novembre, trois jours de mobilisation et un rassemblement sur le Vieux Port ont eu lieu à Marseille pour exiger la vérité et la justice.

lundi 15 novembre

Vérité pour Souheil et pour toutes les victimes de violences policières !

Trois jours de mobilisation ont été organisé suite à un communiqué rédigé par Issam El khalfaoui, père de Souheil. Ils ont eu lieu du 12 au 14 Novembre pour réclamer la justice et la vérité pour Souheil, ainsi que toutes les autres victimes de violences policières. Durant ces trois jours, des ateliers de sensibilisation, des débats, la diffusion d’interviews et de témoignages ont été organisés afin de démontrer que ce qui est arrivé à Souheil « n’est pas un cas isolé ». Plusieurs centaines de personnes ont répondu présents à cet appel ainsi qu’à un rassemblement qui a eu lieu dimanche pour commémorer la mémoire du jeune papa de 19 ans, tué d’une balle au thorax par la police.

[Pour rappel, le 4 août dernier à Marseille, alors que Souheil El Khalfaoui déposait un ami au distributeur dans le quartier de la Belle-de-Mai dans le 3e arrondissement, une voiture de police arrive et procède à un contrôle. Plusieurs habitants du quartier assistent à la scène et témoignent dans le journal Mars Info Autonome : « Ils étaient d’emblée très agressifs. Ils avaient la haine », « Celui qui parlait à Souheil répétait : […] Tu ne vas pas t’en tirer comme ça ». La voiture de Souheil a un défaut d’assurance, par peur le jeune homme âgé de 19 ans va donc enclencher la marche arrière pour tenter de se soustraire au contrôle. Au passage il touche un policier à la jambe, puis va s’encastrer sur le trottoir après que le tir d’un des policiers lui ait perforé le thorax-> https://www.revolutionpermanente.fr/Souheil-tue-par-la-police-mobilisation-pour-la-verite-les-12-13-et-14-novembre-a-Marseille]

« Monsieur Darmanin, la police tue et un policier a tue mon fils. Parce que vous les politiques avez fait en sorte que ce soit possible »

Ému, mais déterminé à rétablir la vérité sur les circonstances de la mort de son fils, Issam El Khalfaoui a interpelé directement le Président et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui ne cessent de nier les violences policières. Pendant la prise de parole sous l’ombrière du Vieux-Port, le père a dénoncé une institution policière mettant en place « un certain nombre de mécanisme pour construire une version des faits, contredire la version des témoins oculaires, manipuler l’opinion publique et retarder l’ouverture d’une information judiciaire. »

En effet, dès le lendemain de la mort du jeune homme, les médias donnent la parole aux syndicats policiers, notamment Alliance qui défend ses collègues en invoquant la thèse de la légitime défense. Gérald Darmanin, tweete même en soutien aux policiers. Les articles de presse font état d’un jeune « chauffard », « connu des services de police », en réalité pour des délais mineurs : consommation de cannabis. C’est ainsi qu’on justifie la mort d’un jeune homme de 19 ans père d’un enfant de 14 mois.

« Les institutions ne nous entendent pas, j’ai besoin de vous tous pour obtenir la vérité »

Ce dimanche Issam El Khalfaoui a tenu à lancer l’opération « Vérité pour Souheil, vérité pour tous ! ». Depuis plusieurs mois à l’aide du « collectif habitant de la Belle-de-mai », quartier populaire du centre-ville de Marseille, il mené sa propre enquête en récoltant des témoignages qui « réfutent tous la situation de légitime défense avancée par la police ».

« Je voudrais comprendre comment l’IGPN peut justifier le tir mortel, alors que les témoins oculaires attestent du fait que le tir a été réalisé tandis que le policier touché, resté debout, s’était dégagé et était hors de tout danger. […] Je voudrais comprendre comment un équipage de trois policiers a pu laisser mon fils agonisant plusieurs longues minutes sans prodiguer les premiers secours. » déclare Issam auprès de Libération.

Une double plainte avait été déposée par l’avocat de la famille le 23 août dernier pour « homicide volontaire par une personne dépositaire de l’autorité publique » et « omission de porter secours ». A ce jour aucune réponse n’est donnée à la famille qui attend un retour de la justice avant le 23 novembre.

Oui, la police tue. Dans un moment où la surenchère sécuritaire s’accélère à l’approche des présidentielles, l’ensemble des organisations politiques et syndicales de notre camp social doivent se joindre au combat de la famille de Souheil pour réclamer justice et vérité pour Souheil ainsi que pour toutes celles et ceux qui sont tombés sous les violences de la police !




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