^

Solidarité de classe

Soutien aux ex-grévistes de Biocoop : soyons nombreux le 2 septembre au rassemblement

Après avoir attaqué leur direction en justice en mars dernier pour contester leurs licenciements pour faits de grève, les trois grévistes réprimés de Biocoop – Le Retour à la Terre appellent à un nouveau rassemblement aux cotés de la Fédération Sud Commerces et Services ce jeudi 2 septembre devant le conseil des Prud’hommes de Paris à midi. Soyons nombreux pour les soutenir et arracher la nullité des licenciements !

mardi 31 août

Crédits photos : O Phil des contrastes

Près d’un an après le début de cette grève historique pour l’enseigne Biocoop – Le retour à la Terre, qui a duré quatre mois et qui s’est achevée par l’occupation du magasin dans le 11ème arrondissement de Paris par ses salarié.e.s, cette année s’ouvre sur deux audiences de jugement, la première le 2 septembre et la seconde le 7 septembre, qui pourraient bien être décisives pour obtenir la nullité des licenciements de plusieurs grévistes. En effet, ce sont six grévistes qui ont été licencié.e.s après avoir mené une grève dans leur entreprise contre la précarisation, la dégradation de leurs conditions de travail, notamment pendant le premier confinement mais également contre le travail dominical que leur direction cherchait à imposer en guise de remerciement après le premier confinement. Après avoir signé un protocole de fin de conflit courant novembre qui acte « de la non-ouverture le dimanche ainsi que d’une victoire partielle concernant les jours de repos » comme l’a expliqué Konstantin, l’une des figures du mouvement, auprès de Révolution Permanente deux grévistes et lui-même sont mis à pied et licenciés le 18 novembre.

Si la direction a su trouver des prétextes pour les licencier comme des journées d’absence injustifiées, il est évident que ces licenciements qui surviennent après quatre mois de grève y sont directement liés. Catherine Chalom, directrice des deux magasins Le retour à la Terre mène depuis des années des opérations de greenwashing, en prétendant défendre une économie solidaire et un mode de production alternatif et équitable. La grève des salarié.e.s des magasins dont elle est la gérante est venue remettre les points sur les i : à Biocoop les salarié.e.s sont précaires, méprisés et maintenant réprimés. La direction du Retour à la Terre a récemment annoncé son départ définitif du réseau Biocoop en mettant en avant des motifs « éthiques » et un souhait de redevenir « indépendant » mais cette démission fait en réalité partie du processus de mise en vente des magasins par Catherine Chalom, souhaitant vendre ses magasins au plus offrant, sans l’obstacle de la direction nationale de Biocoop. Depuis une dizaine d’années, le leader du bio en France connaît un remaniement interne qui mène à la dégradation des conditions de travail des travailleurs toujours sous pression, à rebours de l’étiquette mensongère d’une entreprise qui se cache derrière le terme de « coopérative ». En effet, Konstantin nous rappelle que loin du modèle mis en avant par l’enseigne, 70% des magasins Biocoop sont aujourd’hui des SARL franchisées avec une hiérarchie bien en place. « Cette grève elle a permis de montrer que Biocoop n’est pas une coopérative utopique mais bien une entreprise capitaliste qui travaille à détruire nos acquis sociaux ! » affirmait déjà ce dernier sur le parvis du Conseil des prud’hommes à l’occasion de du premier rendez-vous de conciliation pour Laetitia.

Contre la répression syndicale menée par leur direction, les travailleurs licenciés ont donc attaqué leur entreprise en justice pour licenciements abusifs et espèrent bien l’emporter. Jeudi 2 septembre à 12H, aura lieu un rassemblement devant les locaux du conseil des prud’hommes de Paris, au 27 rue Louis Blanc (10ème arrondissement) à l’occasion du délibéré de Laetitia et de l’audience de jugement de Konstantin, dans l’optique de la jonction des audiences avec Typhaine, une autre salariée licenciée pour les mêmes motifs. Soyons nombreux.es aux côtés des travailleur.euses de Biocoop – Le retour à la Terre qui se sont battu.es pour des meilleures conditions de travail et contre le greenwashing et qui en ont payé le prix fort.




Mots-clés

Biocoop   /    Droit de grève   /    Grève   /    Licenciement(s)