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Politique

IMPUNITÉ POLICIÈRE

Stains : la BAC blesse grièvement par balles deux personnes lors d’un contrôle routier

Tôt ce lundi 16 août, plusieurs policiers ont ouvert le feu sur un véhicule lors d’un contrôle routier. Les deux passagers ont été hospitalisés en urgence, mais leur pronostic vital n'est plus engagé.

lundi 16 août

Les faits sont survenus à Stains en Seine-Saint-Denis, ce lundi 16 août, vers 1h30 du matin. Un groupe de policiers habillés en civil procède à un contrôle routier à hauteur du boulevard Maxime Gorki. Dans le véhicule contrôlé, un homme et une femme obtempérent et immobilisent la voiture. Toutefois, sans que l’on sache encore pourquoi, le conducteur recule brusquement et blesse légèrement l’un des agents à la main et au genou.

Les policiers font alors usage de leur arme une première fois, et tirent plusieurs balles à bout portant en direction du conducteur. Ce dernier réaccélère en marche avant, entraînant un second agent dans sa course, le blessant ainsi légèrement à la cheville. Le véhicule s’arrête quelques mètres plus loin. C’est alors que les deux policiers en question tirent une nouvelle fois à bout portant sur la voiture immobile. Le conducteur et sa passagère sont grièvement blessés et sont conduits d’urgence à l’hôpital, leur pronostic vital étant engagé.

La vidéo filmée avec un smartphone par un témoin fait état d’une violence décomplexée de la police : c’est plus de 6 coups de feu qui vont être tirés en direction, non pas du véhicule, mais bien du conducteur. Les coups ont été tirés à bout portant, blessant grièvement la passagère du véhicule qui ne représentait pourtant aucune menace pour les agents de police.

Suite à la publication de la vidéo, et dû à la polémique et la colère qu’elle a engendrée sur les réseaux, la porte-parole de la préfecture de police, Laëtitia Vallar, s’est exprimée sur Twitter, en tentant de “justifier” cette violence policière. Mais, pour essayer de se peindre tout de même comme objective, elle précise : “qu’une enquête est en cours, la police judiciaire du 93 est saisie des faits, de même que l’inspection générale de la police nationale” (IGPN). À ce stade, les deux passagers ne sont plus entre la vie et la mort et semblent tirés d’affaire.

Cette nouvelle affaire démontre encore une fois le caractère structurel de la violence chez les forces de police. Les méthodes coercitives, tant dans le contrôle social que dans le maintien de l’ordre, sont utilisées en toute décomplexion.

L’affaire de Stains fait écho à un autre cas de violence policière survenu ce 4 août à Marseille, où un jeune homme de 19 ans, Souheil, tout juste père d’un enfant, à été tué par balle lors d’un contrôle de police. Tout comme pour Souheil, la ligne de la préfecture de police repose sur le recours à la légitime défense des policiers, pour justifier leurs crimes. Une légitime défense qui est sérieusement remise en question par la vidéo des faits, et qui ne justifie en rien la quasi mise à mort des deux occupants de la voiture.

On ne peut faire confiance à l’IGPN pour faire la lumière sur cette affaire en raison de son manque de transparence et de sa complaisance à l’égard du corps policier. Nous ne devons pas laisser à la police le monopole de son propre contrôle, c’est pourquoi, tout comme pour Souheil et les autres victimes de violences policières, il est pressant de mettre en place des commissions d’enquêtes indépendantes des institutions étatiques pour faire la lumière sur ces crimes, et rendre aux familles des victimes la justice et la paix.




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