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« Sous-traitance – maltraitance ! » Rassemblement réussi en soutien aux grévistes du nettoyage de Tolbiac

Ce lundi midi devant le centre Tolbiac de l’université Paris 1, enseignants, étudiants, Biatss, travailleurs d’Arc-en-ciel à Jussieu et Bichat, raffineurs et cheminots ont affirmé leur soutien aux grévistes du nettoyage. Avec un même mot d’ordre : à bas la sous-traitance, internalisation de tous les travailleurs de l’université !

lundi 14 novembre

[Crédits photo : Le Poing Levé Paris 1]

Appelé par les grévistes du nettoyage de Tolbiac et plusieurs organisations étudiantes de l’université, le rassemblement débute par des slogans qui donnent le ton. « Arc-en-ciel esclavagiste, fac complice » ou encore « Sous-traitance – maltraitance » scande Siva au mégaphone, repris par les grévistes et la foule.

 
Une semaine après le début de la grève reconductible, le rassemblement qui réunit 250 personnes devant les portes du centre Tolbiac de l’université Paris 1 donne du moral et de la force pour continuer le combat. Parmi les soutiens, outre les nombreux étudiants et enseignants présents, on compte les raffineurs et ex-grévistes de TotalEnergies, les ex-grévistes et travailleurs d’Arc-en-ciel de Jussieu, des cheminots, une travailleuse de l’hôpital Bichat employée par la même sous-traitance,…
 
Les prises de parole débutent par plusieurs interventions des grévistes. « Ça fait des mois que je demande à la direction d’Arc-en-ciel de laisser les salariés tranquilles. On a toujours été serviables, on a toujours rendu service aux étudiants et même à la direction. Et c’est comme ça qu’on nous traite, en harcelant notre collègue Siva ! » tonne Benali Zahir, représentant de section syndicale CNT SO et gréviste.

 
« Quand mon responsable est arrivé, il m’a dit que si je faisais ce qu’il voulait je n’aurais pas de problème, mais que dans le cas contraire je serais licenciée. J’ai refusé de virer les vieux, de réorganiser les équipes. Et c’est pour ça que j’ai été harcelée, puis licenciée » poursuit Sivamohana Jothivadivel, l’ancienne cheffe de site.

 
S’ensuivent plusieurs prises de parole de la part de salariés d’Arc-en-ciel qui travaillent sur d’autres sites. « Jusqu’à aujourd’hui, les CDD sur le site de l’hôpital Bichat ne sont toujours pas payés. Ce que vous vivez actuellement, j’en ai été victime aussi avec Arc-en-ciel. Dès qu’on n’accepte pas de licencier des gens, et de faire du chiffre sur le dos des salariés, on est pris pour cible et harcelés » témoigne une travailleuse de l’hôpital Bichat venue en soutien à ses collègues.

Dans le même sens, un ex-gréviste de Jussieu abonde : « Mon patron m’a dit ‘Je suis là à Jussieu pour faire de l’argent’. Ils s’en foutent des conditions de travail, que des gens ne soient pas payés. Je suis venu pour soutenir les grévistes de Tolbiac parce qu’à Jussieu ils ont voulu nous casser en mille morceaux. Ils sont allés même jusqu’à nous licencier après la grève ».

Une enseignante de Paris 1 est présente pour raconter la situation similaire qui a lieu à la Maison des Sciences économiques, un autre site de l’université : « En septembre, on a appris le licenciement d’une travailleuse qui était salariée sur le centre depuis 2017. Tous les enseignants qui avaient cours tôt le matin la connaissaient bien. C’est le même cas que Siva, elle avait refusé d’accepter les réorganisations. Grâce à une mobilisation des enseignants elle a été réintégrée mais mutée à Jussieu et ses conditions de travail restent très difficiles » explique-t-elle.
 
Mais les pratiques de la sous-traitance ne sont pas propres à l’entreprise Arc-en-ciel. En témoignent les raffineurs de Total Grandpuits et de Normandie venus en soutien : « Nous portons un même combat contre la sous-traitance. Ce qu’on défend à la CGT Total, c’est que tous les travailleurs doivent avoir le même contrat de travail. Il y a une urgence à l’internalisation de tous les travailleurs » souligne Alexis Antonioli, récent gréviste pour des augmentations de salaire. « C’est un combat de dignité, alors on est avec vous » poursuit-il.
 
De son côté, Laura est cheminote à la SNCF et syndiquée Sud Rail. En 2017, elle était aux côtés des grévistes du nettoyage des gares du secteur nord Est : « au bout de 45 jours, ces travailleurs racisés et précaires ont fait plier deux géants, la sous-traitance ONET mais aussi le donneur d’ordre SNCF. On est présent pour vous dire qu’on sera à vos côtés pour construire le bras de fer nécessaire pour internaliser l’ensemble des travailleurs de l’université ! »

 
Les étudiants sont aussi de la partie. Au mégaphone, Solidaires, la FSE, SOS Racisme et Le Poing Levé soulignent l’importance de se solidariser de cette lutte des agents du nettoyage : « lutter pour un autre modèle d’université c’est pas seulement se battre pour de meilleures conditions d’étude et de vie mais aussi se battre aux côtés des travailleurs du nettoyage qui relèvent la tête pour la dignité et le respect ! ».

 
Après les prises de parole, les étudiants mènent les travailleurs et les soutiens devant la porte d’entrée de l’université rue Baudricourt. Au son de « laissez-les entrer » et « On est là même si Paris 1 ne le veut pas » les grévistes parviennent à rentrer dans l’établissement pour tenir leur piquet. Une journée réussie, pour Benali : « Pour nous, notre Coupe du Monde elle ne se joue pas au Qatar mais ici, à Tolbiac. On va gagner ce trophée qui s’appelle nos droits et notre dignité ! » 

Pour soutenir les grévistes d’Arc en ciel :
- Participez à la caisse de grève
- Signez et faites tourner la pétition



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