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Politique

Un scandale de plus au sommet de l’État

Stade de France : un rapport du Sénat souligne les mensonges de Darmanin et de la préfecture

Ce mercredi 13 juillet, le Sénat a rendu un rapport à propos de la gestion catastrophique de la finale de la Ligue des Champions au stade de France : mensonges de Darmanin sur la « fraude massive de billets », dysfonctionnement dans l’organisation de la sécurité… retour sur le premier scandale de Macron II.

vendredi 15 juillet

Crédits photo : THOMAS COEX / AFP

Ce mercredi 13 juillet, le Sénat a rendu un rapport à propos de la gestion catastrophique de la finale de la Ligue des Champions au stade de France, le soir du 28 mai. Celui-ci pointe les mensonges qu’a proféré Gérald Darmanin en invectivant les supporters anglais d’être des fauteurs de trouble qui « s’étaient massivement munis de faux billets ». Il révèle également de nombreux dysfonctionnements dans l’organisation et la sécurité de l’évènement, rendant selon leurs propres termes « le fiasco » « inévitable ».

Le soir du 30 mai, après de nombreuses vidéos montrant des violences policières commises à l’encontre des supporters, Darmanin expliquait sur le plateau de TF1 qu’entre 30 000 et 40 000 personnes s’étaient rendus aux abords du stade, munis de faux billets ou sans billets. Ces chiffres avancés viennent d’être démenti par le rapport sénatorial, qui atteste que 2 471 faux billets seulement ont été scannés.

Mais le rapport montre également que l’organisation de la sécurité des supporters était largement insuffisante. Il met ainsi en exergue un manque de coordination en temps réel entre les acteurs du transport, les fédérations de football et les autorités. Le plan de mobilité a été confronté à des difficultés pour conduire les supporters dans l’enceinte du Stade de France, et l’absence de voie de délestage ou de plan alternatif en cas de problème de transports ont provoqué des goulots d’étranglements et des mouvements de foule, mettant en péril la sécurité des personnes.

Il revient ensuite sur l’accueil des supporters. L’ampleur de l’événement laisse entendre que de nombreux supporters souhaiteraient suivre le match dans un cadre festif. Or, est pointé un manque de « moyens sociaux » comme la création d’une « fan zone », l’autorisation de consommer de l’alcool jusqu’au début du match, des animations musicales et sportives aux abords du stade,… qui aurait permis de ramener les supporters aux abords du stade dans un cadre sécurisé.

L’accumulation de tous ces dysfonctionnements aurait donc, selon le rapport, « rendu inévitable » l’usage de gaz lacrymogènes en direction des supporters par la police, parfois envers des enfants. Les sénateurs osent même tirer un constat qui apparaît comme cynique au regard de la répression que subit systématiquement la population de l’Hexagone, en qualifiant la répression policière comme « particulièrement agressive aux supporters venant de pays où elle n’est pas pratiquée ».

Et pour couronner le tout, le rapport fait état d’une « absence manifeste de volonté » de la part du gouvernement pour faire la lumière sur la gestion catastrophique de l’évènement. Alors que les caméras de surveillance situées aux abords du stade auraient permis d’appuyer les témoignages des supporters, leurs enregistrements ont été effacés au bout de 7 jours, ce alors qu’un dispositif légal existe pour conserver ces images 30 jours après les faits. Pour autant, aucune institution n’a pris les devants pour récupérer ces images, facilitant par là la défense de Darmanin et de Lallement lors de leur audition par le Sénat.

Premier scandale d’une série déjà longue pour Macron II, l’affaire du Stade de France marquait l’ouverture du quinquennat sous le signe du chaos et de la répression. Si au lendemain de la finale, la presse internationale dénonçait la responsabilité des autorités françaises dans l’organisation catastrophique de l’évènement, et relatait de nombreux témoignages quant aux violences policières qu’ont subit les supporters, les préconisations du rapport sénatorial pour les prochains évènements s’inscrivent pourtant dans la continuité de la répression. Il conseille entres autres « une réévaluation de l’usage du gaz lacrymogène », « le positionnement d’unités équestres » ainsi que des « canons à eaux ». En somme, rien de nouveau en macronie.



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