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Monde

Le capitalisme détruit la planète

Sri Lanka. Un porte-conteneur prend feu et provoque la plus grande pollution qu’ait connu le pays

Depuis douze jours, un porte-conteneurs en feu déverse des tonnes de granulés de plastique sur le littoral du Sri Lanka créant ainsi une catastrophe écologique sans précédent dans l’histoire du pays.

lundi 31 mai

Crédits photo : AFP PHOTO/Sri Lanka Air Force

Le 20 Mai, un feu s’est déclaré à bord du MV X-Press Pearl en provenance de Hazira en Inde, suite à une fuite d’acide nitrique qui prend son origine le 11 mai, c’est-à-dire bien avant qu’il ne rentre dans les eaux sri-lankaises. A la suite de ce départ d’incendie une grande partie de la cargaison à bord a été détruite, cependant huit des conteneurs sont tombés dans l’Océan indien et des tonnes de granulés de polyéthylène s’en sont échappés, allant massivement polluer les plages sri-lankaises.

Aujourd’hui, le feu a été maîtrisé et la coque est intacte selon le propriétaire du navire. Si le pire a été évité, ce dernier transportant 278 tonnes de fioul et 50 tonnes de gazole marin, les dégâts restent considérables puisqu’on parle de la plus grave pollution qu’ait jamais connu le Sri Lanka. Les 25 membres de l’équipage ont été interrogés au cours d’une enquête criminelle et les autorités ont décidé de poursuivre les propriétaires du navire et son équipage pour réclamer des dommages et intérêts.

Cependant, des dommages et intérêts seraient une bien faible compensation face à la catastrophe écologique sans précédent qui a lieu au Sri Lanka. Les plages proches de la catastrophe croulent sous des millions de granulés plastiques provenant des conteneurs que transportait le navire. L’armée et la marine sri-lankaise ont été déployées depuis plusieurs jours pour nettoyer les plages mais dès qu’elles finissent de nettoyer en journée, dans la nuit l’océan en rejette une nouvelle vague. Ainsi on peut observer par endroits des couches de déchets allant jusqu’à 60 cm de haut. Mais la flore marine est aussi menacée par les plastiques se décomposant dans l’eau notamment car les organismes qui l’ingèrent ne peuvent les digérer et ils vont ensuite bloquer le système digestif de ces derniers provoquant ainsi leur mort.

L’impact écologique n’est pas le seul problème qui préoccupe la population sri-lankaise car à la suite de cette catastrophe environnementale la pêche et les activités touristiques ont été interdites, privant ainsi bon nombre de travailleurs sri lankais de leur revenu. Surtout qu’au Sri Lanka, le tourisme est l’une des principales industries et qu’il se concentre autour des plages, c’est-à-dire là où les déchets sont venus se déverser. Pour ce qui est de la pêche, c’est l’un des piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire du Sri Lanka. 60% des protéines animales consommées par la population sont issues de la pêche. C’est aussi un secteur qui emploie 10% de la population active.

De plus lorsque la pêche reprendra, bon nombre de poissons pêchés auront ingéré des particules de plastique et ces derniers se retrouveront ainsi dans les assiettes des Sri Lankais.

Mais cette catastrophe aurait pu être évitée car comme dit précédemment, l’équipage a remarqué la fuite d’acide le 11 mai. Or, le 15 mai le navire accostait au port de Hazira en Inde, donc la fuite était déjà connue et avait, en plus, été notifiée au port de Hazira où le président exécutif de la compagnie du bateau a demandé de décharger la marchandise. Cependant, dans un souci de maximiser ses profits, le port a refusé, provoquant ainsi la catastrophe que l’on connaît aujourd’hui. Il faut aussi souligner que la fuite est due à un contenant de mauvaise qualité. En définitive, cette catastrophe n’est que le reflet de la crise écologique que subit les pays les plus pauvres comme le Sri Lanka et du caractère nocif du système capitaliste, qui favorise la course au profit au détriment de nos vies et de la planète.




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