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Politique

Un acte XII contre la répression

Sous la pluie, les grenades et les lacrymo, près de 10000 Gilets Jaunes a Toulouse

Ce samedi à Toulouse, près de 10 000 personnes ont manifesté pour un acte XII placé sous le signe de « l'anti-répression ». Dès 16h30, après la pluie, ce sont les lacrymo et les grenades qui ont déferlé sur les manifestants.

samedi 2 février

Pour cette manifestation de l’Acte XII, la Préfecture avait expliqué qu’elle ne fournirait pas de comptage des Gilets Jaunes, contrairement aux fois précédentes. Un choix en cohérence avec la volonté du gouvernement de minimiser artificiellement les chiffres de manifestants.

Au final, les Gilets jaunes étaient encore nombreux, près de 10.000, dans le centre ville toulousain, et ce malgré la pluie et le froid. 

Une manifestation sous le signe de l’anti-répression

Comme dans de nombreuses villes, la manifestation toulousaine était placée sous le signe de l’anti-répression et de l’hommage aux blessés. La lourde répression qui frappe le mouvement, la blessure de Jérôme Rodrigues, éborgné par un tir de LBD 40 la semaine dernière, a donné cette dimension particulière aux manifestations de l’Acte XII. A Toulouse, l’Observatoire des pratiques policières a tenu une conférence pour dénoncer les violences policières la semaine précédent l’acte XII, qui a rencontré beaucoup d’écho auprès des Gilets Jaunes.

Parmi les manifestants, de nombreuses personnes portaient un bandeau à l’oeil, de faux pansements ou du maquillage pour dénoncer les mutilations provoquées par la police. La détestation de la police se fait grandissante, les forces de répression se faisant systématiquement huer tout au long du parcours. Il est traditionnel désormais d’entendre "Tout le monde déteste la police" et "Police partout, justice nulle part" scandé tout au long des cortèges. De même, les slogans contre Castaner se font de plus en plus fréquents : il est clair pour les gilets jaunes que les violences policières ne sont pas le fait de quelques "mauvais" policiers mais une pratique systématique. Comme dans plusieurs autres villes, des blessés par grenades et tirs de LBD étaient présents dans la manifestation, à l’instar de Roméo, en fauteuil roulant suite à une fracture du tibia provoqué par un tir de flash-ball au cours de l’acte III à Toulouse.

Toulouse contre l’extrême-droite et l’institutionnalisation

Les tentatives de récupération et d’institutionnalisation ne prennent pas à Toulouse. Si un certain Raphaël G. avait fait le choix de déposer un parcours en préfecture, afin d’éviter les rues commerçantes, son cortège a été un échec total, de son propre aveu. Selon quelques personnes sur place, les manifestants étaient à peine une cinquantaine à emprunter le parcours déclaré.

Par ailleurs, de nombreux Gilets Jaunes ont scandé "Toulouse, Toulouse, antifa !" tout au long de la manifestation. Vincent Lapierre, journaliste fascisant et ancien soralien s’est fait sortir de la manifestation manu militari au niveau d’Esquirol, au son de "Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos".

Comme à l’accoutumée, et alors que la manifestation s’était déroulée dans le plus grand calme jusqu’à 16h, les CRS ont commencé à réprimer sans sommation à Capitole. Les tirs continus de grenades lacrymogènes ont scindé la manifestation en plusieurs cortèges, qui sont parvenus à se retrouver sur les boulevards une heure plus tard. Mais c’était sans compter avec les blindés de la gendarmerie et une pluie incessante de grenades et de tirs de flash-ball, qui ont blessé au moins une personne grièvement aux alentours de 17h.

Un acte 12 contre la répression, point d’appui pour préparer la grève générale

La combativité et la détermination des manifestants qui se sont exprimées une nouvelle fois au cours de cet acte XII, malgré une météo peu clémente et une répression féroce, sont un véritable point d’appui pour construire la suite de la mobilisation. La perspective de la grève générale appelée le 5 rencontre un écho croissant chez les Gilets Jaunes. Le slogan "Tous ensemble, tous ensemble, grève générale !" était particulièrement repris. Un tract co-signé par les unions syndicales locales et la commission "grève et convergence" des Gilets Jaunes a été massivement distribué au cours de la manifestation, très bien accueilli par les Gilets Jaunes.

La principale perspective aujourd’hui est la construction d’une grève massive et généralisée le 5, qu’il s’agira de reconduire, afin que la mobilisation franchisse un cap et permette à des secteurs de travailleurs qui ne sont pas encore mobilisés de rejoindre la bataille.




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