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Monde

Pour la défense de l’autogestion : vive la solidarité internationaliste !

Soutenir Zanon, l’usine sans patron

Les ouvriers de Zanon, l'usine sous contrôle ouvrier depuis plus de quinze ans en Argentine, traversent une passe difficile en raison du retard technologique des machines de leur usine. On peut désormais participer au financement de l’achat de nouvelles machines depuis toute la planète, pour continuer à défendre ce bastion d’autogestion ouvrière, un point d’appui important dans la bataille des idées qui prouvent que les salariés n’ont pas besoin de patron.

vendredi 9 décembre 2016

La campagne de défense de Zanon et de l’autogestion s’accompagne en effet du lancement d’un site web racontant brièvement la situation de l’usine et son histoire, accompagnée de photos et de vidéos. Rappelons que l’usine de carrelage Zanon est entièrement sous contrôle ouvrier depuis 2001, le patron a été de fait exproprié. En defensa de Zanon, veut faire de Zanon un exemple argentin et même mondial. C’est pour cette raison que les donations en ligne (hacer donaciones online) peuvent se faire depuis toute la planète. C’est à la fois un symbole d’internationalisme concret qui montre que la solidarité des salariés et des ouvriers à travers les frontières n’est pas un doux rêve, mais aussi une façon de populariser l’expérience des travailleurs de Zanon, qui comme les LIP en son temps en France, rappelle qu’on peut fonctionner produire sans patron.

Cette campagne de solidarité financière rappelle que « les ouvriers et ouvrières de Zanon (aujourd’hui coopérative FaSinPat - l’Usine Sans Patrons-), de la Province de Neuquén, Argentine, ont 15 ans d’expérience de gestion ouvrière et continuent de lutter pour la défense de l’emploi ».

C’est en 2001, dans le cadre de la crise qui traversait l’Argentine, que les céramistes ont lutté pour défendre leur travail et pour empêcher leur patron de virer tout son personnel, laissant un hangar vide dans le Parc Industriel de Neuquén. Le Syndicat des Céramistes qui avait été repris difficilement des mains des bureaucrates qui le dirigeaient a été un outil fondamental de cette lutte, où sans aucun doute la démocratie des assemblées générales a amené plus d’unité et d’auto-organisation.
La suite est une histoire connue dans les milieux militants de toute la planète : la reprise en main du destin de l’usine par les familles ouvrières, en donnant une vie à la gestion et à la production ouvrière de Zanon.

La lutte s’est ensuite organisée au jour le jour, année après année, jusqu’à obtenir l’expropriation de l’usine par le Parlement provinciale de Neuquén en 2009. Mais à ce moment là, la majorité des députés n’a pas voulu voter des subventions pour renouveler les machines qui étaient déjà obsolètes.

Aujourd’hui un projet de crédit existe, dans le cadre du programme MOUILLER L’ANCRE (le Fonds pour le Développement Économique Argentin), à hauteur de presque 50 millions de dollars. Ce crédit est fondamental pour que l’usine continue d’exister et les membres de la coopérative font tout pour l’obtenir.

Mais dans l’immédiat, avec des machines qui ont plus de 30 ans, il devient impossible de soutenir la production et la situation est devenue critique. Cela montre d’ailleurs qu’il est illusoire de penser que la remise en cause des droits des patrons dans une unique entreprise pourrait permettre de créer un îlot isolée, capable de résister seul à la concurrence capitaliste. C’est pourquoi les ouvriers de Zanon, depuis le début de leur lutte, se sont tournés vers d’autres secteurs de notre classe, pour construire une lutte d’ensemble.

Aujourd’hui, les salariés ne peuvent d’ores et déjà plus toucher leurs salaires, mettant en danger presque 300 familles. Mais tout comme ils et elles ont empêché la fermeture de l’usine il y a 15 ans, ils ne permettront pas non plus que l’entreprise ferme aujourd’hui. En attendant le renouvellement des machines il faut soutenir les familles. C’est pour cela qu’a été lancé le Fonds Solidaire pour recevoir les apports qui permettent de toucher au moins une partie des salaires et de continuer à produire. Encore une fois Zanon se tourne vers l’aide solidaire de la communauté et des organisations syndicales, sociales, étudiantes, de droits de l’homme, pour « qu’il n’y ait plus jamais de familles à la rue ».

Révolution Permanente se joint à cette campagne de défense de Zanon, symbole de l’autogestion et preuve vivante qu’une autre organisation sociale est possible. Nous appelons nos lecteurs et lectrices à collaborer en faisant un don à l’adresse suivante : www.endefensadezanon.com (sous l’onglet « Donaciones », on peut verser le montant que l’on veut par Paypal, le bouton est tout en bas de la page).




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